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drzz

Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 00:00

Vous n'en entendrez jamais parler !

Le président Bush passe en mode attaque ! Comme à son habitude, il a attendu les dernières semaines pour asséner les coups les plus violents contre ses adversaires. En 2004, cette stratégie avait été payante. Jeudi, Dubya a qualifié le parti démocrate de "parti de la défaite" :  

"Les enjeux de cette guerre sont importants, et ceux de novembre le sont également. Les Américains doivent faire un choix entre deux partis avec deux approches différentes de la guerre contre la terreur. Cinq ans après le 11 septembre, la pire attaque de l'histoire contre l'Amérique, les Démocrates n'offrent rien de plus que des critiques, de l'obstruction et des débats sans fin. Le parti de FDR (Franklin Delano Roosevelt), le parti de Harry Truman, est devenu le parti de la défaite.

La vision de notre parti est claire. Nous voyons les enjeux, nous comprenons la nature de l'ennemi. Nous savons que l'ennemi veut nous attaquer à nouveau. Nous n'attendrons pas pour lui répondre Nous n'allons pas attendre qu'il nous agresse une nouvelle fois pour répliquer."

Mercredi, Bush avait accusé les Démocrates d'être "naïfs" et de vouloir désinformer le peuple américain en ayant cité des extraits d'un rapport sur la situation en Irak. Selon le rapport, la guerre en Irak a créé "un nouveau genre de terroriste". Les Démocrates ont affirmé que cela voulait dire que l'Irak avait alimenté le terrorisme, logique absurde immédiatement servie aux petits Européens...

Ils auraient bien pu dire qu'il y avait plus de violence lorsque les Etats-Unis ont déclaré la guerre au Japon qu'avant qu'ils ne le fassent, cela n'aurait pas été plus ridicule...

Il faudrait que quelqu'un leur dise qu'il ne s'agit pas d'une guerre "contre le terrorisme" mêlant ETA, IRA et maoïstes népalais avec Al-Quaeda, mais de guerre contre l'islamo-fascisme qui menace la vie de 1.5 milliards de musulmans et des valeurs occidentales, contre lesquels il est dirigé. Cette guerre doit être menée contre les régimes qui forment et alimentent cet islamisme terroriste, et tant que ces régimes ne seront pas renversés et le Moyen Orient ne connaîtra pas la libre entreprise, la démocratie et la prospérité, l'islamisme ne sera jamais marginalisé.

Mais quand on ne veut pas faire la guerre et rêver à la période de Clinton, ce genre de raisonnement n'existe pas... Même chose pour l'Europe. En 1992, pour le vote de Maastricht, les affiches européennes proclamaient, en toutes lettres, "la guerre, c'est fini !" Ce qui est fini, ce n'est pas la guerre, mais la volonté européenne de se défendre....

Si l'Europe flanche, Bush, lui, repart à l'attaque !

 

 

Par drzz - Publié dans : drzz
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 00:00

par Natan Sharansky, Ministre israélien des Affaires de la Diaspora.

Traduit de l'anglais par Simon Pilczer (Primo Europe)

 Aucune haine n'a d'histoire aussi riche et létale que l'antisémitisme. "La plus ancienne haine" comme l'historien Robert Wistrich l'a surnommée. Au cours de millénaires, l'antisémitisme a infecté une multitude de peuples, de religions et de civilisations, au cours desquels une multitude d'horreurs furent infligées aux victimes juives. Mais alors qu'il n'y a aucune discussion sur l'impressionnante ampleur du phénomène, il y a de façon surprenante peu de consensus sur sa ou ses cause(s). En effet, trouver une seule cause semblerait une tache trop difficile - l'incidence de l'antisémitisme est trop fréquente, l'étendue de temps trop large, les lieux trop nombreux, les circonstances trop variées.

Il n'est pas douteux que c'est pourquoi certains universitaires en sont venus à considérer chaque éruption comme essentiellement unique, niant qu'une ligne droite puisse être tracée de l'antisémitisme du monde antique à celui d'aujourd'hui. Qu'il s'agisse de l'attaque contre les juifs d'Alexandrie en l'an 38 ou celles qui survinrent 200 ans plus tôt dans l'ancienne Jérusalem, que ce soit l'affaire Dreyfus des années 1890 en France ou de la " nuit de cristal " à la fin des années 1930 en Allemagne - chaque évènement est considéré comme le résultat d'un mélange de forces politiques, sociales, économiques, culturelles et religieuses qui excluent la possibilité d'une cause récurrente ou plus profonde. Une version moins extrême de cette même approche identifie certains modèles d'antisémitisme, mais seulement à l'intérieur " d'ères " individuelles et distinctes. En particulier, une distinction est tracée entre la haine d'assise religieuse du Moyen Age, et la haine d'assise raciale de l'ère moderne.

