Une guerre d'endurance

Publié le par drzz

Par Victor Davis Hanson, 8 janvier 2007, traduction  adamastor

Alors que nous entamons une nouvelle année, avec un nouveau Congrès prêtant serment jeudi, c’est le bon  moment pour faire le point sur « la guerre globale à la terreur ». L’énorme puissance militaire conventionnelle des USA nous assure sans doute  de ne pas perdre en Irak, en Afghanistan et au-delà. Toutefois les avantages considérables dont disposent les djihadistes suggèrent que nous pourrions ne pas nécessairement gagner non plus.

Aussi avant de dépêcher des troupes à Bagdad, comme tant de Républicains le souhaitent, ou évacuer l’Irak, comme tant de Démocrates l’appellent de leurs vœux, il est sage de jeter un œil sur les raisons pour lesquelles l’Amérique a eu des difficultés à transformer ses victoires sur les Talibans et Saddam Hussein en succès stratégiques à long terme.

Créer de nouveaux systèmes politiques sur le terrain est bien plus difficile que seulement détruire des camps de terroristes. Un tel engagement exige que les soldats américains quittent la relative sécurité de leurs navires, tanks et avions pour livrer une guerre sale dans les rues et les zones urbaines. Lorsque cela se produit, les USA  perdent leurs avantages militaires intrinsèques.

D’abord les Islamistes disposent d'armes occidentales en quantité suffisante – petites armes automatiques et explosifs -pour lutter d’égal à égal avec les soldats américains sur le terrain . Nos milliards dépensés en porte-avions, drones et avions furtifs n’orientaient pas la recherche vers l’objectif de combattre des centaines de terroristes cachés dans des maisons.

Secundo, lorsque les pertes s’accumulent, elles sont considérées différemment par les deux parties en présence. La mort violente et la pauvreté endémique sont des lieux communs au moyen-orient, pas en occident. Nous cherchons à éviter les pertes dans la poursuite de la guerre; les Islamistes ne pensent qu’à en infliger, quoi qu’il leur en coûte.

Tertio, tout ce que nos soldats font est tributaire de la jurisprudence occidentale et de la censure morale. Les Américains font une distinction entre les soldats et les civils pour éviter des dommages collatéraux. Les djihadistes se cachent, eux, délibérement au milieu de femmes et d’enfants pour s’assurer que nos scrupules leur offriront un sanctuaire. Les aspirations de notre idéalisme moral ne pourront jamais être satisfaites ; notre simple incapacité de réaliser ceci nous a habitué aux décapitations, aux kidnappings et aux attentats-suicide, plutôt qu'à l'outrage envers ces abominations.

Quarto, dans le processus de reconstruction, les Américains sont tenus pour responsables de la fourniture d’eau et d’électricité qui améliorent la vie des afghans et des Irakiens .Et juste en détruisant de tels efforts les djihadistes gagnent. Il est toujours plus facile de détruire que de construire.

Ainsi nous sommes dans une impasse. Aujourd’hui, après 5 ans de combat, les Américains font face à deux options drastiques dans la guerre contre les terroristes.

La première : nous pouvons retirer les troupes au sol et revenir au bombardement conventionnel punitif –réplique pour chaque attaque dans le futur. De cette manière les USA restent à distance et écrasent les djihadistes dans leurs bases, au sol. Quelques Américains meurent ; des terroristes quelquefois meurent. Les media qui s’ennuient restent plus concentrés sur les provocations des terroristes, pas sur notre réponse à 30000 pieds de hauteur.

Ou bien, la deuxième option : les forces américaines peuvent, à grand risque, continuer à changer la structure économique et politique du moyen-orient dans l’espoir de stimuler des gouvernements constitutionnels qui pourraient limiter le terrorisme pour des générations. Cet engagement exige que nos soldats combattent les djihadistes sur leur terrain, mais selon nos règles d’engagement humanitaires. Pour ceci, nous devons payer le coût matériel et humain qui s’ensuivra-le tout diffusé en direct dans les news du soir.

Le premier choix, un retour à ce qui fut pratiqué tout au long des années 80 et 90 est facile, offre un répit à court terme et entraîne peu de controverse. Mais le deuxième choix, décidé pour éviter un autre 9/11 est âpre, à prolongation, et donc impopulaire. Cependant il détient la promesse de solutions à long terme en Afghanistan et en Irak.

