
Le blog drzz
"Le prix de la liberté, c'est la vigilance éternelle."
Thomas Jefferson









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En 2000, je soutenais Al Gore et j’avais suivi la convention républicaine à la télévision depuis un hôtel de Pittsburgh en regardant Bush avec l’œil suffisant et moqueur de celui qui croit tout savoir sans n’avoir jamais appris. J’ignorais tout d’Israël. Je connaissais quand même l’Amérique, la vraie. Au fond des campagnes de Pennsylvanie, deux ans de suite, à raison de quelques mois par année, j’avais eu l’expérience du Bush Country avant même cette dénomination n’existe.
Un exemple me vient à l’esprit. Dans mon anglais approximatif à l’époque, je n’avais pas compris le sens de «worship service» (le culte religieux). Je croyais qu’il s’agissait de quelque chose comme le premier service… Comme nous devions aller à une fête organisée près de la petite bourgade où j’étais accueilli, j’en avais déduit – ah, les mystères de la compréhension universelle ! – qu’on parlait de l’installation de la manifestation. Il était écrit sur le programme : 7am Worship Service – 8am Beginning of the show. Comme on parlait de se lever tôt, j’avais suggéré d’arriver aux environs de 8h, si l’on manquait le «worship service», cela serait sans importance… Mes interlocuteurs, une famille tout à fait classique, m’avaient regardé comme si j’étais un martien. Et s’étaient jeté des coups d’oeil en pensant, comme la majorité de leurs compatriotes, que l’Europe était vraiment un continent de décadents. Pour l’Inner America, vous alliez – et vous allez toujours - en Europe comme nous nous rendons dans certaines villes, pour voir ce qui est beau sans avoir, du tout, l’intention d’y rester, tant l’atmosphère y est lourd. Les fastes de la monarchie impressionnent moins ceux qui ont voulu les fuir.
En Pennsylvanie, j’étais allé dans une ville fortement imprégnée d’histoire et de patriotisme. Je ne peux me rappeler du nombre de drapeaux, de CD de l’hymne national, de livres sur le «pays de la liberté», son passé, son présent, son futur. A une heure de Washington, près d’un million de personnes par année venaient visiter le champ de bataille tout proche. Le petit Européen nourri au biberon par la gauche médiatique se répandait en commentaires prétentieux : «certes, cet engouement et cet amour de la patrie sont impressionnants, mais…». Toujours ce «mais» contestataire, que la gauche utilise à ne plus savoir qu’en faire. La cloche de l’Indépendance à Philadelphie, les champs de Gettysburg, tout cela était exotique. Mais nous, les Européens avions les châteaux et la culture. Combien de fois ai-je souri en regardant les cartes de mets des restaurants : «depuis 1970», «depuis 1950». A une demi-heure de chez moi, sur ma gauche, je pouvais m’asseoir à la table où mangea Rousseau. A une demi-heure, sur ma droite, je marchais entre les fortifications romaines. Alors ces dates de fondation des restaurants américains ne m’impressionnaient guère.
Pourtant, malgré le fait que j’étais soumis à une propagande frénétique chez moi, je ne cessais de m’enthousiasmer lors de mes séjours aux Etats-Unis. Dans le Bush Country, les gens étaient décontractés, souriants, chaleureux. Ils venaient vous taper dans le dos et discuter sans même vous connaître. A une heure de là, dans ce qui n’était plus le Bush country, on retrouvait des traces de cet état d’esprit. Il vous suffisait de s’arrêter quelques instants dans une rame de métro de Washington, et vous pouviez être certain qu’un passant s’arrêtait et s’enquérait de savoir si vous aviez besoin d’aide. Dans les restaurants, même mentalité. Vous n’étiez pas le sale capitaliste venu se faire servir par des employés soumis à vos moindres désir, comme l’Europe les dépeint, et comme vous vous sentez accueilli, particulièrement à Paris. Non, aux Etats-Unis, un plat ne vous convenait pas, on vous en offrait un à la place. Vous preniez de l’eau du robinet ? Si votre désir ou votre porte-monnaie l’exigeait, pas de problèmes. Si vous preniez un soda, vous ne payiez que la première consommation, le remplissage du verre étant gratuit et illimité. On vous montrait qu’on vous remerciait d’avoir choisi ce restaurant, d’avoir fait confiance au personnel. Européen, vous vous empressiez de libérer la table. Relax ! Dans ces restaurants, vous pouviez rester le temps qu’il vous plaisait, en regardant l’écran de télévision. Le O’Reilly Factor à 20h sur Fox News, commenté par toutes les personnes attablées dans le restaurant : un vrai moment épique. Individualiste, le capitalisme ? Au Texas, dans un bar de Fort Worth, vous pouviez vous servir gratuitement de morceaux de viande cuits sur un grill, au milieu du bar, accompagnés de salades et de mets mexicains, et vous les goûtiez en discutant avec les personnes autour de vous. Le but est que vous preniez du plaisir à venir boire votre bière dans ce lieu. J’avais déjà vu des scènes de ce genre à Lancaster, en pays amish.