La responsabilité des vagues qui ont englobé l'Europe depuis l'époque de Constantin jusqu'à l'aube du siècle des lumières repose largement à la base de l'église et de ses ramifications, alors que les convulsions survenues au cours des trois siècles suivant sont considérées comme le dérivé de la montée d'un nationalisme virulent. Evidemment, séparer des évènements ou des ères possède ses avantages, permettant aux chercheurs de se concentrer plus intensivement sur des circonstances spécifiques et d'examiner les éruptions individuelles du commencement à la fin. Mais ce que ces explications peuvent gagner en puissance explicative locale, elles le sacrifient en compréhensibilité. De plus, si chaque évènement ou ère d'antisémitisme est largement différente d'une autre, comment expliquer la férocité cumulative du phénomène ? En réponse à cette question, certains universitaires ont tenté d'offrir des explications historiques diachroniques de plus grande ampleur. Les deux les mieux connues sont peut-être la théorie du " bouc émissaire ", selon laquelle les tensions dans une société sont régulées et évacuées en mettant la faute sur un groupe plus faible, souvent les Juifs, pour ce qui perturbe la majorité, et la théorie de la " diabolisation ", selon laquelle les Juifs ont été projetés dans le rôle de " l'autre " suivant un besoin apparemment perpétuel de ceux qui sont religieusement, éthiquement, ou racialement différents.

Clairement, selon cette approche sociologique, l'antisémitisme émerge en tant que phénomène juif nominalement seulement. Ou plutôt, il n'est que la variante d'une famille de haines qui comprennent le racisme et la xénophobie. Ainsi, la violence spécifiquement antijuive en Russie au tournant du 20ème siècle a autant en commun que le nettoyage ethnique en Bosnie au tournant du 21ème siècle comme il en a avec le massacre des Juifs en Ukraine au milieu des années 1600. Prise dans sa conclusion logique, cette théorie conduirait à redéfinir l'Holocauste - et selon certains universitaires, elle a redéfini l'Holocauste - comme un acte de racisme le plus destructeur plutôt que comme la campagne la plus meurtrière jamais dirigée contre les Juifs. Réagissant à ces tendances universalistes il y a un demi-siècle, Hannah Arendt a cité un fragment de dialogue d'une " plaisanterie qui était racontée après la première guerre mondiale " : Un antisémite déclarait que les Juifs avaient provoqué la guerre. ; la réponse fut : oui, les Juifs et les cyclistes. Pourquoi les cyclistes, demanda le premier ? Pourquoi les Juifs, demanda l'autre ? George Orwell offrit une observation semblable en 1944 : " Aussi vraie que la théorie du bouc émissaire puisse s'avérer en termes généraux, elle n'explique pas pourquoi les Juifs plutôt que quelque autre groupe minoritaire soient choisis, pas plus qu'elle n'explique dans quel but ils sont désignés comme bouc émissaires ". Quelles que soient les insuffisances de ces approches, je doit reconnaître que mon propre passé de théoricien n'est pas meilleur.

  Il y a trois décennies, en tant que jeune dissident en Union soviétique, je réunissais des rapports secrets sur l'antisémitisme pour les journalistes étrangers et les diplomates occidentaux. A cette époque, je croyais fermement que la cause de la " maladie " était le totalitarisme, et que la démocratie était le moyen de la guérir. Quand le régime soviétique en viendrait à être remplacé par la règle démocratique, je pensais que l'antisémitisme allait s'atrophier. Dans la lutte pour cet objectif, le monde libre, qui à la suite l'Holocauste était apparu s'être vacciné contre une récidive de la haine meurtrière antijuive, était notre allié naturel, l'entité politique ayant à la fois les moyens et la volonté de combattre le grand démon. Aujourd'hui, j'en sais plus. Cette année, après la publication d'un rapport d'un forum du gouvernement israélien en charge d'aborder la question de l'antisémitisme, j'ai invité dans mon bureau les ambassadeurs de deux pays qui ont dépassé tous les autres dans la fréquence et l'intensité des attaques antijuives à l'intérieur de leur territoire. Ces émissaires étaient ceux de France et de Belgique - deux démocraties matures au cœur de l'Europe occidentale. Ce fut dans ces bastions ostensibles des lumières et de la tolérance que les cimetières juifs furent profanés, des enfants agressés, et des synagogues brûlées.

