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drzz

Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /2006 00:00

A lire, en français, un très bon article de Lucien Samir Oulahbib sur les parcours idéologiques d'Al Quaeda et de Saddam Hussein, et la logique de leur rapprochement. Extrait :

S’opposant à ce qu’aurait avancé l’Administration Bush, plusieurs publications officielles américaines, opportunément répercutées en Europe, persistent à nier l’existence d’un lien formel entre Saddam Hussein et Al Qaïda avant 2003. Dans le même temps, d’autres analystes cherchent à établir un lien, depuis cette dernière date, entre l’intervention de la Coalition et la prolifération des attentats islamistes, à commencer par l’actuelle alliance en Irak entre anciens baathistes et djihadistes…

J’aimerai démontrer ici, dans un premier temps, que, quoique en situation concurrente, le nationalisme arabe et l’islamisme sont des réalités non pas antinomiques mais idéologiquement liées.

Atlantis Institute : http://www.atlantis.org/publications/etudes/aux-origines-intellectuelles-de-la-%93guerre%94-anti%11bush/

Mauvaises nouvelles. Article de Fred Barnes, du Weekly Standard : "Les Républicains doivent s'attendre à de mauvaises nouvelles le jour de l'élection". Un précédent article sur ce blog, du Washington Times (26 septembre), disait que les Républicains avaient redressé la barre, au moins pour sauver leurs deux majorités. Mais depuis, le scandale Foley a affolé les pronostics. Selon Barnes, la Chambre des Représentants serait perdue (ce qui laisserait  l'affligeante Nancy Pelosi accéder au poste de "Speaker") et le Sénat serait sauvé de justesse... A lire ici : http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/012/817vxgub.asp

Sur le site du New York Times, les prévisions sont comme suit :

Chambre des Représentants :

Républicains : 187 sièges assurés, 22 avec avance du candidat républicain

Démocrates : 191 sièges assurés, 19 avec avance du candidat démocrate

16 sièges en balance

Sénat :

Républicains : 47 sièges assurés, 2 avec avance du candidat républicain

Démocrates : 40 sièges assurés, 8 avec avance du candidat démocrate

3 sièges en balance

http://www.nytimes.com/ref/washington/2006ELECTIONGUIDE.html?currentDataSet=senANALYSIS

 

 

 

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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 00:00

Spécial : Les liens entre Saddam et Al-Quaeda : le dossier accablant (3)

Richard Miniter est un journaliste d’investigation, spécialiste du renseignement, qui a publié plusieurs best-sellers sur la traque de Ben Laden, la guerre contre le terrorisme et la guerre en Irak. Ces sources incluent la CIA , les services de renseignements européens et arabes, ainsi que le chercheur Stephane Hayes, «le meilleur spécialiste sur le sujet» selon le Vice-Président Dick Cheney. Miniter vit entre Washington et Bruxelles, et fonde ses affirmations sur des documents et des interviews des chefs de renseignements. Extraits de son livre où il traque la désinformation médiatique : Disinformation, the 22 media myths that undermine the War on Terror, Washington, Regnery, 2005, pp. 107-124. Les références sont consultables dans l’ouvrage.

 

  Les opposants les plus têtus du Président Bush seront déçus de voir qu’il y a de nombreux liens prouvés entre le dictateur irakien et le terroriste le plus tristement célèbre du monde. Tout ce que je peux dire c’est que les preuves sont claires et incontestables. Cela ne veut pas dire que l’Irak contrôlait Al-Quaeda, que l’Irak est derrière le 11 septembre ou que la guerre était (ou pas) justifiée. Les preuves disponibles montrent seulement des contacts (ou des liens) considérables entre l’Irak et Al-Quaeda, rien de plus, rien de moins. […] Quatre sortes de liens peuvent être prouvés : des réunions, des transferts de fonds, de l’entraînement et des troupes.

  Réunions 

Ø      En 1992, selon des documents irakiens trouvés après la guerre de 2003, des officiels du renseignement irakiens ont rencontré Ben Laden en Syrie

Ø      Les services secrets soudanais ont observé des réunions entre Ben Laden et des agents irakiens à Khartoum, dès 1992.

Ø      Un vétéran des services secrets irakiens, Quassem Hussein Muhammed, interviewé par le New Yorker en 2002, a expliqué qu’il avait été l’un des dix-sept gardes du corps lors du voyage de al-Zahwiri à Bagdad en 1992. Selon Muhammed, al-Zahwiri aurait été conduit dans l’un des palaces pour rencontrer le dictateur en personne.

Ø      Un autre agent, Abu Aman Amaleeki, interviewé par ABC News, a confirmé la visite de al-Zahwiri.

Ø      Michael Scheuer, l’ex-responsable de l’unité responsable de la poursuite de Ben Laden à la CIA , a écrit dans un livre paru en 2002 que «Ben Laden s’est lié avec l’Irak à Khartoum.»

Ø      Selon le Corriera della Serra, Saddam avait chargé son responsable du renseignement, Faruq al-Hijazi, de développer des relations avec les organisations islamiques au Soudan, dès 1994.

Ø      Selon la CIA et le responsable auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU, Roland Jacquard, Saddam Hussein a rencontré des officiers de la police secrète de Ousai Hussein [l’un des fils de Saddam] au moins à huit reprises entre 1992 et 2003.

Ø      Ben Laden a rencontré le chef du Mukhabarat [renseignements irakiens] à Khartoum en 1996, selon la CIA

Ø      Selon l’interrogatoire d’un membre d’Al-Quaeda capturé, Ben Laden aurait fait un accord pour cesser toute action hostile contre la dictature irakienne au milieu des années 90.

Ø      Ecrits datant de 1996 du procureur Fitzgerald, de l’administration Clinton, cité par la commission du 11 septembre : «Al-Quaeda a conclu un accord avec le gouvernement d’Irak selon lequel Al-Quaeda ne travaillerait pas contre ce gouvernement, et sur certains sujets, dont le développement d’armes non conventionnelles, Al-Quaeda travaillerait en collaboration avec le gouvernement d’Irak.»

Ø      En avril 2003, des documents découverts après la chute du régime, et authentifiés par la DIA [les renseignements de l’armée américaine], font état d’un voyage, en 1998, d’un «homme de confiance» d’Al-Quaeda à Bagdad. Les services irakiens lui ont payé une chambre au 414 de l’hôtel Mansur al-Media et ont exprimé leur «espoir que cet homme serve d’agent de liaison entre les services de renseignements irakiens et Ben Laden.

