Les liens entre Saddam et Al-Quaeda : le dossier accablant (1)

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Spécial : les liens entre Saddam et Al-Quaeda : le dossier accablant (1)

 

Roland Jacquard est expert français auprès des pays membres du Conseil de Sécurité de l'ONU et du Conseil de l'Europe, président de l'Observatoire international du terrorisme et du Centre d'études des menaces contemporaines. Extraits de Au nom d'Oussama Ben Laden, Paris, Livre de Poche, 2001, pp. 204-207

 

Oussama Ben Laden a approché l'Irak à trois reprises par des canaux diplomatiques. La première tentative a eu lieu à Ankara (...). Sans même consulter Bagdad, l'ambassadeur qui avait, semble-t-il, déjà eu des instructions en ce sens, n'a donné aucune suite à cette demande.

            Un autre émissaire s'est présenté en juin 1997 à l'ambassade irakienne du Caire. (...) En dépit de contreparties alléchantes, la mission (...) capota aussi.

            Le contact suivant aura lieu peu après, toujours en 1997, tandis que la tension est au plus haut entre Bagdad et Washington. (...) Cette troisième et dernière initiative ne sera pas plus couronnée de succès que les précédentes : les Irakiens sont laïcs, ils se méfient des islamistes par principe et Oussama Ben Laden n'est pas crédible à cause de son cléricalisme ostentatoire ; pour eux, sa parole ne vaut rien, Qusaï Saddam Hussein, le fils du président, qui qualifie Oussama Ben Laden de «faux jeton», ne lui fait pas assez confiance au point de risquer d'exposer le régime à de nouvelles campagnes internationales de presse alors que ce dernier est déjà bien mal traité dans les médias. De plus, une coopération aventurière avec le Séoudien déchu remettrait en cause le projet de Saddam Hussein de renouer avec l'Arabie Saoudite.

            Il semble cependant que cette version ne soit que la version avouable, la version dite «PC», ou politiquement correcte... Il existerait, selon les mêmes sources, un autre scénario plus conforme à la mentalité calculatrice de Saddam Hussein et de ses services spéciaux. En 1998, ces derniers, après avoir décliné toutes les offres de collaboration parvenues jusqu'à eux par des canaux diplomatiques officiels, auraient établis avec Ben Laden une «connexion» opérationnelle secrète à Manille ou au Cachemire. Difficile en effet pour l'Irak d'ignorer un Arabe comme Oussama Ben Laden qui «humilie aussi efficacement les Américains»... C'est le colonel Khairallah al-Tikriti, frère du chef des Moukhabarat, les services de renseignement, qui aurait été nommé officier traitant de cette relation. L'arrestation de deux Marocains proches de Ben Laden à Rabat le 11 novembre 1998 a permis d'établir avec certitude l'existence de ce lien. Selon les Occidentaux, les services irakiens auraient à cette date cherché à s'assurer de l'aide des réseaux d'Oussama Ben Laden, au cas où l'Irak serait à nouveau attaqué par les Etats-Unis, afin de perpétrer des attentats dans des pays arabes contre des cibles américaines.

            Selon des sources arabes en prévision d'un prévisible revirement de Kaboul, Ben Laden est en contact discret, depuis septembre 2000, avec des hommes d'Oudaï Hussein, autre fils de Saddam : le terrain d?entente est le combat anti-israélien et anti-américain. Ben Laden et les Irakiens auraient échangé des informations sur les armes chimiques et biologiques malgré l'opposition de certains dirigeants de Bagdad, tel Tarek Aziz.

 

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