 Certainement, l'antisémitisme aujourd'hui envahissant en Europe occidentale est très différent de l'antisémitisme que j'ai rencontré il y a une génération en Union soviétique. Dans ce dernier cas, il était alimenté par une discrimination systématique du gouvernement envers les Juifs. Dans le premier cas, le gouvernement s'y est amplement opposé et l'a condamné (bien qu'avec beaucoup moins de vigilance qu'il n'aurait fallu). Mais cela ne fait que rendre l'antisémitisme dans les démocraties plus troublant, brisant l'illusion - qui était loin d'être seulement la mienne - qu'un gouvernement représentatif est un antidote infaillible à la haine active des Juifs. Une autre illusion brisée est même plus pertinente dans notre recherche. Choqué par l'antisémitisme viscéral dont il fut le témoin lors du procès de Dreyfus dans la France des présumées Lumières, Théodore Herzl, le fondateur du sionisme moderne, devint convaincu que la cause primaire de l'antisémitisme était la condition anormale des Juifs. : un peuple sans son propre état.. Dans son œuvre maîtresse, " l'Etat Juif " (1896), publiée deux ans après le procès, Herzl eut la vision de la création d'un tel état, et prédit qu'une émigration de masse de Juifs européens se produirait vers cet état et conduirait à la fin de l'antisémitisme. Bien que son traité politique apparemment utopique devînt finalement l'un des livres du 20ème siècle parmi les plus prescients, sur ce point, l'histoire n'a pas été tendre avec Herzl ; personne ne pourrait sérieusement soutenir aujourd'hui que l'antisémitisme en est venu à sa fin avec la fondation de l'état d'Israël.

 Au contraire, cette illusion là a fait un tour complet : alors qu'Herzl et la plupart des sionistes après lui croyaient que l'émergence d'un état juif mettrait fin à l'antisémitisme, un nombre croissant de personnes aujourd'hui, y compris des Juifs, sont convaincus que l'antisémitisme ne prendra fin qu'avec la disparition de l'état d'Israël. J'ai d'abord rencontré cette idée il y a très longtemps, en Union soviétique. Dans la période précédente, pendant et après la guerre des six jours de 1967 - à une époque où moi-même et beaucoup d'autres vivaient un réveil grisant de notre identité juive - la presse soviétique était emplie d'attaques virulentes contre Israël et le sionisme, et une vague d'antisémitisme officiel fut déchaînée pour les accompagner. Pour les rares Juifs soviétiques qui avaient fait de leur mieux pour se mêler à la vie soviétique, Israël devint soudain un rappel discordant de leur véritable statut au sein du " paradis des travailleurs " : Piégés dans un monde où ils n'étaient ni libres de vivre ouvertement en tant que Juifs, ni d'échapper au stigmate de leur judéité.

 Pour ces Juifs, Israël devint une part du problème, et non (comme ce l'était pour moi et les autres) une part de la solution. En exprimant ce qui était sans doute un sentiment partagé, l'un de mes parents éloignés plaisanta : " Si seulement Israël n'existait pas, tout serait parfait ". Dans les décennies écoulées, et particulièrement au cours des trois dernières années, la notion qu'Israël est l'une des principales causes de l'antisémitisme, si ce n'est LA principale cause, a gagné une audience de plus en plus large. Le monde, aussi bien selon nos amis et nos ennemis, hait de plus en plus les Juifs parce qu'il hait de plus en plus Israël. C'est sûrement ce que l'ambassadeur belge avait en tête quand il m'informa pendant sa visite que l'antisémitisme dans son pays cesserait quand les Belges n'auraient plus à voir des images à la télévision de Juifs israéliens opprimant des Arabes palestiniens. Évidemment, l'état d'Israël ne peut être la cause d'un phénomène qui le précède de 2000 ans. Mais pourrait-il être considéré comme la cause de l'antisémitisme contemporain ? Ce qui est certain c'est que, où que l'on regarde, l'état juif apparaît être au centre de la tempête antisémite - et nulle part bien sûr plus qu'au Moyen-Orient. La montée d'un contenu brutalement antisémite disséminé par des médias arabes dirigés au niveau étatique est très frappante, et a été solidement documentée. Les propagandistes arabes, journalistes, et universitaires, emploient maintenant régulièrement les méthodes et le vocabulaire utilisés pour diaboliser les Juifs européens pendant des siècles - désignant les Juifs comme des assassins du Christ, les accusant d'empoisonner les non-juifs, fabricant des calomnies sanglantes, et ainsi de suite.