Ø      Le Guardian, en 1999, signale le chef des renseignements irakiens en Afghanistan. «On pense qu’Al Hijazi a offert à Ben Laden l’asile en Irak.»

Ø      Le premier ministre Iyad Allawi a expliqué au journal Al-Hayat que des documents trouvés dans les archives de l’ancien régime prouvaient la visite d’al-Zahwiri en Irak en septembre 1999. Al-Zahwiri avait été invité à une conférence islamique. Le gouvernement provisoire irakien, à en croire Allawi, avait l’invitation et les autres documents s’y rapportant.

Ø      En 2000, le royaume d’Arabie saoudite est passé en alerte maximale après avoir appris que l’Irak avait fait un accord avec Ben Laden pour menacer les intérêts américains dans la péninsule arabique.

Ø      En octobre 2000, un agent secret irakien, Salah Suleiman, a été arrêté à la frontière afghane par les autorités pakistanaises. Il a avoué être un agent de liaison entre son service et le no 2 de l’organisation, al-Zawhiri.

Ø      En 2001, selon la CIA , l’ambassade irakienne du Pakistan a servi de liaison entre Saddam Hussein et Al-Quaeda.

Ø      Les photographies des renseignements malais en janvier 2000 montrent Ahmed Shakir, un agent irakien, à une réunion clé à Kuala Lumpur où ont été décidés les attentats de l’USS Cole et ceux du 11 septembre.

 

Transferts de fonds   

 

 

  

Ø      Le 19 janvier 1991, le président du comité sur le renseignement, le sénateur démocrate David L. Boren, a dit au Washington Post que «Saddam a mis en place un réseau incluant certaines des organisations terroristes les plus sophistiquées du monde.»

Ø      Des documents trouvés à la chute du régime montrent que le régime baasiste finançait les «forces démocratiques alliées», un groupe d’islamistes ougandais affilié à Al-Quaeda. Le centre de recrutement de l’organisation se trouvait à Bagdad.

Ø      En page 14 d’un document du renseignement irakien daté du 28 mars 1992, on  lit qu’Oussama Ben Laden a de bonnes relations avec les services irakiens de Syrie.

Ø      Colin Powell, 23 mai 2005 : «Un prisonnier membre d’Al-Quaeda nous a dit que Saddam avait été encouragé dans son soutien à Al-Quaeda après les attentats de 1998 de nos ambassades au Kenya et en Tanzanie. Saddam a également été très impressionné par les attaques d’Al-Quaeda contre le USS Cole au Yémen en octobre 2000.»

Ø      Le porte-parole de l’Union patriotique du Kurdistan a dit à la United Press que le groupe islamiste Ansar Al-Islam, affilié à Al-Quaeda, était aussi financé «par le régime de Bagdad». L’emplacement d’Ansar Al-Islam, dans le nord irakien, était une zone, selon les Kurdes, «loyale à Saddam Hussein.»

Ø      Le Monde, 9 juillet 2005 : «Ansar Al-Islam a été créée en 2001 par l’aide conjointe de Saddam Hussein – qui comptait l’utiliser contre les Kurdes modérés – et Al-Quaeda, qui espérait trouver au Kurdistan un nouvel emplacement pour recevoir ses membres.»  

Ø      La CIA a intercepté deux appels téléphoniques entre Ansar Al-Islam et le régime irakien en 2002. Durant la première (mai 2002), un officier du renseignement de Saddam Hussein félicitait le groupe terroriste et lui promettait 100'000 $ d’aide. Le second, rapporté dans un memo de la NSA (octobre 2002), faisaitt état d’un accord entre le régime baasiste et Al-Quaeda pour accueillir, nourrir et fournir en armes les jihadistes fuyant l’Afghanistan et arrivant dans le camp d’Ansar Al-Islam. 

Ø      Un membre d’Ansar Al-Islam capturé, Rebwar Mohammed Abdul, a dit au Los Angeles Times avoir vu deux fois Abu Wael, un officier des renseignements irakiens, discuter avec le Mollah Krekar, le chef du groupe islamiste.

Ø      Le journaliste Jeffrey Goldberg, du New Yorker, a interviewé de nombreux terroristes d’Ansar Al-Islam capturés par les peshmergas kurdes lors de l’opération «Viking Hammer» (28-30 mars 2003). Il écrit : «Leurs affirmations incluent le fait qu’Ansar Al-Islam recevait des fonds directement d’Al-Quaeda ; que les officiers du service des renseignements de Saddam Hussein avait le contrôle, avec des agents d’Al-Quaeda, sur Ansar Al-Islam ; que Saddam Hussein a invité un leader important d’Al-Quaeda en 1992 ; qu’un grand nombre de membres d’Al-Quaeda ont été accueillis dans le territoire contrôlé par Ansar Al-Islam après leur fuite d’Afghanistan et que les services secrets irakiens faisaient entrer des armes non conventionnelles, même chimiques et biologiques, en Afghanistan.»

Entraînement

 

 

 

 

 

Ø      Un déserteur des Fedayeens de Saddam, le colonel Abu Mohammed, a déclaré au Sunday Times en 2002 qu’il avait vu des combattants de Ben Laden s’entraîner en Irak en 1997, au sud de Bagdad, dans le camp de Salman Pak. Selon lui les combattants arabes s’entraînaient à prendre d’assauts, à l’aide de couteaux, de véritables Boeings 707. «Nous avons été accueillis par le colonel Jamil Kamil, le directeur du camp, et le major Ali Hawas. J’ai remarqué un grand nombre de personnes faisant la queue pour obtenir de la nourriture. [Le major] m’a dit : «Tu n’as rien à faire avec ces gens. Ils sont du groupe de Ben Laden, du PKK [terroristes kurdes agissant en Turquie] et de Mojahedin-e Khalq [un groupe islamiste actif au Pakistan].» 

Ø      A la fin des combats en 2003, le reporter de l’AP Ravi Nessam a observé le camp de Salman Pak, avec «un terrain pour les assauts urbains, un train à trois wagons pour l’instruction au sabotage et un avion de ligne en plein milieu du désert.» Des photographies de ce camp et de l’avion sont disponibles. Le général Vincent Brooks, porte-parole de l’armée américaine, a dit le 6 avril 2003 : «les fonctions de certaines personnes que nous avons capturées et l’entraînement qu’ils ont reçus nous laissent à penser que le camp de Salman Pak servait à entraîner des terroristes.»  

