Good Morning Dallas

Publié le par drzz

Si je peux vous conseiller une destination aux Etats-Unis, ce serait sans hésiter le Texas.

Voyager sur la terre de l'"Etoile Solitaire" est une expérience unique. Les Européens voyagent volontiers du côté de New York ou de Los Angeles, mais ils oublient de rentrer à l'intérieur des terres et découvrir les descendants des pionniers. Il n'y a guère que les Américains eux-mêmes - fascinés et agacés par l'extraordinaire réputation des Texans- qui voyagent dans cet Etat.

Pour les médias français, les Texans sont des ploucs. Bien sûr. Les bobos parisiens traitent la vraie Amérique avec autant d'égard que la France d'en bas, c'est-à-dire aucun. Ecoutez-les : ces Texans s'inquiètent de l'immigration, les ignares ! Ils croient en Dieu, les abrutis ! Pire encore, ils sont patriotes, fiers de ce qu'ils sont, tolérants envers les homosexuels sans être soumis à leur lobby, modérément écolos et attachés à leurs traditions familiales. Ils sont normaux. Ce qui les destine à la vindicte de ceux qui veulent tout détruire.

On vous dira que les Texans sont des gens hostiles. Ce sont les Américains les plus ouverts que j'aie jamais rencontrés. On vous dira que les villes sont peu sûres. Vous vous sentez plus en sécurité que sur les Champs-Elysées. On vous dira qu'ils sont peu intelligents. Le vrai peuple est toujours sous-évalué par ceux qui le méprisent.

J'ai fait des rencontres plutôt originales dans les environs de Dallas. Parmi lesquelles Tom Bowden, républicain convaincu et ami de William Reymond, le journaliste d'investigation français qui a publié de nombreux livres sur l'assasinat de JFK . Au détour d'une rue, j'ai aussi rencontré des anciens combattants, toujours suspicieux d'entendre parler français dans un lieu aussi improbable. "Ils me semblent que les Français sont restés communistes" m'a dit l'un d'entre eux, plus surpris encore lorsque j'acquiesçais avec vigueur ! Plus tôt, Tom Bowden m'avait raconté en souriant : "Lorsque j'ai accompagné William [Reymond] à Paris, les gens ne voulaient pas savoir que je soutenais Bush. Là-bas, il ne doit y avoir aucun débat sur le sujet."

Un après-midi, alors que je pillais littéralement un Barnes & Noble, la célèbre chaîne de librairies,  le vendeur amusé m'annonça que je venais de manquer George P. Bush, le neveu du Président), avocat à Dallas qui faisait ses emplettes dans le magasin ! Dans le même style, apprenant que je m'intéressais au Président, mon "ami" (car vous devenez "ami" avec tous les taxi drivers étrangers sitôt que vous rentrez dans leur voiture), un chauffeur palestinien, s'est perdu dans un monologue sans fin sur les habitudes de Bush à Dallas. Une chose est sûre : mieux vaut ne pas critiquer le Président sur ses terres. Dans les kiosques, les magazines trop outranciers envers Bush étaient présentés à l'envers...!

Le point fort de ce voyage a été Fort Alamo, que j'ai visité le jour du 170e anniversaire. Détail qui a son importance puisque des Mexicains ont chargé Crockett & Cie sur la place centrale de la ville, devant le fort, au milieu du fracas des canons et des mousquets ! Les reconstitutions historiques à l'américaine sont très impressionnantes. Un conseil, si vous regrettez que l'on ait oublié Austerlitz, passez l'Atlantique :  en 1998, à Gettysburg, en Pennsylvanie, 20'000 acteurs ont fait revivre la bataille pivot de la Guerre de Sécession en live. A tel point que l'offensive majeure de la bataille ("la charge de Pickett") a été reconstitutée à l'échelle 1/1, voyant 13'000 Sudistes charger un mur de pierre défendu par 7'000 Fédéraux ! Vous y étiez . Les moyens étaient plus modestes à San Antonio ce jour-là, 5 mars 2006, mais le résultat était tout aussi éblouissant. Le mythe du Fort Alamo est toujours vivace. Comme le sont ceux du rodéo et de la... NHL.