  Dans une région où la foi chrétienne a peu d'adeptes, un antisémitisme épouvantable et véhiculé autrefois par les chrétiens peut se targuer d'une énorme postérité. Pour prendre un seul exemple : en février passé, le gouvernement égyptien, formellement en paix avec Israël, trouva expédient de diffuser sur la chaîne dirigée par l'état une série en 41 épisodes du faux tsariste infâme sur une conspiration juive universelle pour dominer l'humanité, " les Protocoles des Sages de Sion ". Pour s'assurer du meilleur audimat, l'émission fut passée à l'antenne, à l'heure de meilleure écoute, au moment où des millions de familles cassaient le jeûne traditionnel du ramadan, la télévision satellite arabe a ensuite rediffusé la série à des dizaines de millions de spectateurs de plus à travers le Moyen-Orient. En Europe, La connexion entre Israël et l'antisémitisme est aussi visible. Pour une chose, le timing et la nature des attaques contre les Juifs européens, qu'elles soient physiques ou verbales, ont toutes tourné autour d'Israël, et la vague antisémite elle-même, qui a commencé peu après que les Palestiniens eurent lancé leur campagne terroriste contre l'état juif en septembre 2000, a atteint un pic (jusqu'à présent) quand Israël a lancé l'opération défensive " Bouclier ", à la fin de mars 2002, mois au cours duquel 125 Israéliens ont été tués par des terroristes.

 Bien que la plupart des agressions physiques en Europe fussent perpétrées par des Musulmans, la plupart des agressions verbales provint des élites européennes. Ainsi, le journal italien La Stampa publia-t-elle un dessin de l'enfant Jésus posé au pied d'un tank israélien, suppliant : " Ne me dites pas qu'ils veulent me tuer de nouveau ". Les fréquentes comparaisons d'Ariel Sharon avec Adolf Hitler, des Israéliens aux nazis, et des Palestiniens aux victimes juives de l'Holocauste n'étaient pas l'œuvre de voyous peinturlurant des graffiti sur les murs d'une synagogue, mais d'enseignants universitaires et d'éditorialistes sophistiqués. Comme le lauréat du prix Nobel de littérature, l'écrivain José Saramago le déclarait du traitement des Palestiniens par les Israéliens : " Nous pouvons comparer cela avec ce qui advint à Auschwitz ". La centralité d'Israël dans la renaissance d'un antisémitisme plus généralisé est aussi évidente dans l'arène internationale. Près d'un an après le début de l'épisode actuel de violence palestinienne, et après que des centaines d'Israéliens eurent été assassinés dans des autobus, des discothèques et des pizzerias, une soi-disant conférence mondiale contre le racisme fut organisée sous les auspices de l'ONU à Durban, en Afrique du Sud. Elle se transforma en un cirque antisémite, l'état juif étant accusé de tous les maux, depuis le racisme et l'apartheid jusqu'au crime contre l'humanité et au génocide. Dans ce théâtre de l'absurde, les Juifs eux-mêmes furent figurés en instigateurs d'antisémitisme, alors qu'Israël était dénoncé pour " pratiques sionistes contre le sémitisme " - le sémitisme, faut-il le dire, des Arabes palestiniens. Naturellement alors, en cherchant la " la cause à la racine " de l'antisémitisme, l'état juif pourrait apparaître comme le suspect numéro un. Mais Israël, cela doit être clair, n'est pas coupable. L'état juif n'est pas davantage la cause de l'antisémitisme d'aujourd'hui que l'absence d'un état juif ne fut sa cause il y a un siècle.

 Pour savoir pourquoi, nous devons d'abord évaluer que la ligne toujours trompeuse entre l'antisionisme et l'antisémitisme est devenue maintenant complètement indistincte: Israël est effectivement devenu le Juif du monde. Depuis les mosquées du Moyen-Orient, le cri à vous figer le sang dans les veines n'est pas " Mort aux Israéliens" mais " Mort aux Juifs ". Dans les cercles plus civilisés, un éditorialiste du " London Observer " annonce fièrement qu'il ne lit pas les lettres publiées en soutien à Israël qui sont signées par des Juifs. (Que la commission des plaintes de la presse britannique ne trouvât rien à redire à cette déclaration, permet simplement de montrer à quel point les choses ont changé depuis qu'Orwell écrivait de la grande Bretagne en 1945 qu' " Il n'est plus possible désormais, en effet, que l'antisémitisme puisse être respectable "). Quand la discussion dans des dîners en ville huppés en Europe roule sur le Moyen-orient, l'atmosphère, nous en avons été informés de source fiable, se teinte d'antisémitisme à l'ancienne. Pas moins révélateur ce que l'on pourrait appeler les " mécaniques " de la discussion. Pendant des siècles, un signe clair de poussée antisémite à l'œuvre fut l'utilisation de deux poids deux mesures : le comportement social qui passe sans commentaires chez d'autres, ou bien avec la mise en cause la plus légère devient, s'il est utilisé par des Juifs, le prétexte d'une dénonciation globale du groupe. Un tel double standard est appliqué aujourd'hui sans répit à l'état juif.