Ø      Un capitaine irakien, Sabah Khodada, a dit à la PBS que «le camp [de Salman Pak] était destiné à exporter le terrorisme dans le monde entier.»  

Ø      Selon le 9-11 Commission Staff Statement 15, au printemps 1998, l’Irak s’est engagée à fournir de l’armement à Al-Quaeda.  

Ø      Lors de son interrogatoire en 2003, le chef des renseignements irakien Faruq al-Hijazi a appris aux Américains que Ben Laden avait spécifiquement demandé à l’Irak des mines antinavires [utilisées en 2000 contre l’USS Cole] et des camps d’entraînement en Irak.»  

Troupes 

 

  Ø      Ramzi Yousef, le terroriste des attentats de 1993 contre le World Trade Center, est entré aux Etats-Unis avec un faux passeport irakien puis, son forfait commis, a fui en Irak avant d’être arrêté à Manille, alors qu’il cherchait à commettre de nouveaux attentats.  

Ø      Abdul Rahman Yasin, le seul terroriste des attentats de 1993 à n’avoir pas été arrêté, a fui en Irak. En 2003, les forces américaines ont retrouvé sa trace dans les archives de la ville de Tikrit. Yasin avait reçu une maison et un salaire mensuel par le régime de Saddam Hussein.

Ø      En 1998, Abbas al-Janabi, un membre de l’entourage du fils de Saddam Hussein, Oudaï, a déserté à l’Ouest et a répété aux autorités américaines qu’il existait une alliance entre Saddam et Al-Quaeda.

Ø      Le marchand d’armes Mohamed Mansour Shahab, arrêté par les forces kurdes en 2000, a avoué avoir été payé par Bagdad pour transporter des armes en Afghanistan.

Ø      Six mois avant les attentats du 11 septembre, et alors que les contacts de Atta pour Al-Quaeda étaient à Hambourg, la police fédérale allemande a arrêté deux Irakiens suspectés d’espionnage. Selon le procureur de Karlsruhe, ils transmettaient des ordres de missions dans «des villes allemandes au début de l’année 2001». Le 16 mars 2001, un journal arabe basé à Paris (al-Watan al-Arabi) a relaté les détails de l’arrestation. Selon le journal, les arrestations ont eu lieu alors que les services allemands avaient appris que l’Irak cherchait à réorganiser ses services secrets en Allemagne et que ces derniers avaient mis au point un plan pour attaquer les intérêts américains dans le monde par le biais d’une alliance avec des fondamentalistes. Le rapport le plus crédible contenait des informations selon lesquelles Saddam Hussein et Oussama Ben Laden travaillaient ensemble. Les autorités allemandes, sur recommandation de la CIA , s’étaient jusqu’alors concentrées sur les islamistes affiliés à Al-Quaeda et ont découvert ces espions irakiens par hasard. L’affaire a été jugée si importante qu’une section spéciale d’agents du FBI et de la CIA ont été envoyés en Allemagne pour interroger les deux espions irakiens.

Ø      Une responsable important d’Al-Quaeda, Abu Zubay-dah est souvent cité par les sceptiques. En effet, dans son interrogatoire, il a jugé «improbable» une alliance entre Saddam Hussein et Al-Quaeda. Mais les sceptiques refusent de signaler que le même personnage a dit «avoir entendu que Abu Moussab Al-Zarkawi et d’autres avaient de bons contacts avec les renseignements irakiens.»

Ø      Abu Mussab Al-Zarkawi, blessé en Afghanistan, a été soigné à Bagdad en 2002, à l’hôpital olympique, celui dirigé par le fils-même de Saddam Hussein, Oudaï.

Ø      Depuis l’Irak. Zarkawi a organisé le meurtre du diplomate américain Lawrence Foley, à Amman, en Jordanie. C’est le meurtrier du diplomate, arrêté par les services jordaniens, qui a donné le nom du commanditaire.

Ø      Le deuxième secrétaire de l’ambassade irakienne de Manille, Hisham al-Hussein, a été expulsé du pays le 13 février 2003. Ses appels téléphoniques du 2 octobre 2002 indiquaient qu’il avait eu des contacts avec l’organisation islamiste d’Abou Sayaaf, qui terrorise les Phillipines. Le jour de ses appels, un attentat islamiste a eu lieu à Zamboanga City, qui a fait vingt-trois blessés et trois morts, dont un Américain membre des forces spéciales.

Ø      Le Vice-Président Dick Cheney, en 2004 : «Nous avons collecté de plus en plus d’informations sur les relations entre Saddam et Al-Quaeda. Nous avons appris que cette relation s’était épaissie durant la dernière décennie, que cela incluait de l’entraînement aux armes biologiques et chimiques, qu’Al-Quaeda a envoyé des agents à Bagdad et les a entraînés, et que les Irakiens ont apporté à Al-Quaeda leur expérience dans la fabrication de bombes.»

 Pour ce qui est du terrorisme islamiste en général : le Hamas a ouvert un bureau à Bagdad en 1999 et l’Irak accueillait les conférences du jihad islamique palestinien. Saddam offrait 25'000 $ aux familles des terroristes palestiniens, et a accueilli à Bagdad deux des pires terroristes des années 80, Abou Abbas et Abou Nidal.

 

 

Le 13 janvier 1991, Saddam Hussein a organisé une «conférence islamique populaire» à Bagdad. Alors que la première guerre du Golfe avait été déclenchée, les imams présents ont appelé la salle, et le monde musulman, à déclencher le jihad contre les envahisseurs. Selon le chercheur Stephane Hayes : «ces conférences n’étaient pas juste une autre manière pour Saddam de se mettre en bons termes avec les fondamentalistes. Selon plusieurs officiels américains, ces conférences étaient remplies d’agents irakiens qui recrutaient des islamistes pour mener des opérations contre l’Occident.»

 

 

 

 

 

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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 00:00

 

 

Spécial : Les liens entre Saddam et Al-Quaeda : le dossier accablant (2)

 

 

 

Jean-Charles Brisard est expert international, spécialiste du terrorisme. Depuis 2002, il est chargé, par plusieurs milliers de parents de victimes du 11 septembre, de diriger l'enquête internationale visant les réseaux de soutien au groupe Al-Quaeda. Extraits de son livre Zarkawi, le nouveau visage d'Al-Quaeda, Paris, Fayard, 2005, pp. 135-142. Les sources de ses affirmations sont citées dans l'ouvrage.  