En 2004, toute
Ce Bush Country existe aussi en Europe. Néanmoins, il nous faut encore trouver le nom de celui qui parlera en son nom.
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"Le petit Européen nourri au biberon par la gauche médiatique se répandait en commentaires prétentieux : «certes, cet engouement et cet amour de la patrie sont impressionnants, mais…». Toujours ce «mais» contestataire, que la gauche utilise à ne plus savoir qu’en faire."
Ce que vous décrivez de ce citation n’est pas tellement différent d’un transplanté depuis les USA qui reside en Europe.
Le biberon Américain consiste d’une bouillie médiatique comme quoi « On peut tous être une Bill Gates ! » Les riches sont glorifiés en outrance.
Pourtant, ce glorification n’est pas au fond l’idée de l’Amérique de ses fondateurs. Ces derniers ont bien choisi les mots par lequel il définissait la raison d’être de l'Amérique. Et, c’est tout simplement, « la poursuite de la bonheur ».
Qu’est-ce que c’est donc ce bonheur ? Qui sait ? Le bonheur est subjectif, altérable, changeant et unique à chacun de nous. J’aurais bien aimé être une mouche sur le paroi du chambre où les fondateurs avaient forcement débattu ce sujet : Qu’est-ce que c’est le bonheur ? Comment le définir ? Comment le reconnaître ?
Au fond, à mes yeux, ils ont décidé que, puis que le bonheur soit différent pour chacun entre nous, sa définition serait toujours et partout inexacte. Il valait mieux insister au droit de le poursuivre … et sans entrave de l’état.
L’Europe de leur époque leur avait appris que le prépondérance de l’état, avec souverain ou démocratique, était néfaste et contreproductive à la poursuite de l’épanouissement personnel. L’individu devait rester maître de son monde.
Pour moi, il n’y a rien depuis que puisse exprimer mieux la raison d’être d’un état. Les fondateurs d'Amerique ont focalisé sur l’individu pour insister sur ses droits de pouvoir poursuivre sa vie comme bon lui semble et ne pas comme semblerait bien l’état.
L’Europe reste collectiviste dans le mesure que ces peuples insistent que l’état s’occupe de leur petit personne et surtout de l’équitabilité parmi eux.
L’Américain par contre n’accepterait pas que l’état sache mieux ce qu’il lui vaudrait bien. Il décidera pour lui-même et il est prêt d’assumer les conséquences de ses décisions, qu’ils soient pour son bien ou le contraire. Ceci fait preuve d’une maturité individuel qu’il est difficile à trouver répliqué en Europe – surtout parmi une jeunesse fortement gâté. Dommage.
Je suis d'accord RicainUS. D'ailleurs, les Etats-Unis se nomment "the land of the free", le pays de l'homme libre. Vous êtes libre d'essayer, de vous débrouiller. C'est le pays de l'opportunité. Si Fox News a réussi à devenir la première chaîne dans un système aussi fermé que le monde de l'audiovisuel, c'est simplement parce qu'elle a présenté à ses télespectateurs des analyses et des idées qui ont convaincu. Elle est devenue n-1. Il serait impossible qu'une chaîne concurrence TF1 en France, même l'Etat lui-même agirait pour empêcher la libre concurrence. Voyez les néoconservateurs d'une part, et l'ENA d'autre part. Les néconservateurs, avec un budget dix fois inférieur à celui de leurs concurrents démocrates, ont réussi à se faire écouter, simplement parce qu'ils avaient des idées. Comment faire de la politique sans être énarque ? Autant dire que la médiocrité de cette école accouche de politiciens inadaptés au monde contemporain. La bataille des idées ne se livre pas en Europe. Sans idée, pas de moteur. Sans moteur, pas de sursaut.