 C'est l'Israël démocratique, pas une seule des douzaines de régimes tyranniques représentés à l'assemblée générale des Nations Unies, que cet organisme isole pour le condamner dans des douzaines de résolutions chaque année. ; C'est contre Israël - pas Cuba, la Corée du nord, la Chine, ou l'Iran - que la commission des Droits de l'Homme de l'ONU, récemment dirigée par la blanche comme neige Libye, dirige près du tiers de son courroux officiel ;c'est Israël, dont le soi-disant mauvais comportement a provoqué la seule session conjointe jamais tenue par les signataires de la convention de Genève ; C'est Israël, seul parmi les nations, qui a été récemment ciblé par des campagnes occidentales de désinvestissement ; C'est l'organisation israélienne du " Magen David Adom ", seule parmi les services d'ambulances dans le monde, qui se voit refuser le droit d'être membre de la Croix Rouge internationale ; Ce sont les universitaires israéliens, seuls parmi les savants dans le monde, qui se voient refuser des subventions de recherche, et de publier des articles dans des revues prestigieuses. Cette liste n'en finirait pas.

 L'idée qu'Israël est devenu le Juif du monde et que l'antisionisme est un substitut de l'antisémitisme n'est sûrement pas nouvelle. Il y a des années, Norman Podhoretz observa que l'état juif " est devenu la pierre de touche des attitudes envers le peuple juif, et que l'antisionisme est devenu la forme la plus importante de l'antisémitisme ". Et bien avant cela, Martin Luther King était encore moins équivoque : " Tu déclares, mon ami, que tu ne hais pas les juifs, tu es simplement antisioniste. Et moi je dis, puisse la vérité retentir depuis le sommet des montagnes, puisse son écho se répandre dans les vallées de la verte terre divine, que ceux qui critiquent le sionisme, ils signifient les Juifs - voilà la vérité de Dieu ". Mais si Israël n'est rien de plus que le Juif du monde, alors on peut dire que le monde hait de plus en plus les Juifs parce le monde hait de plus en plus Israël signifie tout autant, ou aussi peu, que de dire que le monde hait les Juifs parce que le monde hait les Juifs. Nous avons toujours besoin de savoir : pourquoi ? C'est une bonne transition pour laisser les antisémites parler eux-mêmes. Voici le raisonnement invoqué par Haman, l'infâme vice-roi de Perse dans le livre biblique d'Esther, pour convaincre son roi d'ordonner l'annihilation des Juifs (accent en italique) : " Il existe un peuple réparti et dispersé parmi le peuple de toutes les provinces de votre royaume, et leurs lois sont différentes de celles de tous les autres peuples, et ils ne respectent pas les lois du roi, de sorte qu'il n'est d'aucun bénéfice pour le roi de les tolérer. S'il plaît au roi, permettez de prescrire par écrit leur destruction. " Ceci est à peine la seule source antique pointant l'incorrigible séparation des Juifs, ou leur rejet des coutumes et des concepts moraux de la majorité, comme motif de l'hostilité à leur égard. Des siècles après que les valeurs hellénistiques se soient répandues à travers et au-delà de la Méditerranée, l'historien romain Tacite déclarait ceci : " Parmi les juifs, toutes choses que nous tenons pour sacrées sont profanes, et d'un autre côté, ils considèrent comme licite ce qui nous semble immoral… Ils se confrontent au reste du monde avec la haine que nous réservons à des ennemis. Ils ne partagent pas leurs repas, ni ne se marient avec des gentils (" goyim ")… Ils ont introduit la circoncision pour montrer qu'ils sont différents des autres… C'est un crime pour eux que de tuer tout nourrisson nouveau-né. " Philostratus, écrivain grec qui vécut un siècle plus tard, offre une semblable analyse : "Car les Juifs ont longtemps été en révolte non seulement contre les Romains, mais contre l'humanité ; c'est une race qui a construit sa vie à part et de façon inconciliable, qui ne peut partager avec le reste du genre humain les plaisirs de la table, ni se joindre à leurs libations, ni à leurs prières, ni à leurs sacrifices, ils sont séparés de nous par un plus grand fossé que celui qui nous sépare de Sura (Syrie ?) ou de Bactra dans les Indes plus lointaines. "

 Les Juifs rejetaient-ils vraiment les valeurs dominantes dans le monde antique, ou cela était-il un simple fantasme de leurs ennemis ? Alors que beaucoup des allégations soulevées contre les Juifs étaient fallacieuses - ils ne sacrifiaient pas rituellement des non-juifs, comme l'écrivain grec Apion le prétendait - certaines étaient évidemment basées sur des faits réels. Les Juifs s'opposaient aux mariages mixtes. Les Juifs refusaient de sacrifier à des dieux étrangers. Et ils considéraient avec force le meurtre d'un enfant nouveau-né comme un crime. Certains individus Juifs, beaucoup peut-être, optèrent à cette époque pour rejoindre le courant hellénistique (à la mode) ; la majorité ne le fit pas. Et de façon plus importante, les Juifs furent le seul peuple à remettre en question le système moral des Grecs. Ils n'étaient pas " un autre dans le monde antique ; ils étaient " l'autre " - Un autre, de plus, fermes dans la conviction que le judaïsme ne représentait pas seulement une autre manière de vivre, mais, en un mot, la vérité.

