Les néoconservateurs calomniés

Publié le par drzz

 

Richard Perle

 

 

 

 

 

 

 

 Vous n'en entendrez jamais parler !

A l'approche des élections de la mi-mandat, la désinformation bat son plein. Je ne parle même pas ici des médias européens, qui n'ont plus aucune crédibilité, mais également d'une grande partie des médias américains. Une récente étude des médias a démontré que les grandes chaînes télévisées américaines, NBC, CBS, CNN, ont multiplié les reportages en défaveur des Républicains cet automne.

Hier, Vanity Fair a affirmé sur son site que les néoconservateurs étaient en train de se séparer de l'administration Bush, et qu'ils la critiquaient très fortement. L'AFP, toujours à la pointe de la désinformation, reprend docilement :

[AFP, 4 novembre 2006] - A trois jours d'élections qui s'annoncent défavorables aux Républicains, plusieurs responsables néoconservateurs ont accusé la Maison Blanche d'incompétence dans le dossier de la guerre en Irak. Parmi eux figure notamment Richard Perle.

"Je pense aujourd'hui que j'aurais probablement dit: 'Non, envisageons d'autres stratégies pour régler cette question qui nous préoccupe au plus au point, celle de voir Saddam Hussein livrer des armes de destruction massive à des terroristes", explique Richard Perle dans un entretien à Vanity fair prévu fin décembre. Le magazine publie des extraits sur son site internet. Alors qu'il s'était réjoui de l'invasion de l'Irak, il affirme toujours croire que Saddam Hussein avait la capacité de produire des armes de destruction massive et que la menace du transfert de ses armes aux terroristes était réelle. Mais selon lui, la situation aurait pu être gérée sans intervention militaire. "Finalement, c'est le président qui est responsable" a conclu M. Perle, qui siège depuis 2004 au sein d'une commission de conseil du Pentagone. Kenneth Adelman, membre de la même commission, affirme quant à lui que le président George Bush et son secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld forment avec d'autres "l'une des équipes les plus incompétentes de l'après-guerre"."Non seulement ils ont commis d'énormes erreurs individuellement, mais, ensemble, ils ont été terribles, improductifs", renchérit-il. D'autres partisans de la manière forte dans la promotion des valeurs démocratiques, qui ont exercé une influence importante sur le gouvernement, reprochent à Bush de ne pas avoir su agir de façon décisive. Certains vont jusqu'à douter de ses facultés à comprendre ses propres discours. "Si le président dit les mots, il ne saisit tout simplement pas les idées", affirme ainsi David Frum, qui a lui-même rédigé certains de ses discours.

Cette affirmation m'a paru suspecte. On faisait tenir à Richard Perle des propos qui ne collent pas du tout avec le personnage. En effet, un ami du Colorado, démocrate et responsable d'un programme d'éducation sous l'administration Clinton, m'a écrit récemment qu'il avait rencontré Perle cet été, et que ce dernier n'avait pas changé d'avis sur l'Irak - ce qui inquiétait mon ami démocrate et me réjouissait. Voilà Vanity Fair qui clame le contraire.

De même, ce magazine-poubelle prête cette phrase à David Frum, l'ex speechwriter de Bush : "Si le président dit les mots, il ne saisit tout simplement pas les idées".

Surpris par cette phrase qui ne correspond pas du tout à l'auteur du célèbre Right Man, j'ai écrit à David Frum pour lui demander s'il avait bel et bien tenu les propos qu'on lui prête. Il m'a répondu :

Sent : Saturday, November 4, 2006 7:55 AM
To : David Frum <dfrum@aei.org
Dear M. Frum,
 
I discovered a claim in my local newspaper that you and some neoconservatives said critics about the Bush administration. According to the website of Vanity Fair, you said that Bush "says the words but doesn't understand the ideas." I have read also Richard Perle said the Iraq war was a mistake.
 
I hardly believe these comments come from neoconservatives, and I write to you to know wether it is true or not. It is just a question from one of your daily reader who finds "Vanity Fair"'s claim very suspicious.
 