 

 

 

 

Ces liens sont d'abord interpersonnels. On sait qu'à l'initiative du chef d'Al-Quaeda des rendez-vous sont organisés à plusieurs reprises et suivant le même schéma : plusieurs ambassadeurs irakiens ont successivement rencontré Ben Laden, ainsi que des membres actifs de son réseau.

Les premiers contacts sont noués au Soudan en 1991 et en 1996. Selon l'ancien directeur du programme nucléaire irakien, Khidir Hamza, Ben Laden rend, en ces années-là, des fréquentes visites à l'ambassade d'Irak à Khartoum. En décembre 1998, selon la même source, il aurait rencontré Farouk Hijazi, ambassadeur irakien en Turquie et ancien chef des opérations spéciales des services de renseignement irakiens (Mukhabarat). L'entretien aurait eu lieu à Kandahar, en Afghanistan. Après les attentats du 11 septembre 2001, le diplomate sera expulsé de Turquie en raison de sa proximité avec des groupes terroristes. D'après Vincent Cannistraro, un ancien responsable de la lutte antiterroriste à la CIA , cette information a été confirmée par «plusieurs rapports des services de renseignement». L'entourage d'Oussama Ben Laden l'aurait lui-même ébruitée.

De nombreux contacts ont par ailleurs été établis entre des émissaires irakiens et des membres actifs du groupe terroriste, comme Mohammed Atta, dont il est désormais avéré qu'il a rencontré un diplomate irakien en République tchèque au mois d'avril 2001. Le chef opérationnel du commando suicide du 11 septembre s'est rendu au moins à deux reprises à Prague. Selon le Service américain de l'immigration et de la naturalisation (INS), quand Mohammed Atta est entré pour la première fois aux Etats-Unis, le 3 juin 2000, il débarquait à l?aéroport de Newark, dans le New Jersey, d'un vol en provenance de Prague.

Le 8 avril 2001, il a rendez-vous à l'ambassade irakienne à Prague avec Ahmed Khalil Ibrahim Samir Al-Ani, le second consul, qui appartient également aux services de renseignement extérieurs irakiens. Le représentant permanent de la République tchèque à l'ONU, Hynek Kmonicek, et le ministre tchèque de l'Intérieur, Stanislav Gross, confirmeront l?information. Le 19 avril 2001, le diplomate est déclaré persona non grata en raison «d?activités incompatibles avec son statut de diplomate» puis il est expulsé par les autorités tchèques une semaine plus tard.

Par ailleurs, la commission d'enquête conjointe du Congrès des Etats-Unis sur les attentats du 11 septembre 2001 a établi qu'en 1999 «la communauté du renseignement avait obtenu des informations selon lesquelles l'Irak avait formé un pilote en vue de missions suicides contre les forces britanniques et américaines dans le golfe Persique» au cours de la première guerre d'Irak, un procédé qui rappelle le modus operandi des attentats du 11 septembre 2001.

 D'autres éléments, sans grande valeur conclusive il est vrai, ont également révélé des relations épisodiques entre certains membres d'Al-Quaeda et des officiels irakiens. Ainsi, Jose Luis Golan Gonzales, alias Youssef Galan, membre du réseau de Ben Laden en Espagne, reçut à son domicile, le 26 juin 2001, une invitation de l'ambassadeur irakien à Madrid afin de fêter l'anniversaire de la révolution irakienne le 17 juillet 2001. Youssef Galan est l'un des rares terroristes d'origine espagnole à avoir été interpellé après le 11 septembre 2001 dans le cadre de l'enquête du juge Baltasar Garzon sur Al-Quaeda. Son nom est revenu sur le devant de la scène après les attentats du 11 mars 2004. Avant de se convertir à l'Islam et de rejoindre un camp d'entraînement militaire en Indonésie, Youssef Galan avait en effet appartenu quelques temps à l'organisation basque Euskadi Ta Askatasuna (ETA).

La convergence d?intérêts la plus marquée entre Al-Quaeda et l'Irak apparaît quand on se penche sur le réseau économique et financier constitué par Ben Laden lorsqu?il était installé au Soudan en 1991, avec la bienveillance du leader religieux Hassan Al-Turabi. L'industrie chimique, notamment, favorisa ce rapprochement dans la mesure où, à l'époque, l'Irak collaborait avec le Soudan pour développer son arsenal et tentait de tirer parti de la présence d'organisations terroristes dans le pays. D'anciens membres d'Al-Quaeda, témoignant en 2001 lors du procès des responsables des attentats de 1998 dirigés contre les ambassades américaines de Dar es-Salaam et Nairobi, ont ainsi révélé que certaines entreprises possédées par Oussama Ben Laden étaient alors dirigées par des Irakiens et employaient du personnel issu de ce pays. Ainsi, plusieurs ingénieurs irakiens travaillaient jusqu'en 1998 pour la société de construction Al-Hijrah, propriété d'Oussama Ben Laden. Au cours du même procès, on a appris que le responsable de la société était un ingénieur irakien, Abou Ibrahim Al-Iraqi, et pas moins de neuf Irakiens ont été identifiés comme des membres affiliés à Al-Quaeda au Soudan.

Parallèlement, les contacts se multiplient entre les dirigeants de l'usine de production chimique Al-Schifa, appartenant également à Ben Laden, et le responsable irakien du programme d'armes chimiques, ou encore avec Emad al-Ani, l'un des directeurs de la société irakienne Samarra Drug Industries, qui, selon les Américains, contribua au développement d?armes chimiques. A l'époque, des traces d'un composant du gaz VX, dont la formule fut exclusivement utilisée par l'Irak, ont également été retrouvés dans un échantillon prélevé par la CIA dans l'usine Al-Schifa. (...)

L'Irak et Al-Quaeda partageaient en outre la même hostilité à l'égard des Etats-Unis. Dans sa déclaration de guerre contre les Etats-Unis et l'Occident en date du 23 août 1996, intitulée «Message d'Oussama Ben Laden à ses frères musulmans dans le monde et spécialement dans la péninsule arabique», le leader d'Al-Quaeda s'engage sans détour aux côtés du peuple irakien : «les enfants de l'Irak sont nos enfants (...) notre sang a coulé en Irak.» De même, dans une interview accordée en 1996 [dans le Sunday Times], Ben Laden déclare que «tuer des écoliers irakiens est assimilable à une croisade contre l'Islam» et il affirme, la même année, que son réseau couvre désormais treize pays, dont l'Irak.