 La tradition juive déclare qu'Abraham ne fut choisi comme patriarche de ce qui allait devenir la nation juive qu'après qu'il eût brisé les idoles dans la maison paternelle. Ses descendants continueraient de défier le monde païen autour d'eux, se faisant les champions de l'idée du Dieu unique, et à l'opposé des autres peuples de l'antiquité, refusant de subordonner leurs croyances à celles de leurs conquérants. La perception (étendue et correcte) des Juifs rejetant le système de valeurs prévalant du monde antique justifie difficilement l'antisémitisme dirigé contre eux ; mais il extrait l'antisémitisme hors du domaine du fantasme, le transformant en une véritable confrontation d'idéaux et de valeurs. Avec l'arrivée du christianisme sur la scène mondiale, la même confrontation, basée une fois encore sur l'accusation de rejet juif, s'est multipliée par mille. Le refus du peuple de " l'ancienne alliance " d'accepter la nouvelle en vint à être défini comme une menace à la très légitime chrétienté, et comme telle requérant une réponse soutenue. Marquant les Juifs du sceau " d'assassins du Christ " et de " fils du démon ", l'église lança une campagne systématique de dénigrement de la religion mère de la chrétienté et de ses adeptes. Des accusations de profanation de l'hostie, de meurtre rituel, et d'empoisonnement des puits furent accumulées au cours des siècles, créant un baril de poudre de haine toujours plus grand.

 Avec le pouvoir grandissant de l'église et l'extension globale de la chrétienté, ces sentiments potentiellement explosifs furent transportés aux extrémités les plus éloignées du monde, emportant l'antisémitisme en des lieux où aucun pied juif n'avait encore foulé le sol. Selon certains penseurs chrétiens, les persécutions des Juifs sans pouvoir étaient justifiées comme une espèce de revanche divine pour le rejet de Jésus. Ce cachet céleste d'approbation a pu être invoqué à de nombreuses reprises à travers les siècles, spécialement par ceux qui avaient essayé et échoué à convaincre les Juifs de reconnaître la vérité supérieure de la chrétienté. Le cas le plus fameux est peut-être celui de Martin Luther : d'abord très amical avec les Juifs - quand il était jeune homme, il s'était plaint des mauvais traitements que l'église leur infligeait - Luther se transforma en l'un de leurs ennemis les plus aigres quand il réalisa que ses efforts pour les courtiser dans sa nouvelle version de la chrétienté ne porterait jamais ses fruits. Et ce modèle n'était pas uniquement pour la religion chrétienne. Mohammed, lui aussi, avait espéré attirer les communautés juives d'Arabie, et à cette fin, il incorpora d'abord des éléments du judaïsme dans sa foi nouvelle (dirigeant la prière vers Jérusalem, jeûnant à Yom Kippour, et ainsi de suite).

 Quand malgré cela, les Juifs refusèrent d'accepter son code légal, Mohammed changea de cap contre eux en cherchant vengeance, les maudissant dans des termes rappelant étonnamment les premiers pères de l'église : "l'humiliation et la détresse ont été gravées sur eux, et ils ont été frappés de la colère d'Allah. C'est pourquoi ils n'ont pas cru dans la révélation d'Allah et ont retardé le prophète injustement ". Dans ces cas aussi, nous pouvons nous demander si la perception du rejet juif était exacte. Bien sûr les Juifs n'ont pas bu le sang des enfants, n'ont pas empoisonné les puits, ni tenté de mutilé le corps du Christ, ni commis aucun des crimes sauvages dont l'église les a accusés. De plus, comme de nombreux enseignements du christianisme et de l'islam tirent leur origine de ceux des Juifs, les Juifs peuvent difficilement les renier. Mais si rejeter le monde chrétien ou musulman signifiait rejeter le credo chrétien ou islamique, alors les Juifs qui s'en tenaient à leur foi et à leur mode de vie séparé certainement les rejetaient. Cela nous mène à une différence apparente entre l'antisémitisme moderne et prémoderne. Pour beaucoup de Juifs au cours de deux millénaires, il y eut, en théorie au moins, une sortie de la persécution et de la discrimination institutionnalisées : les mondes gréco-romain, chrétien, et musulman étaient simplement trop heureux d'intégrer les convertis à leur manière de vivre.