My best regards,
 
 
David Frum <dfrum@aei.org
Sent : Saturday, November 4, 2006 2:43 PM
 
Subject : Re: Question
 

La réalité est, bien etendu, toute autre. Après avoir reçu mon e-mail, Frum a réagi dans un article sur son blog, dont il m'a transmis l'adresse ci-dessus, et qui titre : "les inventions de Vanity Fair" :

"Mes convictions restent les mêmes que celles que j'avais en 2003 : la guerre était juste, la victoire est essentielle, et une défaite serait catastrophique. A ma connaissance, c'est aussi la vision des gens qui sont cités dans l'article [de Vanity Fair] : Adelman, Cohen, Ledeen, Perle, Pletka, Rubin et tous les autres."

Conclusion :  les médias se sont encore fait les vecteurs de la plus basse désinformation. Pas étonnant que les titres voient leurs lecteurs fuir (NY Times : -3.5>%, LA Times, -8 %). A vouloir haïr, on arrête d'informer.

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http://drzz.over-blog.org/article-4164273.html

http://drzz.over-blog.org/article-4074568.html

 

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toto 11/11/2006 20:56

Cette histoire de chiffres illustre le paradoxe relevé par les économistes, paradoxe selon lequel si les français, pris individuellement, ne sont pas suffisamment endettés, ils le sont trop, collectivement. Selon les économistes avec un endettement trois fois inférieur à un Américain, le Français moyen n’utilise pas suffisamment le crédit, pour stimuler pleinement la croissance. Et effectivement le rapport au crédit est radicalement différent de part et d'autre de l'Atlantique.

Leroidavid 10/11/2006 03:39

Bon, peut-être "toto" n'a-t-il aucune connaissance économique (mais dans ce cas, il ne devrait pas parler d'économie avant d'avoir lu un traité d'économie).
Donc, expliquons-lui une dernière fois.
L'endettement d'un pays ou d'une personne privée ou d'une institution est calculé de la façon suivante:
Endettement =   Dette/Revenus  (l'endettement est égal à la dette divisée par les revenus)
C'est de cette façon qu'est calculée, par exemple, l'endettement des ménages français, l'endettement des Etats, etc.
La dette de la France par rapport au PNB (pour 2005) est de 66,2%. Ce qui signifie qu'en moyenne chaque Français est endetté à 66,2%.
La dette des Etats-Unis par rapport au PNB (pour 2005) est de 64,7%. Ce qui signifie qu'en moyenne chaque Américain est endetté à 64,7%.
En moyenne, donc, chaque Français est un peu plus endetté que chaque Américain.
Bizarrement, personne ne parle jamais de "dette catastrophique" concernant, par exemple, le Japon, dont la dette par rapport au PNB (pour 2005) est pourtant de... 158% !!!

Leroidavid 10/11/2006 03:30

Il est inutile de discuter avec "toto", il est enfoncé dans son anti-américanisme dogmatique, et donc, quoi qu'on fasse, même en lui fournissant de façon répétée les chiffres réels et vérifiés par les institutions internationales, il les rejettera.
"toto" autait pu travailler pour la "Pravda".

toto 09/11/2006 20:39

Je régissais en fait à ce comment de leroidavid : 'pas sur de vagues exagérations piochées dans un média anti-américain quelconque.'La heritage foundation n'est pas  "un média anti-américain quelconque" ..  D'autre part, le PNB n'est pas parlant, on y met ce qu'on veut.  Les montants que j'ai indiqué plus haut à propos de l'endettement: 140 000 dollars / habitant US et 30 000 euros /habitant français est plus parlant.Au delà du pinaillage de chiffres, les montants sont records et fragilisent de plus en plus l'économie américaine et par extension le système monétaire internationale.

drzz 09/11/2006 17:31

leroidavid cite les chiffres officiels du Trésor, tu lui réponds en détaillant la bio du think tank d'où tu tien tes infos.
Qui est le plus crédible ?