Du côté irakien, certaines déclarations ont pu, en outre, laisser penser que le régime de Saddam Hussein n'était pas étranger aux attentats du 11 septembre 2001. Ainsi, le jour même, la chaîne officielle irakienne commenta en ces termes les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone : «Le cow-boy américain récolte les fruits de ses crimes contre l'humanité. C'est un jour maudit dans l'histoire de l'Amérique, qui goûte l'amère défaite de ses crimes et de son rejet de la volonté des peuples de mener une vie libre et décente. Les explosions de masse sur le centre du pouvoir américain, en particulier le Pentagone, sont un coup douloureux porté aux politiciens américains pour qu'ils cessent leur illégitime hégémonie et leurs tentatives pour imposer leurs règles aux peuples. Ce n'est pas une coïncidence si le World Trade Center a été détruit lors de missions suicides. (...) Ces opérations expriment le rejet de la politique insouciante des Américains. [...]»

De même, un poème récité en présence de Saddam Hussein, le 3 décembre 2001, dans une séquence télévisée, célèbre le «triomphe sur l'injustice» par la mort de «6'000 infidèles», et proclame que «Ben Laden n'y est pour rien», mais que c'est le fait de «la chance de Saddam.»

Au-delà des discours, il est un fait qui n'est plus discuté depuis la fin de l'année 2001 : l'Irak est apparu comme une zone de repli stratégique pour les militants de l'organisation terroriste pourchassés en Afghanistan, avant de devenir une base opérationnelle après le renversement du régime du raïs.

L'éclairage le plus troublant sur ces récentes relations entre l'Irak et Al-Quaeda provient des organisations islamistes kurdes Jund Al-Islam et Ansar Al-Islam (la seconde a succédé à la première). En attestaient les déclarations de son principal dirigeant, le mollah Krekar, réfugié en Norvège, et qui déclarait, en 2002, considérer Ben Laden comme «la tête de l'Islam». Sans compter le rôle que joue dans ce mouvement un membres fort actif d'Al-Quaeda : Abou Moussab Al-Zarkawi. Selon le mollah Krekar, Ansar Al-Islam [600 membres à la veille de 2003] aurait accueilli Oussama Ben Laden le 1er novembre 2001 pour l'enregistrement d'un message diffusé par la chaîne Al-Jazira.

L'examen détaillé des relations entre l'Irak et Al-Quaeda révèle certes plus que de simples contacts épisodiques. Ces deux acteurs de la scène moyen-orientale, outre leur haine commune des Etats-Unis, ont su faire converger ponctuellement leurs intérêts.

 

 

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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 00:00

Spécial : les liens entre Saddam et Al-Quaeda : le dossier accablant (1)

 

Roland Jacquard est expert français auprès des pays membres du Conseil de Sécurité de l'ONU et du Conseil de l'Europe, président de l'Observatoire international du terrorisme et du Centre d'études des menaces contemporaines. Extraits de Au nom d'Oussama Ben Laden, Paris, Livre de Poche, 2001, pp. 204-207

 

Oussama Ben Laden a approché l'Irak à trois reprises par des canaux diplomatiques. La première tentative a eu lieu à Ankara (...). Sans même consulter Bagdad, l'ambassadeur qui avait, semble-t-il, déjà eu des instructions en ce sens, n'a donné aucune suite à cette demande.

            Un autre émissaire s'est présenté en juin 1997 à l'ambassade irakienne du Caire. (...) En dépit de contreparties alléchantes, la mission (...) capota aussi.

            Le contact suivant aura lieu peu après, toujours en 1997, tandis que la tension est au plus haut entre Bagdad et Washington. (...) Cette troisième et dernière initiative ne sera pas plus couronnée de succès que les précédentes : les Irakiens sont laïcs, ils se méfient des islamistes par principe et Oussama Ben Laden n'est pas crédible à cause de son cléricalisme ostentatoire ; pour eux, sa parole ne vaut rien, Qusaï Saddam Hussein, le fils du président, qui qualifie Oussama Ben Laden de «faux jeton», ne lui fait pas assez confiance au point de risquer d'exposer le régime à de nouvelles campagnes internationales de presse alors que ce dernier est déjà bien mal traité dans les médias. De plus, une coopération aventurière avec le Séoudien déchu remettrait en cause le projet de Saddam Hussein de renouer avec l'Arabie Saoudite.

            Il semble cependant que cette version ne soit que la version avouable, la version dite «PC», ou politiquement correcte... Il existerait, selon les mêmes sources, un autre scénario plus conforme à la mentalité calculatrice de Saddam Hussein et de ses services spéciaux. En 1998, ces derniers, après avoir décliné toutes les offres de collaboration parvenues jusqu'à eux par des canaux diplomatiques officiels, auraient établis avec Ben Laden une «connexion» opérationnelle secrète à Manille ou au Cachemire. Difficile en effet pour l'Irak d'ignorer un Arabe comme Oussama Ben Laden qui «humilie aussi efficacement les Américains»... C'est le colonel Khairallah al-Tikriti, frère du chef des Moukhabarat, les services de renseignement, qui aurait été nommé officier traitant de cette relation. L'arrestation de deux Marocains proches de Ben Laden à Rabat le 11 novembre 1998 a permis d'établir avec certitude l'existence de ce lien. Selon les Occidentaux, les services irakiens auraient à cette date cherché à s'assurer de l'aide des réseaux d'Oussama Ben Laden, au cas où l'Irak serait à nouveau attaqué par les Etats-Unis, afin de perpétrer des attentats dans des pays arabes contre des cibles américaines.

            Selon des sources arabes en prévision d'un prévisible revirement de Kaboul, Ben Laden est en contact discret, depuis septembre 2000, avec des hommes d'Oudaï Hussein, autre fils de Saddam : le terrain d?entente est le combat anti-israélien et anti-américain. Ben Laden et les Irakiens auraient échangé des informations sur les armes chimiques et biologiques malgré l'opposition de certains dirigeants de Bagdad, tel Tarek Aziz.

 

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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 00:00

La France protège bien le Hezbollah au Liban sud, comme prévu...

