Le point tournant de Ratisbonne

Publié le par drzz

Par Helios, le 8 décembre 2006
 
En Turquie Benoît XVI n'a fait que répéter son exposé de Ratisbonne! Certes il n'a pas cité Manuel Paléologue en plein coeur de sa capitale Constantinople, en sa qualité de chef d'État du Vatican il se devait d'user de diplomatie, mais le message est resté le même. Le lecteur peut se référer à l'excellent article intitulé "Benoît XVI n'a pas changé de cap!"
 
J'aimerai cependant revenir sur cet évènement qu'on pourrait appeler "le point tournant de Ratisbonne"
 
Pourrait-on dire que le Pape a réussi à démolir la thèse si chère aux relativistes pour qui toutes les religions et toutes les civilisations se valent? Essayons d'y voir plus clair:
 
Le Pape a soulevé un point important dans son exposé, celui du lien inextricable entre religion et civilisation. Le judaïsme et le christianisme se sont développés durant des périodes de grande fécondité intellectuelle, la "mondialisation" initiée par les conquêtes d'Alexandre le grand et concrétisée dans l'empire romain, a permis la diffusion et le brassage des idées d'un bout à l'autre de l'empire.
 
La bible dite des septante n'a-t-elle pas été traduite en grec à Alexandrie capitale intellectuelle du monde hellénistique? les traducteurs juifs n'ont-ils pas eu le souci de la rendre intelligible à des esprits habitués à la dialectique et à la logique?
 
Et l'universalisme chrétien n'a-t-il pas fait écho à l'universalisme politique romain? Et sans l'apport de la philosophie païenne, la théologie chrétienne aurait-elle pu s'édifier?
 
C'est à cela que le Pape a fait référence quand il a reconnu et fait l'apologie de la double appartenance du christianisme: le message évangélique et l'attachement à la raison. Autrement dit la Sagesse de Dieu reflétée dans la sagesse de ses créatures!
 
Allah dans l'islam est à ce point élevé au-dessus de l'humanité que ses prescriptions, n'ont pas à être examinées à l'aune de la sagesse humaine, elles demandent à être appliquées sans discussion, elles exigent "al islam", la soumission, ce qui veut dire en pratique l'interdiction de penser.
 
Alors que dans le judaïsme et le christianisme la foi ne peut contredire la science et la sagesse humaines, dans l'islam il n'y a de science et de sagesse qu'en Allah.
 
Alors que dans le judaïsme et le christianisme le patrimoine de la civilisation s'enrichit par la foi, dans l'islam ce patrimoine ne possède aucune valeur intrinsèque, seule compte la soumission à Allah et à ses décrets.
 
L'inévitable tension entre raison humaine et raison divine a trouvé un point d'équilibre (souvent changeant) permettant aux croyants juifs ou chrétiens d'intégrer en eux foi et raison. Dans l'islam cette tension est jugée comme un manquement à la foi.
 
Dans le christianisme les croyants jouissent d'une grande liberté et sont autonomes sur le plan intellectuel, dans l'islam, les croyants doivent toujours se référer aux textes ou à ceux qui les interprètent pour la conduite de leur vie.
 
Le christianisme et le judaïsme peuvent être considérés comme des systèmes religieux OUVERTS,  le progrès et la modernité ne peuvent en aucune façon les menacer.
 
L'islam ne peut faire autrement que se sentir menacé par le progrès et la modernité, c'est pourquoi toute ouverture même minime constitue pour lui une grave menace.
 
Christianisme et judaïsme se sentent à l'aise dans le mouvement continu de la civilisation. L'islam ne peut faire autrement que se perdre s'il se laisse prendre par ce mouvement. 
 
C'est pourquoi l'islam est incompatible avec la civilisation, et c'est pourquoi il est tout aussi incompatible avec le christianisme et le judaïsme.
Benoît XVI reprend à son actif les paroles de George W. Bush :  "La lutte contre la violence de l'islam radical n'est pas un conflit entre civilisations mais un combat pour la Civilisation".
 
Mahomet est le premier islamiste, il est responsable d'une erreur aux dimensions historiques, celle à laquelle Manuel Paléologue a fait référence: n'avoir rien apporté de tangible à la civilisation et avoir répandu sa religion par la violence. Cependant Manuel Paléologue aurait pu aller encore plus loin, il aurait pu reprocher à Mahomet d'avoir sacralisé la violence, de l'avoir élevé au rang d'un acte de foi, en ce faisant il a condamné l'islam à l'obligation de conquérir pour survivre.
 
