Le tango des imbéciles
La danse des ânes continue... Il règne tant de désinformation parmi les médias de gauche aux Etats-Unis (les seuls qui vous parviennent, je vous rassure, il y a une autre presse mais elle ne passe pas l'Atlantique) qu'on ne sait plus par où commencer.
Je rappellerai ici l'affaire Lynch, exemple-type de cette manipulation des médias de gauche qui ont rejeté sur le Pentagone des erreurs qu'ils ont eux-mêmes commises : http://drzz.over-blog.org/article-4164273.html
NBC annonce aujourd'hui qu'elle qualifiera ce qui se passe en Irak de "guerre civile", contre l'avis de la Maison Blanche, du Pentagone et du gouvernement irakien. Avez-vous remarqué comment on crée un mythe médiatique ?
a) les journalistes parlent du concept de guerre civile durant l'été 2005. La réalité des faits dément.
b) les journalistes reprennent le concept en octobre 2005. Nouvel échec.
c) Au printemps 2006, avec l'attentat contre la mosquée de Samarra, les journalistes tiennent leur prétexte. Les milices de Moqtada Al-Sadr vont vouloir se venger + Sadr est chiite = les chiites veulent massacrer du Sunnite. Le concept de "guerre civile" revient à la charge. Peu importe que Sadr ne représente pas les chiites, mais leur frange extrémiste. Seul compte le concept. On nous a fait le même coup avec le bilan irakien manipulé ou avec la comparaison facile Vietnam-Irak, proposée sans succès par les médias depuis mars 2003...
d) Incapables de démontrer le concept, un média finit par l'imposer à son public. Dans la réalité, il faut démontrer la pertinence de l'utilisation d'un mot. Dans le monde parallèle du journalisme de gauche, le mot se suffit à lui-même. "Révolutionnaire" = meurtrier sanguinaire, "activiste" = terroriste, "homme de conviction" = star débitant des banalités, "raisonnement" = préjugés, "social" = assistanat généralisé, "paix" = maintien du dictateur, "victime" = homme de gauche innocent ou coupable, "coupable" = homme de droite innocent ou coupable... Dans le monde enchanté des médias de gauche, propagande et tribune libre vivent un mariage heureux.
Ce lundi, 25 chefs de tribus sunnites ont annoncé leur résolution à combattre Al-Quaeda dans la
province d'Al-Anbar, et ont demandé le soutien des Américains : "Nous connaissons la région de Ramadi. Donnez-nous des armes et des véhicules, et nous ferons de la province d'Al-Anbar un endroit aussi sûr que la Suisse".
Plutôt que de prendre acte de l'avis des journalistes qui veulent la défaite de la démocratie en Irak, lisons plutôt la voix d'un Bagdadi, Mohammed, qui vit cette réalité tous les jours. Bagdad est de loin l'endroit d'Irak le plus touché par les attentats, avec la province d'Al-Anbar et le centre de l'Irak (le "triangle sunnite"). Dans cette région, qui regroupe 37% des habitants de l'Irak, ont lieu 81% des attentats :
Nous tenons une petite réunion tous les jours, et parfois deux fois par jours ; des amis et voisins, qui n'osent pas sortir de leur quartier, trouvent un certain réconfort et de la joie à parler à d'autres amis et voisins en buvant du thé... c'est mieux que de rester seul à la maison après tout !
Chiites et Sunnites, nous nous asseyons ensemble (...). Les criminels sont toujours moins nombreux que les gens ordinaires mais ces criminels veulent et peuvent nous faire du mal. Ils n'hésitent pas à faire tout ce qui est possible pour arriver à leurs fins. En réalité, ils nous terrifient de la manière la plus vicieuse qui soit et cette terreur vise autant les Chiites que les Sunnites. Personne, dans la majorité des gens, ne veut que cette folie se poursuive, mais combien de temps faudra-t-il pour que nous sous sentions en sécurité ? C'est la question que tout le monde se pose.
Personne ne nie la complexité de la situation irakienne. Mais entre l'analyse de ceux qui veulent voir l'Irak réussir, et le tango des imbéciles qui souhaitent la défaite de la liberté, il y a deux camps. Le camp des collaborateurs, amis du totalitarisme et celui des amis de la liberté. Les premiers parlent de "la liberté irakienne et palestinienne", mais ils veulent en réalité la défaite du droit, le libre passage pour le fanatisme, la paix injuste réservée aux peuples silencieux, et finalement la défaite du monde libre. Les seconds, et j'en fais partie, reconnaissent les difficultés en Irak mais ne veulent pas que le navire amiral du droit, de la liberté et de la justice baisse le pavillon en pleine guerre mondiale contre l'islam radical. Ce qui est en train de naître en Irak, dans la région la plus arriérée et la plus violente de monde - et ceci depuis le VIIIe siècle après Jésus-Christ - c'est une base avancée contre le nouveau nazisme, c'est Dantzig et Prague défendues par l'Occident et non lâchées en pâture aux totalitaires. Il est bien commode de s'interroger sur les raisons qui ont poussé nos aïeux à soutenir indirectement, puis directement, l'expansion du Troisième Reich. Mais lorsque le même dilemme se présente à nous, lorsque la même propagande des défaitistes et des néo-nazis envahit le paysage médiatique, il faut se souvenir des Henri Frenay, des Lucie Aubrac, qui ont gardé la tête près du coeur et ont gardé leur honneur.
Ne laissons pas la désinformation fâner notre âme.