Va-t-on assister, pour la première fois de l’Histoire à un affrontement armé entre Tsahal et les forces françaises intégrées à la Finul? Ce n’est pas une rumeur colportée par des médias mal intentionnés, mais une crainte exprimée par Amir Peretz le ministre israélien de la Défense, à la suite de mises en garde d’officiers français stationnés au Liban-sud. Ces derniers menacent en effet de tirer sur les avions de l’armée de l’air israélienne, qui poursuivent leurs missions d’observation au dessus du pays du Cèdre tant que les soldats de Tsahal enlevés par le Hezbollah ne sont pas libérés, et tant que l’approvisionnement en armes de la milice chiite radicale n’est pas complètement stoppé. Ces conditions mises au retrait israélien du Sud Liban figurent en toutes lettres dans la résolution 1701 des Nations-Unies. On imagine les conséquences d’une telle action dans la région et en France! Car on ne voit pas les F16 israéliens se laisser “canarder” sans riposter sur les positions françaises au Sud Liban. Pour la communauté juive française, cela serait une tragédie. Pour l’instant, c’est “silence radio” à Paris sur cette affaire, qui semble embarrasser les hautes sphères de l’exécutif. On pourra constater, à la lecture de la dépêche de l’AFP traitant de cette question, l’impasse faite sur les propos d’Amir Peretz mettant en cause les officiers français. Le colonel Lalanne-Berdouticq, qui selon Metula News Agency, aurait proféré de telles menaces a-t-il agi de sa propre initiative où, ce qui est plus probable en parfait accord avec le chef de la Finul, le général français Alain Pellegrini, et le Quai d’Orsay ?

http://extremecentre.org/2006/10/18/vers-un-affrontement-arme-franco-israelien/#more-3199

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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 00:00

Israël et les Etats-Unis, détestables aux yeux des personnes gravement atteintes d'une nouvelle forme de néo-nazisme oriental, ont droit à un traitement particulier, tant en diplomatie qu'en couverture médiatique.  

Ces jours-ci, place aux reprises de citations hors contexte . Un animateur d'ABC News interroge Bush à propos d'une allusion d'un journaliste (du NY Times) entre l'offensive du Têt, pendant la guerre du Vietnam, et la situation en Irak. Bush répond : "il pourrait avoir raison. " Les journalistes en sont restés là. Vietnam-Irak, ça fait un joli titre : http://www.lefigaro.fr/international/20061019.WWW000000243_bush_accepte_de_comparer_la_situation_au_vietnam.html

Mais écoutons ce que Bush a vraiment dit :  "A l'évidence il y a une recrudescence de violence et nous nous dirigeons vers une élection [législative américaine de la mi-novembre]. Al-Quaeda est très actif en Irak. Ils sont très dangereux, mortels. Ils n'essaient pas seulement de tuer des troupes américaines mais de provoquer des violences ethniques. Ils croient que s'ils peuvent créer suffisamment de troubles, le peuple américain deviendra las de la guerre et poussera le gouvernement à se retirer." Alors que tous les médias nous annoncent en gospel un retrait imminent d'Irak, Bush a répété qu'il n'imaginait pas retirer les troupes américaines avant la fin de sa présidence. "A mons avis, si nous partons avant que le travail ne soit accompli, Al-Quaeda trouvera un refuge depuis lequel il nous attaquera. C'est exactement ce qu'ils disent. (...) Je suis patient. Je reconnais les degrés de difficulté de la mission, mais je le dis au peuple américain : nous ne nous démontrons pas."

Récapitulons. L'offensive du Têt (1968), bien qu'ayant été une lourde défaite communiste (six fois plus de tués que les forces américaines) avait pour seul but d'affecter l'opinion américaine. (voir l'histoire de l'offensive du Têt ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Offensive_du_T%C3%AAt)  Lorsque Bush accepte la comparaison entre la situation actuelle et l'offensive du Têt, ce n'est pas pour dire que l'Irak est un nouveau Vietnam, ce qui est absurde selon tous les standards militaires et géopolitiques - et tout le monde le sait -, mais pour rappeler aux citoyens américains que l'ennemi a déjà cherché à influencer leur moral, et que les terroristes en Irak suivent les élections comme tout le monde. La confirmation de ma déduction n'a pas tardé : selon une porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, Bush dressait une comparaison entre "les efforts de propagande des combattants en Irak et des communistes du Vietnam" et n'a fait que répéter "que l'ennemi essayait d'ébranler notre détermination." 

Elémentaire, mon cher Watson ! Pourtant ce n'est pas ce qui a été retenu par nos chers médias européens. Après nous avoir dit, sans rire, que les pertes irakiennes étaient 13 fois plus importantes que dans la réalité, ils nous titrent aujourd'hui que Bush "reconnaît que l'Irak peut être comparé au Vietnam" et mettent, en sous-titre, "pour la première fois, le président américain a admis une analogie possible entre la situation de l’armée américaine en Irak et celle du Vietnam."

Vous avez dit désinformation ?

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http://drzz.over-blog.org/article-4074568.html

 

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Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /2006 00:00

Je suis devenu un lecteur attéré du Figaro. Je le lisais depuis toujours, surtout grâce aux écrits d'Ivan Rioufol, la meilleure plume de l'Hexagone, et de la modération de certains autres. Si Rioufol honore sa profession, ses collègues ont oublié la valeur première de leur métier : la recherche de la vérité.

Depuis mi-2006, les choses se sont gâtées. Le journal est gravement atteint de ce que l'on appelle communément "le syndrôme français", ou cette obsession anti-israélienne et anti-américaine, fruits de l'arabisation absurde et suicidaire de la politique étrangère française.  

Depuis l'Intifada de 2000 et, surtout, depuis la guerre du Liban, la chute accélérée de la France a rendu la rédaction du Figaro aigrie. Vexée dans son orgueil, elle tire à boulets rouges dans toutes les directions. Un compagnon de combat, David Martin, a écrit "Ci git le Figaro" : http://www.ublog.com/davereflexions/2006/10/11  et a démontré comment le quotidien qui se dit héritier de Voltaire l'est plutôt de Robespierre, comme en  témoigne son soutien à Saddam Hussein : http://www.ublog.com/davereflexions/2006/10/20 

Le deuxième quotidien de France continue à faillir à ses devoir aujourd'hui : une commission américaine, menée par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, a proposé à la Maison Blanche de négocier avec les voisins de l'Irak pour assurer la stabilité du pays. Pour le Figaro, le seul fait que Baker soit à tête de cette commission lui attribue derechef une place parmi la sainte Trinité.

