Les ADM trouvées en Irak

Publié le par drzz

Vous n'en entendrez jamais parler !

Est-ce que les anti-guerre ont lu le rapport Duelfer ?

Par Richard O. Spertzel, ancien membre de la section biologique-chimique durant les Inspections de l'ONU en Irak en 1993-1999, membre de l'Iraq Survey Group, le groupe de recherche des Armes de Destruction Massive fondé par le Congrès à l'automne 2003.Il participé à la rédaction du rapport Duelfer, synthèse du travail de l'Iraq Survey Group transmis à la Maison Blanche et au Congrès. Wall Street Journal, 14 octobre 2004. Article original disponible ici. Traduction drzz  

 


 

Après la publication du rapport de l'Iraq Survey Group, les titres des médias ont répété "aucune Arme de Destruction Massive n'a été trouvée". La plupart des articles ont continué à dire que l'Irak ne constituait pas une menace pour les Etats-Unis, et donc que ces derniers ont eu tort de l'éliminer. Leur conclusion se fondait sur la déduction que l'Irak n'était une menace que si elle avait des munitions avec  des agents de destruction massive. Leur affirmation "l'Irak nétait pas une menace" faisait également écho à ceux qui ne voulaient pas faire de travail de recherches et ceux qui s'opposaient au Président Bush. Mais est-ce que ces individus ont lu attentivement le rapport avant de déverser leur réthorique anti-Bush ?

* * *

Si aucune industrie de production à large échelle d'agents chimiques et biologiques n'a été mise à jour en Irak, de nombreux laboratoires clandestins, sous la houlette des renseignements irakiens, ont démontré que ces derniers étaient engagés dans la préparation de quantité d'agents chimiques, du gaz moutarde sulfurique, de gaz moutarde nitrogénique, de la ricine, de l'aflatoxine, ainsi que d'autres agents chimiques. Ces laboratoires évaluaient si ces divers poisons changeaient de texture, d'odeur et d'apparence une fois ajoutés à des aliments. Ces découvertes de l'ISG ont été ignorées par les anti-guerre et la presse. Est-ce que cela constitue une menace ? Peut-être cela dépend-il de votre vision d'une "menace".

Le chapitre du rapport [Duelfer] consacré aux armes chimiques indique que la direction du M16 [services secrets irakiens] "avait un plan pour produire et insérer du gaz moutarde nitrogénique dans des grenades à mains, ainsi qu'un projet de mettre du gaz moutarde et du gaz sarin dans des bouteilles de parfum et des médicaments, envoyés ensuite en Europe et aux Etats-Unis." Devons-nous croire que ce projet existait parce qu'ils nous aimaient trop ? Ou projetaient-ils de nous faire du mal ? A mon sens, la menace principale que représentait l'Irak était son soutien aux terroristes en général et sa propre activité terroriste.   

L'ISG a également appris que "de la ricine était développée en liquide pour être tranformée en aérosols" dans diverses munitions. De telles expériences n'étaient pas entreprises à des seules fins d'assassinats. Si l'Irak était capable de produire de la ricine en aérosol, cela représentait un pas en avant décisif, sans nul doute pour des motifs terroristes. Même en petite quantité, la ricine peut être considérée comme une Arme de Destruction Massive.

Des agents chimiques, transmis en petite quantité (à des terroristes) peuvent blesser et tuer un grand nombre de gens.  A plusieurs reprises dans leur histoire, les agences de renseignement irakiennes ont conduit des tests d'armes biologiques et chimiques avec des cobayes humains, des expériences qui ont été plus loin que les seules études d'assassinats ciblés. Si certaines de ces expériences ont été conduites dans les années 70 et 80, de multiples sources ainsi que des témoignages montrent que les tests ont continué de 1990 à 2000, peut-être jusqu'à fin 2002. Devions-nous attendre que de telles armes soient utilisées contre des populations civiles pour réagir ? Est-ce comme cela que certaines personnes veulent défendre les Etats-Unis de la menace terroriste ?

On dit que l'Irak de Saddam Hussein ne soutenait pas le terrorisme. Vraiment ? Des documents montrent que l'Irak entraînait des étrangers à Salman Pak aux techniques de terroristes, y compris l'assassinat et l'attentat-suicide. En plus d'Irakiens, les recrues incluaient des Yéménites, des Saoudiens, des Libanais, des Egyptiens et des Soudanais.

Si l'ONU était en mesure de prévenir le menace, pourquoi l'Irak n'a-t-elle pas déclaré ces laboratoires clandestins à l'Unscom et l'Unmovic, et pourquoi les inspecteurs n'ont-ils pas réussi à les localiser ? Ne  serait-ce pas parce que les informateurs de l'Unmovic et l'Unscom avertissaient au préalable les renseignements irakiens de l'arrivée des inspecteurs ? De nombreux documents mis à jour par l'ISG le prouvent. A la fin 2002 et au début 2003, des équipements et du matériel ont été déménagés de sites vingt-quatre heures avant les inspections onusiennes. Les informateurs travaillaient depuis 1993. De fait, il n'y a jamais eu d'inspection surprise.

VIDEOS: les révélations sur les ADM  de Richard Perle, de Bill Tierney, expert en Irak pour l'ONU au sujet des ADM, de James Woosley, ex-directeur de la CIA et du journaliste d'investigation Richard Miniter, spécialisé dans le renseignement.

