La stratégie de la pastèque

Publié le par drzz

Par Guy Millière, 4 janvier 2007, Les 4 Vérités Hebdo, www.les4verites.com

 La stratégie de la pastèque est bien connue. Elle a été expliquée des dizaines de fois au travers du monde. J’ai envisagé, voici quelques années, de lui consacrer un livre qui serait venu prolonger « Écologie et liberté », le recueil que j’ai élaboré autrefois avec Max Falque, conseiller international en environnement.

C’eût été une façon d’enfoncer le clou : Max et moi avions tout dit à l’époque, et il était inutile d’y revenir en détails. C’eût été une façon de dire aussi qu’un clou n’est jamais enfoncé dans un contexte où rumeurs et superstitions prennent le pas sur la connaissance. J’ai renoncé provisoirement à écrire le livre, mais il est évident que la stratégie de la pastèque se poursuit. On se dit vert, mais le rouge totalitaire est juste en dessous de la surface. Souvenez-vous.

Voici trente ans, on nous disait d’un air grave et catastrophé que la population mondiale allait exploser et que l’explosion entraînerait des famines jusque dans les banlieues de Paris, de Londres et de New York, que toutes les matières premières allaient disparaître au cours des années 1980, ce qui nous conduirait à une pénurie abominable, et que les dérèglements climatiques allaient créer un « refroidissement global » dont les conséquences seraient que, la Côte d’Azur ressemblerait à la Laponie. Ceux qui disaient tout cela nous demandaient de consommer et de produire très peu, et de nous soumettre à un grand ordre planiste.

Depuis, la population n’a pas explosé, les famines prévues n’ont pas eu lieu, les matières premières n’ont pas disparu, le refroidissement global n’est pas survenu, mais cela n’a eu aucune importance : les mémoires sont très courtes, la connaissance est plus que jamais vaine. Il est donc possible de repartir pour un tour.

Quand bien même on parle encore ici ou là de famines, de surpopulation, de pénuries, quand bien même, le temps d’un film fantastique, on montre New York sous la glace, on évite de trop se répéter. On renouvelle le stock d’inquiétudes. On parle donc de menaces pour la « biodiversité », de « trou dans la couche d’ozone », et, d’une façon de plus en plus lancinante, du fameux réchauffement global dû aux activités polluantes de l’abominable espèce à laquelle nous appartenons. Dans la foulée (comme c’est étrange), on nous demande de moins consommer, de moins produire, et on nous propose un grand ordre planiste où se mêlent taxes supplémentaires, propagande dès l’école primaire et à la télévision, restrictions de la liberté de parole, de décision, d’entreprise, abolition totale ou partielle du droit de propriété. On réunit à grands frais des « sommets » tels celui de Nairobi, voici peu. On rémunère des scientifiques domestiqués pour qu’ils tiennent le discours qu’on attend d’eux, quitte à leur demander au passage d’occulter des données gênantes que le grand public ne saurait voir.

Il est fort vraisemblable qu’il ne restera rien de tout cela dans quelques décennies, comme il ne reste rien aujourd’hui des inquiétudes précédentes. Il est à craindre que s’il reste quelque chose de tout cela, ce soit des décisions ineptes qui auront conduit l’Europe davantage encore sur la voie du suicide. Le fait que Monsieur Hulot et sa cohorte poussent les Français vers l’auto-flagellation peut détériorer l’économie française. Que le rapport Stern puisse conduire la Grande Bretagne dans la même direction que la France me paraît moins probable. Que les inepties débitées par Al Gore dans un film puissent pousser les États-Unis vers la destruction me paraît moins probable encore.

Ce qui me paraît totalement exclu est que la Chine ou l’Inde cassent leur avancée vers le développement.

Ce qui me semble absolument criminel est que les bobos européens semblent dire à tous ceux qui crèvent sans électricité et sans technologies qu’ils n’ont qu’à crever, au nom de la « nature ».

Ceux qui veulent savoir comment le climat fluctue et en quoi cela n‘a fondamentalement rien à voir avec les activités humaines peuvent lire les analyses détaillées de Dennis Avery et Fred Singer (« Unstoppable Global Warming : Every 1500 Years », Rowman & Littlefield, 2006).

Les autres peuvent écouter Nicolas Hulot, acheter un vélo, et faire leurs provisions de riz complet.

D'autres articles qui parlent du même sujet : réchauffement climatique, l'imposture

Au milieu d'une période de croissance nulle, avec 20% de la population française dans la pauvreté, les médias se focalisent sur... l'écologie ! Comme politique de l'autruche, on a rarement fait plus fort...

 

Publié dans drzz

Commenter cet article

Siouc 07/01/2007 21:30

Pas forcement faux tout ça..Mais toi Drzzzz, tu t'inquiète à outrance quand ça t'arrange.Par contre quand les autres font la même chose que toi, sur d'autre sujet, tu prend leurs réactions de haut..C'est trés drole...

drzz 07/01/2007 17:59

Merci stella, mais ce n'est pas mon article, c'est celui de Guy Millière, expert en bioéthique et biotechnologie pour l'Union Européenne.

un chouka 07/01/2007 09:15

pour ce qui est du "réchauffement des hivers "je dirais que depuis quelques anées,je fais des économies de chauffage et par consequent de polution !bon,avec le cot du pétrole je paye bein autant si non plus de taxes :-(
c'est bein de taxe qu'il s'agit il me semble !
meme mon coiffeur qui pourtant éléguant et bourge par ses manières ,ne vaut pas un sou lorsqu'il est question de tèchnique le pauvre, il n'y connait rien !mais mais des que je lui es parlé de faire des économies d'eau, il a sursauté pour me dire :et la polution O.O?
comme si je ne savais pas me débrouiller (pour faire des économies )il n'a pas aime me économies :-),il semble préférer les taxes des fois (°_O) hummmmm.....?faux cul ce coiffeur !!!

stella:0040: 07/01/2007 07:09

J'ai lu avec délectation, comme d'habitude, ton article d'une grande clairvoyance. Je n'ai pas eu le temps de cliquer sur le lien, mais sûr que j'y reviendrai dans le courant de la journée.Je suis assez contente de lire ton appréciation du film "documentaire" d'Al Gore, et de la tendance générale à la focalisation sur les peurs liées à la modification de notre environnement qui font oublier la réalité économique de notre pays et de l'Europe (Angleterre non comprise).Avant on avait coutume de dire "du pain et des jeux" aujourd'hui on pourra dire "de l'écologie à tout va".

D.J 06/01/2007 18:02

En matière d'écologie, la règle veut, que tout problème ait une origine humaine.
Par exemple, concernant le réchauffement climatique le doute est interdit ainsi que chez les tenants du réchauffement climatique, toute théorie ne mettant pas l'homme en cause est rejetée automatiquement.
Nous avons le cas également, le cas de la disparition de certaines espèces comme les mammouts où leurs disparitions seraient dues à la chasse intensive de l'homme et non plus pour des raisons climatiques.
Jusqu'au jour où, nous découvrirons d'un ossement humain datant de 70 millions d'années pour nous expliquer que la disparition des dinosaures sera de la faute de l'homme (évidemment que là je fais de l'esprit).
D.J