La commission propose de négocier avec l'Iran et la Syrie. Personne, dans la rédaction du Figaro, ni dans les colonnes, ni dans l'éditorial, ne relève ce fait, élémentaire encore une fois : peut-on sérieusement négocier avec un pays comme l'Iran exigeant le nucléaire ? N'est-il pas logique d'imaginer que l'Iran exigera le nucléaire contre d'hypothétiques garanties de stabilité en Irak ? Et la question corrolaire : peut-on décemment donner le nucléaire à un pays dont le dirigeant a répété, aujourd'hui, qu'"Israël est voué à disparaître" ?

Toutes ces questions sont posées sur CNN, dans le Washington Times, dans le Washington Post et même dans le New York Times. Dans la démocratie pluraliste des Etats-Unis, les Démocrates ne peuvent approuver la proposition de Baker sans être pris à parti par leurs opposants. Nul équivalent dans le Figaro. Un philosophe, qui a écrit dans le journal, est aujourd'hui menacé de mort. Personne, au sein des journalistes, ne semble avoir réalisé que l'islam radical les a pris pour cible. Ou peut-être qu'ils l'ont réalisé, et ont décidé de baisser la tête. Où est passé Jean Moulin ?

Puisqu'il a passé l'arme à gauche - dans les deux sens du termes - le journal doit soutenir Chirac qui lisse le turban des mollahs pour des motifs économiques. Que cet Iran puisse disposer de l'arme nucléaire, déstabiliser la région et menacer d'atomiser Israël, le Figaro s'en moque éperdument. Il y a moins de soixante-dix ans, la droite française avait déjà son idée sur le destin que méritaient les Juifs, et si les temps ont passé, les vieilles rengaines reviennent inévitablement.

Ainsi, fruits de ce cheminement intellectuel déshonorant, on peut lire aujourd'hui les "analyses" du Figaro : http://www.lefigaro.fr/international/20061020.FIG000000141_bush_craint_l_effet_irak_sur_ses_legislatives.html

Un éditorial nous apprend que Bush va retirer les troupes d'Irak. Dans une interview diffusée avant-hier, le Président Bush disait pourtant qu'il ne comptait pas du tout se retirer d'Irak, mais le Figaro nous affirme que si, envers et contre tout : "Irak : un retrait très politique" titre l'éditorial.  Dans un texte suitant l'auto-suffisance d'un commentateur qui ne saisit pas ce qui est en train de se dérouler en dehors d'Île-de-France, on retrouve un pot-pourri de tout ce qui a conduit la France au désastre : orgueil, leçons, irresponsabilité, manque de vision planétaire, jalousie... Le gouvernement français rêve au retour du statu-quo, où il pourrait continuer à engraisser les dictateurs du Moyen Orient, reprendre à son compte l'antisémitisme hitlérien du monde arabe et rêver de "grandeur de la France". Ce pays lamentable s'assume  de plus en plus comme la honteuse République de Vichy bâtie naguère. Puisse un jour l'Histoire traîner les rédacteurs du Figaro devant les fours crématoires qu'ils auront contribués à créer.

La commission Baker ne sera pas approuvée. On le sait à Washington. Elle peut servir de moteur à des réformes dans l'Irak même, mais jamais les Etats-Unis n'approuveront une politique qui offrirait des ADM à l'Iran et placerait le monde libre en danger de mort.

Mais cela, vous ne le lirez pas dans le Figaro. Sans liberté de blâmer, il n'est point de plumes libres.

 

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Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /2006 00:00

 

Français expatrié aux Etats-Unis, Laurent Murawiec a été consultant auprès du Ministère de la Défense et chargé de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris avant de s’établir dans le Nouveau Monde ; analyste à la RAND Corporation lors de la rédaction de cet ouvrage, le célèbre institut de recherche fondé par l’US Air Force après la Seconde guerre mondiale, il travaille aujourd’hui pour le Hudson Institute à Washington, pour lequel il a notamment rédigé une stratégie alternative à la guerre contre le terrorisme.

Vive Redeker ! Vive la Liberté ! Vive la République ! Vive la France !

Metula News Agency, 14 octobre 2006 www.menapress.com

Je n’accorde pas beaucoup d’estime au général de Gaulle, celui de la Cinquième République. Avoir livré l’Algérie aux assassins, avoir abandonné les harkis et méprisé les pieds-noirs, tout cela afin de devenir le chef de file fictif du tiers-monde anti-américain, pays arabes en tête, et de pouvoir jouer “en toute liberté” la carte anti-américaine en faisant risette aux Soviets, ce fut une multiple indignité.

 Pourtant, à observer le déroulement de l’affaire Redeker, la figure du général me revient à l’esprit. Il se peut que l’ancien chef de l’Etat, rappelé d’outre-tombe, eût tenu à peu près ce langage :

 « Nul ne dicte à la France les propos que ses citoyens peuvent ou ne peuvent tenir. Que nul ne croie pouvoir lui imposer ses moeurs, ses règles et ses lois, car elle seule en a souverainement décidé. Ceux qui sont étrangers sur son sol et croient pouvoir s’y soustraire, seront expulsés ; ceux qui excipent d’une nationalité qu’ils n’honorent pas, et croient non seulement être au-dessus des lois de la France, mais lui imposer leur loi, seront pourchassés, arrêtés, jugés et condamnés.

 Ceux qui croient imposer leur loi des rues seront violemment poursuivis par les forces de l’ordre, et goûteront à la fureur d’une France qui n’accepte pas d’être défiée dans son Droit. Nos lois, nous les avons librement choisies. Nul ne peut croire qu’il puisse ni y contrevenir impunément, ni imposer les siennes. La liberté de parole est, dans notre pays, un acquis ancien et fondamental. Les Musulmans viennent de pays et d’une culture où elle n’existe pas, où la parole est captive et celui qui la prend, toujours menacé de mort dès qu’il en use contre le despote ou le zélote. Nous avons choisi notre liberté, eux ont fui son absence chez eux. Qu’ils ne s’imaginent pas que nous avons déchu au point d’accepter qu’ils prescrivent ici les mœurs auxquelles ils ont réchappé en cherchant notre asile.

