Dimanche 15 octobre 2006
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Comme un certain nombre de personnes ont remis en doute mes précédents articles sur le sujet, je vais reprendre ici le sujet et le traiter encore plus profondément. Je compte ces prochains jours faire deux articles sur d'autres affaires qui ont secoué les Etats-Unis, fait couler beaucoup d'encre pour, en fin de compte, n'avoir aucun fondement.
Mais recentrons le sujet : les liens entre Saddam Hussein et Al-Quaeda.
Tout d'abord :
1) Un gouvernement n'est pas un groupe de personnes partageant les mêmes idées et gouvernant main dans la main. Au contraire. Il n'est pas rare que le Sénat fasse obstacle à la Maison Blanche ou que des rapports de l'un des bureaux ne soit rendu public que pour embarasser l'autre. Cela s'appelle la politique. Quelques semaines avant les élections législatives, nous avons pu entendre parler d'un rapport affirmant l'absence de liens entre Saddam et Al-Quaeda, un rapport alarmant sur le réchauffement climatique et un autre, plus comique encore, déclarant que la guerre en Irak avait encouragé le terrorisme international plutôt que de le combattre. Aucune de ces affirmations ne passera l'hiver, et elles ne sont pas destinées à le passer.
2) La Maison Blanche a réagi (Condoleezza Rice) à la publication du rapport du Sénat, et a réaffirmé que "l'Irak avait des liens avec Al-Quaeda". http://www.foxnews.com/story/0,2933,213211,00.html
Le 10 septembre 2006, Condoleezza Rice a également rappelé que Al-Zarkawi, arrivé en Irak en 2002, avait fait "des expérimentations chimiques" en Irak. Lors de l'opération "Viking Hammer", le 28-30 mars 2003, les forces spéciales américaines et les peshmergas kurdes avaient effectivement mis à jour des laboratoires chimiques dans les camps d'Ansar Al-Islam situés à Dekon, Gulp et Sargat, au nord de l'Irak. A propos de l'opération "Viking Hammer" : http://www.usnews.com/usnews/biz/interstitials/int.php?title=A%20firefight%20in%20the%20mountains%3A%20Operation%20Viking%20Hammer%20was%20one%20for%20the%20record%20books&pageURL=http://www.usnews.com/usnews/news/articles/041018/18excerpt.htm
3) Le rapport du Sénat reconnaît que 72% des documents capturés en Irak n'ont pas encore été étudiés, mais affirme que cela ne modifierait pas ses conclusions.. Comprenne qui pourra... http://article.nationalreview.com/?q=NTY4YzY3MjFmYzRiMTNjMDQ5NTJkMjliOGUwMDNhYjI
4) Les personnes intéressées par ces documents peuvent en consulter un certain nombre sur le portail numérique du Département de la Défense : http://70.168.46.200/
Le 12 juin 2006, un document issu de ce portail et traduit par un expert en renseignement a démontré qu'en 1999 les Talibans ont salué leurs "relations islamiques avec l'Irak" et ont invité des représentants irakiens en Afghanistan. Le document, issu d'un rapport d'un officier du renseignement irakien, peut être consultable ici : http://www.foxnews.com/story/0,2933,199052,00.html . La découverte de ce document n'a suscité aucun intérêt parmi les médias de gauche...
Ceux qui voudraient consulter les documents traduits (ou originaux) capturés peuvent aussi le faire ici : http://www.ctc.usma.edu/harmony_docs.asp
5) Enfin, cet article de Stéphane Hayes, daté du 9 janvier 2006, qui éclaire un peu plus les paroles de Condoleezza Rice citées ci-dessus :
L’ANCIEN RÉGIME IRAKIEN de Saddam Hussein a entraîné des milliers de terroristes Islamiques radicaux dans des camps en Irak au cours des quatre ans précédant immédiatement l’invasion américaine, selon les documents et les photographies récupérées par les militaires américains en Irak après la guerre. L’existence et le caractère de ces documents ont été confirmés au Weekly Standard par onze fonctionnaires américains.
L’entraînement secret se passait essentiellement dans trois camps - Samarra, Ramadi et Salman Pak - et a été dirigé par les unités d’élite de l’armée irakienne . Les interviews par les interrogateurs américains d’ex-fonctionnaires et chefs militaires du régime irakien corroborent ces documents. Nombre de ces terroristes venaient de groupes terroristes d’Afrique du Nord ayant des liens avec al Qaeda, les plus importants parmi ceux-ci étant le GSPC d’Algérie et l’Armée Islamique soudanaise. Environ 2,000 terroristes ont été entraînés dans ces camps iraquiens par an, entre 1999 et 2002, mettant le nombre total à plus de 8,000. Les analystes américains estiment que certains de ces terroristes sont revenus en Iraq et sont responsables des attaques actuelles contre les Américains et les Iraquiens. Selon trois fonctionnaires ayant connaissance du dossier, la Maison Blanche et les membres du Conseil de Sécurité Nationale ont été briefés sur ces conclusions en mai 2005; les hauts fonctionaires du Département de la Défense ont par la suite reçu le même briefing.