D'abord le "bull riding". Dans le film "Borat", que je n'ai pas encore vu mais dont j'ai regardé la bande-annonce, le héros du film se rend à un rodéo qui ressemble fortement au Fort Worth Stockyards, cette ville où se rassemblaient les troupeaux de boeufs après leur périple dans les grandes Plaines et un premier arrêt dans la mythique ville d'Abilene, toute proche. Je suis quasiment certain qu'il s'agit du même show. Une - magnifique - cow girl défilait dans l'arène, à cheval, arborant le drapeau américain. Tout le monde était debout, alors que la sono entonnait "I'm proud to be an American", puis une prière pour "ceux qui dirigent l'Amérique" et enfin l'hymne national. Peuple le plus patriote du monde, les Américains trouvent cette manifestation de fierté tout à fait normale. Moi-même issu d'une région fière de son drapeau et de ses particularités, je n'ai pas été surpris, mais si vous aviez pu voir la tête du Russe devant moi... Il est depuis inscrit au programme Green Card, à coup sûr !

Puis la NHL. Comment passer aux Etats-Unis en hiver (je précise, il faisait... 35 degrés) sans goûter à la folie du hockey, véritable institution nationale ? Les Dallas Stars contre les Colorado Avalanches, l'affiche était attrayante à plus d'un titre. En hiver, les Texans voyagent vers le nord pour aller skier (à Vail et Aspen, notamment), et les gens du Colorado s'agacent de cette migration massive et bruyante. Depuis, c'est la rivalité constante entre les deux clubs. Dans l'arène AA de Dallas, pleine à craquer de 50'000 spectateurs, les Dallas Stars ont écrasé les Avalanches 5 à 1 durant un match épique où les joueurs des Stars ont battu des records de pénalités pour bagarre. On est Texan ou on ne l'est pas.

Gavé aux repas texans (un mix entre la nourriture mexicaine et américaine), j'ai quitté la région en me promettant de revenir. Cette fois à Houston, où je ne me suis pas arrêté. Ce n'est que partie remise. Il faudra bien que j'aille m'aérer chez ceux qui savent se tenir droit, en témoigne le Dallas Morning News qui a le courage de mettre les musulmans locaux sous pression.

L'islam radical n'a aucune chance de briser le moral de ce peuple courageux. Comme le dit le slogan : prenez le Texas au sérieux.

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Frédéric 26/12/2006 09:45

Pour ce qui pense que le Texas fut "volé" au Mexique, je signale que durant les 1ere decennies d'indépendance de ce pays, les régions périphériques de l'ex Nouvelle Espagne voulait garder leur autonomie face à un pouvoir centralisateur despotique. Le Yutacan aussi à tenter de faire sécession, mais malgré l'aide de la flottille Texane (envoyé contre rénumération...) qui battirent la flottille Mexicaine, cette région du réintégrer le Mexique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Campêche

drzz 22/12/2006 14:03

Merci Grandpas pour vos compliments. En effet les Dallas CowBoys sont les stars de la ville. Mais l'équipe de hockey ne démérite pas. Certains de ses membres sont dans l'équipe nationale des Etats-Unis.
Je ne connais pas assez bien le football américain pour juger... Comme me le disait vertement un ami américain, "you are a soccer European" !!

grandpas 21/12/2006 16:14

Cher Drzz
Vous avez oublié de citer le football américain réprésenté au niveau professionnel par deux équipes les "Cow Boy " de Dallas et les "Texans" de Houston.
Je ne parle pas des universités texanes nombreuses qui compte le dernier vainqueur d' une sorte de "final four",il s'agissait des "Longhorns" de Texas ais il y aussi les"Aggies " de Téxas A and M, les "Horned Frogs" de Texas Christian University,les "Red Raiders" de Texas Tech,les "Owls"de Rice qui si je m' abuse ,sont en grande partie situées autour de Dallas.Je dois en oublier d' autres ,mais cette état est avec la Foride l " état de football.
Merci pour vos articles qui attirent de plus en plus de monde et même quelque béotiens.
Grandpas

drzz 20/12/2006 12:34

egdtp, je savais que Crocket n'était pas un Texan d'origine, et je ne voulais pas dire le contraire dans mon article.
Le nom de Crocket est lié à sa défense d'Alamo, d'où mon allusion. Mais vous avez raison, elle peut être mal interprétée. Je change de ce pas.

egdltp 20/12/2006 11:52

J'ai le regret de vous apprendre que le Texas n'est pas la terre de David Crocket. Il est orignaire du Tennesse mais est venu y mourir lors du siège d'Alamo.
Bon on ne vas en faire tout un foin, mais un petit coup du moteur de recherche préféré ou de wikipedia permet d'éviter ce genre de contre sens....