Les présidents Reagan, Bush senior et Clinton, qui ont respectivement quitté Beyrouth, évité Bagdad et fui Mogadiscio, n’ont pas risqué, perdu ou gagné beaucoup face aux terroristes.

Contrairement à eux Georges W.Bush a parié presque tout en allant en Afghanistan et en Irak. Et il rendra les choses soit bien plus dures soit bien meilleures pour des millions de gens-selon que les USA parviendront avec succès à supporter ou pas le type de guerre sale que les djihadistes désirent et que l’appareil militaire américain cherche habituellement à éviter.

La réussite militaire sur le terrain requiert maintenant que nous élargissions les règles d’engagement pour autoriser nos troupes à abattre davantage de djihadistes, désarmer les milices, et même entraîner plus de troupes irakiennes à prendre en charge la sécurité plus rapidement, et à fermer les frontières iraniennes et syriennes.

Cette solution est bien sûr plus facile à dire qu’à faire. Les militaires doivent user de plus de force contre ceux qui détruisent la démocratie irakienne au moment où précisément le public américain est arrivé à exaspération à la fois avec le prolongement et le coût humain de la guerre.

Représentez-vous cette guerre comme une sorte de course comique. Les djihadistes et les sectateurs sont victorieux s’ils parviennent à tuer assez d’Américains pour nous démoraliser suffisamment pour que nous nous sauvions avant que les Irakiens et Afghans ne stabilisent leur liberté toute neuve. Ils perdent sinon. La prospérité, la sécurité et la liberté résonnent comme le son du glas pour l’Islam radical. Aussi simple que cela.

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Les jihadistes ne promettent pas seulement la destruction. Ils le font.

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Leroidavid 27/01/2007 03:34

C'est pour cela que je demandais si l'armée française avait une liste des musulmans qui se trouvent dans ses rangs...
Il faut dès maintenant songer à se prémunir contre les dangers que cette présence de musulmans dans l'armée pourrait faire courir à la France.

drzz 21/01/2007 15:13

Le problème c'est qu'une armée ne peut pas entrer en guerre si plus d'un homme sur 10 dans ses rangs n'est pas fiable.
Je rappelle que 10-15% de la population française et musulmane, et que l'Elysée les bichonne, de peur que les émeutes de novembres se reproduisent. 

Leroidavid 20/01/2007 21:41

Je suis peut-être naïf, mais je ne vois pas où est le problème: si un soldat de l'Armée française commet un acte de sabotage ou de subversion ou de désobéissance ou de désertion (etc.) parce que la France a envoyé des troupes pour participer à une guerre contre un état musulman, ce soldat est passible de la Cour Martiale.
Et si 15% des soldats de l'Armée française se rendent coupables de tels actes, la réponse est la même: Cour Martiale.
L'Armée a-t-elle une liste des musulmans qui se trouvent dans ses rangs, pour savoir lesquels surveiller particulièrement en de telles circonstances ?

drzz 19/01/2007 23:27

Zadig, voilà le passage de Guy Millière :
Les hommes politiques avec qui j’évoque tout cela se plaignent que la situation n’est plus sous contrôle et qu’elle empire de jour en jour. « La France ne peut prendre des décisions en politique extérieure sans s’attendre à des représailles intérieures, qu’elle n’a plus les moyens de contrôler ou de juguler », me dit un membre éminent de l’UMP. « Dix à quinze pour cent de nos forces militaires sont composées de gens dont nous ne sommes pas sûrs en cas de conflit avec un pays musulman », me dit un autre.
http://www.menapress.com/article.php?sid=1547
10-15, pas 20%. Mille excuses. Mais le constat est terrifiant.
David Martin, j'ai vu pour le Figaro ! Les gens sont bien indoctrinés.
 

david martin 19/01/2007 23:12

Vous voulez un pourcentage, amis résistants ? En voilà un qui fera froid dans le dos :

54% des lecteurs du Figaro (donc en théorie de droite) estiment que la France doit négocier avec l'Iran !!!

La France a donc une gauche prête à coucher avec les mollahs et une droite prête à discutailler avec eux !!

On est mal barré , je vous le dis !!