De plus, les sanctions ne marchaient plus. L'Unscom était au courant de cet échec, mais apparemment pas de son ampleur depuis 1998. Les demandes d'alourdissement et d'allègement des sanctions, par des gouvernements du monde entier, sont devenues légendaires et ont été rappelées la semaine passée. Les inspections ne pouvaient pas être effectives dans le soutien total du Conseil de Sécurité. Un tel soutien n'existait plus depuis 1996. Nous savons aujourd'hui pourquoi. L'Irak exploitait sa manne prétrolière pour acheter l'influence de membres du Conseil de Sécurité et d'autres pays autour du globe. Ces points sont à présent très bien documentés.

Est-ce que l'Irak représentait une menace ? En étudiant les intentions du régime et l'activité de ses agences de renseignement, ainsi que la futitlié des inspections onusiennes au sujet des laboratoires clandestins, il est difficile de conclure autrement. Malheureusement, le terrorisme sera la menace du future. Aussi le rapport de Charles Duelfer, non-classifié, offre-t-il des informations intéressantes pour quiconque veut bien les connaître. Pour ceux qui ont l'esprit en vase-clos, sa lecture sera une perte de temps.

D'autres articles sur le même sujet : les ADM irakiennes

Charles Duelfer, directeur de la publication du rapport de synthèse de l'Iraq Survey Group.

A lire, ce que l'ISG a déclaré devant le Congrès

De multiples activités et armes prohibées par l'ONU ont été découvertes en Irak, dont

 

 

 

  Un programme de création de missiles ballistiques de plus de 1'000 km

Des drones interdits 

Des laboratoires clandestins et de programmes d'armes biologiques testés sur des cobayes humains

De la production interdite de fuel développé uniquement pour une particularité de missiles Scud

Des programme de recherche chimiques avec des gaz de combat 

Des programmes d'agents biologiques (fièvre hémorragique de Crimée-Congo)

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toto 12/01/2007 22:18

>"Toto vous dites n'importe quoi."Eh bien dans ce cas "bienvenue au club"!

D.J 12/01/2007 19:22

Cher Drzz,
la dernière intervention avait plus vocation à faire de l'esprit que d'informer.
Par contre, je me pose la question si les américains n'ont pas commis l'erreur d'avoir dissoud l'armée irakienne après la guerre.
Dans le film "Patton", le général au téléphone disait qu'il fallait une fois les nazis vaincus réarmer l'armée allemande pour aller boter le cul aux soviétiques, si vous voyez ce que je veux dire (je pense à l'Iran).
D.J       

drzz 12/01/2007 17:26

Chuck Hegel, Sénateur Républicain du Nebraska «Je pense que le nouveau plan constitue, s'il est mené à bien, la pire erreur de politique étrangère depuis le Vietnam»
Hegel était le chef de la majorité républicaine du groupe bipartisan (SSCI) qui a rendu les conclusions sur l'absence de lien entre Saddam et Al-Quaeda. Un adversaire de Bush, opposé à la guerre en Irak..
Preuve, s'il en fallait que les paléoconservateurs sont encore vivaces au Congrès américain.
Dominique Jordan, je pense avoir répondu à votre question sur la valeur du rapport du SSCI.
 

drzz 12/01/2007 17:03

Toto vous dites n'importe quoi.

toto 12/01/2007 13:47


A l'attention de D.J  (l'un des rares ici à voir plus loin que le bout de son nez) qui a dit  :
"Une petite information pour l'autre intervenant qui nous parle des couteaux suisse, les kurdes me semblent-t-ils n'ont pas été massacrés à coup de tirs bouchon."
C'est ce que j'insinuais en écrivant plus haut :
>>"Des rapports qui enfoncent des portes ouvertes il y en a des placards entiers à travers le monde"
Tout le monde sait que Saddam nourrissait l'espoir un jour (celui de la levée des sanctions par exemple) de développer son propre armement pour peser dans la région. Tout le monde a pu constater qu'il violait la résolution 1441 et enfin qu'il n'était pas un saint. Mais au-delà du cas Saddam c'est surtout la notion de guerre préemptive à la sauce Bush (dopée à la propagande) qui attirait les critiques et nourrissait le débat. La notion de "guerre morale" est une ineptie qui ne peut qu'abuser les crédules promptent à avoir la larme à l'oeil devant des discours creux farcis de morale à 2 sous.
Donc Saddam n'était pas un saint, ces exactions sont connues, sa mort n'est pas regrettable mais son statut de martyr ne va pas contribuer à assurer à l'Irak un avenir radieux. Les 20000 trouffions supplémentaires suffiront meêm pas à stabiliser Bagdad. Bush joue la montre sur le dos de ces jeunes soldats mais l'illusion ne durera pas éternellement. Même 500.000 hommes supplémentaires ne suffiraient pas!  Quant au pays dans son ensemble sa remise sur pied suite aux dégats depuis 2003 nécessiterait tellement de dollars que même si les US (dans leurs grandes largesses légendaires n'est ce pas) payaient la facture, cette belle nation largement créditrice vis à vis du monde extérieur (ironie bien sur) s'en retrouverait ruinée illico.
Peut être un jour les Irakiens, dans 5ans, dans 10ans demanderont des comptes au couple Bush-Blair. L'avenir le dira.