 A l'ère moderne, ce choix s'est souvent révélé illusoire. Qu'ils soient Juifs assimilés ou non assimilés, aussi bien Juifs religieux et laïcs, furent également victimes des pogroms, persécutions et du génocide. En fait, la terreur dirigée contre les Juifs assimilés de l'Europe occidentale en a conduit certains à conclure que, loin de mettre fin à l'antisémitisme, l'assimilation contribuait en vérité à sa résurgence. Qu'est qui rend compte de cela ? Dans le monde prémoderne, Juifs et Gentils étaient largement d'accord sur ce qui provoquait le rejet juif, et donc ce qui conduirait à sa rémission : c'était surtout une affaire de croyances et de concepts moraux, et la conduite sociale qui en découlait. Dans le monde moderne, bien que la question de savoir si un Juif a mangé la nourriture ou prié le seigneur de ses voisins demeurât importante, cela était moins important qu'autrefois. A la place, le Juif était considéré comme né dans une nation ou une race juive dont les valeurs collectives étaient profondément enfouies dans le vrai tissu de son être. L'assimilation, avec ou sans conversion à la foi de la majorité, pouvait réussir à masquer le teint du fondement ; elle ne pouvait pas l'expurger. Bien que de telles considérations ne fussent pas absentes dans des périodes antérieures, la charge de la preuve que le Juif moderne devait affronter pour convaincre les autres qu'il pouvait " transcender " sa judéité était beaucoup plus grand que celui de ses devanciers.

Malgré la laïcité et l'ouverture croissantes dans la société européenne, qui auraient dû faciliter le passage aux partisans de l'assimilation, beaucoup de Juifs modernes trouvent plus difficile de devenir de vrais Français ou de vrais Allemands que leurs ancêtres n'auraient trouver à devenir Grecs ou Romains ou chrétiens ou musulmans. La nouveauté de l'antisémitisme moderne est donc non pas que les Juifs étaient considérés comme les ennemis du genre humain. En effet, l'observation d'Hitler dans " Mein Kampf " que " où que j'allais, je commençais par voir des Juifs, et plus j'en voyais, plus ils devenaient distingués à mes yeux du reste de l'humanité " ne sonne pas différemment pour moi que celui dépeint par Philostratus 1700 ans avant. Non, la nouveauté de l'antisémitisme moderne est qu'il était devenu beaucoup plus difficile - et parfois impossible - pour le Juif de cesser d'être l'ennemi du genre humain. A un examen plus attentif, alors, l'antisémitisme moderne commence à apparaître très semblable à l'antisémitisme prémoderne, mais en pire. Les Juifs modernes n'auraient pas cru qu'ils rejetaient l'ordre régnant autour d'eux, mais cela ne signifie pas nécessairement que leurs ennemis étaient d'accord avec eux. En ce qui concerne les Juifs en effet, le nationalisme européen dans sa variété " par le sol et par le sang " a simplement ajouté une autre couche peut-être plus meurtrière de haine à la fondation construite sur le préjugé religieux ancien. Comme dans le monde antique, les Juifs du monde moderne, sont demeurés " l'autre " - des "refusniks" invétérés - peu importe combien séparés, peut importe combien assimilés.

 Y avait-il un fond de vérité factuelle à ce changement ? Il faut exiger de pointer du doigt que où et quand il leur en fût donné la possibilité, la plupart des Juifs modernes se sont efforcés de devenir des citoyens modèles et ont démontré, si besoin, un talent exemplaire pour l'acculturation ; l'idée que par la vertu de leur naissance, de leur race ou de leur religion, ils étaient d'implacables ennemis de l'état ou de la nation était grotesque. De même avec d'autres libelles dirigés contre les Juifs, qui démontraient un contenu avec à peu près autant ou aussi peu de vérité que les anciens. Les Juifs ne contrôlaient pas et ne contrôlent pas les banques. Ils ne contrôlaient pas et ne contrôlent pas les médias de communication. Ils ne contrôlaient pas et ne contrôlent pas les gouvernements. Et ils ne complotent pas pour s'emparer de quoi que ce soit. Ce que certains d'entre eux ont en effet réalisé, dans divers lieux et dans des circonstances spécifiques, est de démontrer - avec une ardeur et une ténacité sans doute évocatrice de leur longue expérience nationale - un attachement aux grandes causes de haute volée, y compris, parfois, la cause de leur propre peuple. Cela a produit l'effet (pas partout, bien sûr, mais notamment dans les sociétés hautement stratifiées et/ou intolérantes) de les placer en position d'adversaires aux valeurs et idéologies dominantes, et ainsi de réveiller le dragon jamais endormi de l'antisémitisme. A cet égard, le cas de la communauté juive soviétique est particulièrement instructif. Ce qui rend le cas soviétique instructif n'est pas dans une moindre mesure le fait que l'objectif affiché du communisme était d'abolir toutes les nations, les peuples et les religions - ces grands instruments d'exclusion - sur la voie de la création d'un monde nouveau et d'un homme nouveau. Comme c'est bien connu, beaucoup de Juifs, espérant émanciper l'humanité et " normaliser " leur propre condition dans le processus, attelèrent leur destin à cette idéologie et aux mouvements associés.