Les photographies et les documents sur les camps d’entraînement viennent d’une collection d’environ 2 millions “d’articles exploitables” capturés en Irak et en Afghanistan. Ils incluent des notes manuscrites, des documents dactylographiés, des bandes magnétiques, des vidéocassettes, des disques compacts, des disquettes et des disques durs informatiques. L’ensemble de ces documents, une fois exploités, pourrait donner aux analystes des services de renseignements US et aux membres de l’administration une idée beaucoup plus précise des activités du régime de Saddam Hussein pendant les derniers mois précédents la guerre.
La découverte de ces renseignements sur les camps d’entraînement jihadistes en Irak sont importants à deux points de vue : Ils démontent les hypothèses erronées des experts des services de renseignements américains qui nous ont dit pendant des années qu’un laïc comme Saddam Hussein ne travaillerait jamais avec les radicaux islamistes, de la même manière que les jihadistes ne travailleraient pas avec un infidèle comme le dictateur irakien. Ils nous rappellent aussi que des renseignements de grande valeur restent enterrés dans la montagne de documents récupérés en Afghanistan et Iraq pendant ces quatre dernières années.
Presque trois ans après l’invasion américaine de l’Irak, seulement 50,000 de ces 2 millions “d’articles exploitables” ont été examinés avec précision, soit 2.5%. Malgré le travail des individus alloués au projet de “DOCEX”, le processus n’avance pas assez vite, dit Michael Tanji, un ancien fonctionnaire de la Defense Intelligence Agency qui a aidé à mener l’effort d’exploitation des documents depuis 18 mois. “À ce rythme,” dit-il, “si nous continuons à nous approcher de DOCEX d’une manière linéaire, nos arrière-petit-enfants seront toujours a travailler sur le sujet.”
La plupart des 50,000 documents traduits sont directement en rapport avec les armes de destruction massives et les programmes scientifiques iraquiens, puisque David Kay et son Iraq Survey Group - qui ont été les premiers à analyser ces trouvailles - considéraient que c’était la priorité . “Au début, si ce n’était pas WMD, ce n’était pas traduit, ce n’était pas exploité,” dit un ancien officier des renseignement militaires qui a travaillé sur les documents sur le terrain, en Iraq.
“Nous avions des cartons de dossiers des services de renseignements iraquiens - leurs noms, leurs emplois, toutes sortes de renseignements détaillés,” dit ancien officier de renseignement militaire. “Dans une insurrection telle que celle qui existe actuellement , çà ne serait pas utile ?”
Combien de ces documents non exploités pourraient nous aider à comprendre mieux le rôle de l’Irak dans le soutien transregional au terrorisme ? Combien de ces documents pourraient fournir des renseignements importants sur les gens memes - Baassistes, anciens fonctionnaires de régime, Fedayeens de Saddam, djihadistes étrangers qui se sont entraînés en Irak - contre lesquels les soldats américains luttent en Irak aujourd’hui ? Ce que nous ne savons pas n’est-il pas littéralement en train de nous tuer?
LE 17 NOVEMBRE 2005, le représentant du Michigan Pete Hoekstra a écrit à John Negroponte, le directeur national des renseignements. Hoekstra est le chairman du House Intelligence Committee. Il a fourni à Negroponte une liste de 40 documents récupérés en Irak et en Afghanistan et a demandé de les voir. Les documents ont été traduits ou résumés, ont reçu des titres par les analystes et ont ete saisis dans une base de données gouvernementale connue comme sous le nom d’HARMONIE. La plupart d’entre eux sont non classifiés.
“Je peux vous dire que j’atteins un point de frustration extrême,” a dit Hoekstra, dans une interview téléphonique jeudi dernier. Son ton exaspéré rendait la précision inutile. “C’est juste une indication de plus qu’au lieu d’avoir une communauté du renseignement légère et rapide, nous avons toujours une bureaucratie lourde qui ne peut pas donner au chairman du Intelligence Committee des réponse relativement rapidement . Je dirais même plus, ils ne peuvent même pas me donner de réponses lentement.”
D’autres membres de Congrès - parmi lesquels le Représentant Dana Rohrabacher et les Sénateurs Rick Santorum et Pat Roberts - ont aussi demandé plus de renseignements à l’administration Bush sur le statut de cette importante collection de documents. Santorum et Hoekstra en ont parlé personnellement avec Président Bush. Cette pression externe a déclenché une discussion aux plus haut niveau de l’administration. Après plusieurs semaines de discussion, un consensus a émergé : la vaste majorité de ces 2 millions de documents devrait être rendue publique aussitôt que possible.
Le ministre de la défense Donald Rumsfeld a convoqué plusieurs réunions ces dernières semaines pour discuter du rôle du Pentagone pour accélérer le processus de publication de ces renseignements. Selon plusieurs sources familières avec son opinion sur le sujet, Rumsfeld pousse agressivement pour une révélation publique massive des documents capturés.
http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/006/550kmbzd.asp?pg=1
7) Ceux qui voudraient un résumé exhaustif en anglais peuvent imprimer ce court document pdf sur le sujet : http://hudson.org/files/publications/murdocksaddamarticle.pdf
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