Souviens toi...

Publié le par drzz

 

 

 

Sais-tu, Européen, combien tes ancêtres ont été aveugles, inconscients, criminels ? Sais-tu combien de fois ils auraient pu ouvrir les yeux mais ne l'ont pas fait ? Vois, Européen, vois, ces images, ces vidéos d'un Adolf Hitler fou à lier, débitant des inepties d'une voix rauque et agressive. Vois ces milliers d'Allemands l'aduler.

Ils ne savaient pas, paraît-il. Tes ancêtres ne savaient pas. Ils ne voyaient pas les magasins aux vitrines béantes, ils ne voyaient pas les trains chargés d'êtres humains revenir vides, ils ne se doutaient pas - douter, la première faculté humaine ! - que ces milliers de Juifs, Tziganes et résistants qui partaient pour les camps ne pouvaient pas revenir... Ils ne voyaient sans doute pas ces débris humains cassant les pierres pour déblayer les routes dans une Hambourg ou Cologne bombardée. Ils ne les voyaient pas. Pourtant ils étaient là. Leurs confrères français ne voyaient pas non plus. Les Suisses, Espagnols, Hongrois, Italiens, Roumains... ne voyaient rien. Aveuglement collectif ? Aveuglement volontaire.

Aujourd'hui, leurs enfants se souviennent. Ils visitent les camps de concentration, silencieux. Ils se recueillent et s'interrogent. Ils proclament "plus jamais cela !" Plus jamais ! Leurs ancêtres avaient vécu des périodes troubles, ces temps étaient passés, la moralité était revenue. Auschwitz l'innomable n'existerait plus. Du moins pas avec leur consentement.

Quel passé ignoble. On torturait, on gazait, on poursuivait des gens dans les rues, on leur coupait la langue, on les enfermait dans des camps, on proclamait une vérité officielle, on déformait les faits. Pourtant, dans les démocraties, des centaines de milliers d'insouciants appelaient de leurs voeux la paix. Nulle guerre n'est juste disait-on, la paix est vertu, même si elle est paix des morts. Une idéologie meurtrière convertissait, poussait des gens au déshonneur, séduisait les idiots et les extrémistes gangrénés par la haine. Des millions de gens vivaient  sans soucis, vouaient la démocratie aux gémonies et saluait l'ignoble. Des gens disparaissaient mais nul ne s'indignait. Le courage s'évaporait. La honte se dissipait. La mort était aimée.  

Nous étions en 2003. Et ce naïf criminel, c'était toi

 

Seras-tu prêt, Européen, à l'heure du jugement ?

Publié dans drzz

Commenter cet article