L'islam c'est l'idéologie politique et religieuse de Mahomet, née du désert et sans rapport direct avec la civilisation, elle ne peut se placer dans son sillage sans se renier et finir par disparaître. L'islam doit conquérir la civilisation, la dénaturer voire la détruire si nécessaire afin de lever la menace morale qu'elle fait peser contre lui.
 
Car le combat est essentiellement moral, et cela le Pape l'a bien compris et l'a bien exposé, les musulmans fanatiques surpris de voir la civilisation chrétienne lancer à l'islam un tel défi ont réagi à leur manière habituelle. Comme d'habitude ils se sont montrés incapables de relever le défi moral, enragés que l'on ait dit la simple vérité au sujet de Mahomet, ils se sont découverts moralement nus et sont aussitôt passés à l'acte.
 
Et leurs "arguments" violents, comme si cela était nécessaire, n'ont fait que donner raison au Pape.  
 
Et pour finir n'est-il pas étonnant et réconfortant de constater que le chef de l'Église catholique en vienne aux mêmes conclusions que le Président des États Unis qui, à l'occasion du cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre a déclaré: "La lutte contre la violence de l'islam radical n'est pas un conflit entre civilisations mais un combat pour la Civilisation".

Le pape de la liberté visitant Auschwitz, en mai 2006

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clovis simard 13/09/2011 13:04



(fermaton.over-blog.com) PHYSIQUE QUANTIQUE: L' ISLAM est indissociable du CHRISTIANISME.No-23: INTRICATION 



clovis simard 13/09/2011 13:03



(fermaton.over-blog.com) PHYSIQUE QUANTIQUE: L' ISLAM est indissociable du CHRISTIANISME.No-23: INTRICATION 



anonyme 06/05/2007 15:46

Heureusement, Benoît XVI n'est pas un néoconservateur! Qui lit attandivement le discours de Ratisbonne comprendra aisément qu'il est à charge contre la réforme. Rejetter Dieu dans le domaine de la transcendance est une cause du fanatisme religieux. Hors, le protestantisme ne se fonde-t-il pas sur un désir d'éloigner Dieu des Hommes, de ne plus voir dans l'Eglise le corps du Christ mais une simple somme d'individus? Ce n'est pas un hasard les chrétiens les plus intégristes sont aujourd'hui des évangélistes américains!

Néoconservateurs protestants, vous avez tout intérêt à lire avec plus d'attention le message du saint père benoît XVI car il s'adresse aussi à vous tout comme il s'adresse aussi aux libéraux! Si les deux premiers paragraphes traitent de l'Islam, les trois suivants reprennent la même critique mais cette fois-ci contre des théologiens réformés qui ont tenté de déshéléniser le christianisme!

Réfléchissez un peu, catholique et protestants, on n'est quand même pas tout à fait pareils! Vous pensez que benoît XVI est votre meilleur ami.. il ne se veut sans doutes l'ennemi de personne mais vous pourriez avoir des surprises!...

muriel 30/04/2007 20:42

Plusieurs precisions:

je SAIS que l'Eglise a fait des avancées d'un point de vue idéologique c'est pour ça que j'exclus ces 50 dernières années.
J'admets aussi  que les juifs  étaient souvent considérés comme des citoyens de seconde zone, il n'empêche que les persécutions ont toujours été plus fortes et plus accentuées en Occident qu'en Orient.
Par contre pour le dernier point vous avez totalement tort car je suis déjà allé 2 fois en Israël, une fois 3 semaine en août durant la guerre et l'autre durant les 2 semaines de vacances de décembre, d'autant plus que les 3/4 de ma famille habite là-bas.
C'est vrai que je n'ai pas rencontré de chrétien mais je continuerai toujours de penser que toutes les religions et toutes les civilisations peuvent vivre ensemble, c'est peut-être naïf mais tant pis!
Un dernier reproche, je trouve( et c'est mon avis) que vous avez peut-être vite tendance à généraliser les musulmans en donnant l'impression qu'ils sont  tous sans exeption dans l'incapacité de remettre en question leur religion ou eux-mêmes.

drzz 30/04/2007 11:09

Vous avez peut-être oublié le concile Vatican II et la réforme de l'Eglise.
Avez-vous entendu parler de réforme à la Mecque ?
Quant à l'histoire des Arabes et des Juifs, sachez que les Juifs en terre d'islam, comme les chrétiens et les autres minorités, vivaient sous la condition de dhimmi, citoyen de deuxième classe sans droit et continuellement humilié.
Alors pour l'amitié entre les peuples en terres musulmanes, il faudra repasser. On voit d'ailleurs que vous n'avez jamais rencontré un chrétien du monde musulman ou êtes allé au Moyen orient.
Les Chrétiens là-bas souffrent tous les jours. Les chrétiens coptes d'Egypte se sont fait persécuté encore une fois en décembre 2005.