 Qu’il s’agisse de foulard, de mixité dans les piscines et autres lieux publics, de coutumes alimentaires, du statut de la femme ou du discours public, de caricatures danoises ou de philosophe français, voilà soudain que le monde musulman – peu importe qu’il s’agisse de minorités, puisque la majorité n’y arrête pas leur bras – prétend faire la loi ici, comme il fait sa loi chez lui. Nous avons eu la magnanimité ou la faiblesse de ne jamais exiger la réciprocité en matière religieuse. Nous avons permis la construction des mosquées, alors que le gouvernement algérien, pour ne mentionner que lui, a persécuté les Chrétiens, les ravalant au niveau de dhimmis, sans parler de cette Arabie où la possession d’une croix ou d’une Bible est un crime. Ce que les faiseurs de fatwa exigent aujourd’hui, c’est que la Nation se mue en nation dhimmie, en nation “tolérée chez elle, et qu’elle se plie aux usages qui lui sont étrangers. En menaçant de mort la libre parole, on ne fait rien moins que vouloir dénaturer la France et la peindre aux couleurs qui sont hostiles à son génie.

 J’ai ordonné aux forces de sécurité d’identifier les auteurs de la fatwa qui vise M. Redeker. Je leur ai ordonné de débarrasser la France de cette souillure intolérable. Le professeur enseignera comme à l’accoutumée, et sa faculté de dire ce qu’il entend est et restera illimitée. Les égorgeurs n’auront aucun droit de cité dans notre pays. Vive la République ! Vive la France ! ». Ainsi aurait peut-être parlé De Gaulle…

 Même en tendant attentivement l’oreille, je n’ai perçu, ces derniers jours, aucun écho, même affadi, de tels propos de la part du gouvernement français actuel. On y a vaguement blâmé l’intolérable, en faisant la leçon au philosophe, lui enjoignant sans vergogne de modérer ses propos.

 Et pourquoi diable devrait-il modérer ses propos ? Parce que la fange des banlieues s’en enrage ? Parce que tel gouvernement arabe va froncer le sourcil ?

 Mais cette fange, elle ne s’attaque pas qu’aux philosophes, forte de son impunité, elle agresse le flicard et vient le défier intra muros. Elle menace, elle nargue, elle est à l’offensive. Et le gouvernement que l’on rencontre dans les beaux quartiers, lui, se comporte de façon passive-agressive, comme disent les psychiatres : agressif quand il n’y a aucun danger (contre les Etats-Unis par exemple), passif quand on peut craindre des représailles musulmanes si limitées soient-elles. La puanteur de l’abdication émane des palais de la République, l’avachissement de l’abandon y trône, satisfaite, pleutre, repue.

 L’affaire Redeker nous tend un triste miroir : Marianne s’y contemple, elle ne voit qu’une harengère aux prétentions nobiliaires. Ce n’est plus la Marseillaise de Rude ou la République de Delacroix, c’est une demi-mondaine, trop maquillée et trop heureuse de monnayer ses charmes flétris auprès d’un occupant, à condition qu’il lui laisse, pour l’instant, ses ors et ses fanfreluches.

 « Encore un instant, Monsieur le bourreau » disait la du Barry, la tête sur le billot !

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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /2006 00:00

Vous n'en entendrez jamais parler !

Note d'espoir dans le ciel de la liberté. Bien que de nombreux médias continuent à clamer que les Démocrates vont gagner les élections de la mi-novembre, une source, et pas des moindres, prétend que tout cela ne résiste pas à l'analyse des faits, sur le terrain.

"L'argent investis dans les campagnes parle souvent plus fort que les sondages lorsqu'il s'agit de déterminer quel candidat  va gagner les élections. Notre analyse, duel après duel,  prédit le maintien des deux majorités républicaines au Congrès."

Le magazine Barron est une filliale du Wall Street Journal spécialisée dans le conseil aux investisseurs en bourse et dans l'actualité économique et politique du pays. C'est donc une revue prestigieuse dont le sérieux des prévisions est absolument vital, pour garder son lectorat.

http://online.barrons.com/public/article/SB116138396438799484-uMRQ4ejl3lonVnJ_TXy6k9fPXls_20061121.html?mod=9_0002_b_free_features

Voilà ce que dit le le magazine Barron, 21 octobre 2006, par Jim Mac Tague :

Les Démocrates devraient revoir leurs commandes de confettis et de sifflets. Comme on le rapporte sans cesse [dans les médias], les Démocrates s'attendent à ce que l'abstention chez les Républicains, dans deux semaines, leur donne le contrôle de la Chambre des Représentants pour la première fois depuis 12 ans - et même le Sénat,  par la même occasion. Certains Républicains ont même confessé s'attendre, le jour de l'élection, à un équivalent de Little Big Horn. Pardonnez-nous notre prétention, mais nous le constatons pas, simplement.

Notre analyse, fondée sur l'observation des données de chaque course à l'investiture suggère que le parti républicain maintiendra sa majorité dans les deux chambres. Nous nous attendons à ce que la majorité républicaine perde huit sièges dans la Chambre des Représentants, soit 224 sur 435. Dans le pire scénario, notre analyse démontre que les pertes pourraient être de 14 sièges, lui laissant un siège de marge pour garder la majorité.  Mais c'est très loin  des 20 sièges perdus que certains prévoient. Au Sénat, sur 100 sièges, nous voyons le parti républicain en perdre trois, [soit conserver la majorité] avec 52 sièges.

http://www.drudgereport.com/flash7.htm

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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /2006 00:00

Aujourd'hui, le ministère de l'Intérieur a rendu public un document pour préparer les autorités compétentes aux prochaines vacances et aux signes émergents de nouvelles émeutes. Parmi les conseils, on notera celui-ci :

Dans le contexte de pré-campagne présidentielle, le ministre de l'Intérieur pense que le moindre dérapage, même verbal, pourrait être exploité par ses adversaires pour remettre le feu aux poudres. Après les agressions contre des agents à Corbeil, aux Mureaux ou à Epinay, des consignes de prudences ont été données : les policiers ne doivent plus trop se montrer, pour éviter les tensions.

Les habitants des banlieues qui paient leurs impôts et travaillent dur doivent se sentir rassurés que le Ministère de l'Intérieur recommande l'absentéisme policier pour lutter contre la criminalité...

Ainsi, à l'approche du premier anniversaire des émeutes de 2005, ce sont les policiers qui doivent faire preuve de vigilance face aux racailles, et non l'inverse !

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