 Après la révolution bolchevique, ces Juifs se montrèrent parmi les serviteurs les plus dévoués du régime soviétique. Une fois encore, cependant, la perception de l'indéracinable altérité de la judéité s'est montrée aussi létale que la réalité. Aux yeux de Staline et de ses acolytes, les Juifs, à commencer par les communistes loyaux parmi eux, étaient toujours suspects - " immigrants idéologiques " dans la phrase énoncée. Mais l'animosité alla au-delà des Juifs communistes. Le régime soviétique a déclaré la guerre à plus de 100 nationalités et religions sous sa botte ; des peuples entiers ont été déportés, des classes entières détruites, des millions de gens morts de faim, et des dizaines de millions tués. Chacun a souffert, pas seulement les Juifs. Mais des décennies plus tard, bien après que la répression stalinienne ait laissé la place au " dégel " sous Khroutchev, une seule langue nationale, l'hébreu, était encore bannie en Union soviétique ; un seul groupe, les Juifs, n'était pas autorisé à établir des écoles pour ses enfants ; c'est uniquement dans le cas d'un groupe, les Juifs, que le terme " cinquième ligne ", se référant à l'espace réservé à la nationalité sur les papiers d'identité d'un citoyen soviétique, est devenu un code de discrimination autorisée. Clairement alors, les Juifs étaient suspects en Union soviétique, comme ne l'était aucun autre groupe. Essayer comme ils pouvaient de se conformer, il advenait que se joindre au principal courant de l'humanité par le moyen de la grande cause socialiste à l'Est, n'était pas plus aisé que se joindre à l'état nation à l'ouest. Mais là n'est pas toute l'histoire, aussi. Faire peu de cas du reste n'est pas seulement commettre une injustice envers les Juifs soviétiques comme acteurs historiques de leurs propres droits mais manquer quelque chose d'essentiel au sujet de l'antisémitisme, ce qui, même s'il opère en accord avec ses propres définitions contournées et sa propre logique démente, procède presque toujours en référence à quelque qualité originale chez ses victimes désignées.

 Comme il se trouve, bien que des Juifs furent représentés de façon disproportionnée da ns les rangs des premiers bolcheviques, la majorité des Juifs russes étaient loin d'être bolcheviques, ou même sympathisants des bolcheviques. Plus important encore, des Juifs allaient aussi, à un temps donné, jouer un rôle disproportionné dans la disparition du communisme. Au milieu des années 1960, date à laquelle leur proportion globale dans la population du pays avait énormément diminué, les Juifs soviétiques constituèrent un élément significatif de " l'opposition démocratique ". Un visiteur au Goulag, ces années là aurait aussi découvert que les Juifs étaient bien en vue parmi les dissidents politiques et ceux condamnés pour soi-disant " crimes économiques ". Et même plus révélateur, dans les années 1970, les Juifs furent les premiers à mettre au défi le régime soviétique en tant que groupe national, et à le faire publiquement, en masse, avec des dizaines de milliers exigeant de quitter ce pays totalitaire. A ce stade, alors, la déclaration des antisémites soviétiques sur les " pensées juives " et les " valeurs juives " en opposition avec les normes qui prévalaient, n'était pas totalement infondée. Et à ce stade, l'antisémitisme soviétique participait des caractéristiques de tout antisémitisme. Cela ne rend pas son expression moins monstrueuse ; simplement, une fois encore, il appartient au domaine du fantasme.

 Et ainsi, nous en arrivons à aujourd'hui, et à la haine qui prend pour cible l'état d'Israël. Cet état - le Juif du monde - a pour cette caractéristique de mettre en cause deux ordres politique/moral séparés simultanément : l'ordre du Moyen-Orient arabe et musulman, et l'ordre qui prévaut en Europe de l'ouest. Le cas du Moyen-Orient est le plus facile à saisir ; celui d'Europe de l'Ouest peut être le plus menaçant. Les valeurs montantes dans le Moyen-Orient aujourd'hui sont conformées selon deux forces : le fondamentalisme islamique et l'autoritarisme étatique. Aux yeux du premier, aucun pouvoir souverain non musulman dans la région - et dans cette affaire, tout pouvoir laïc musulman - est anathème. Particulièrement exaspérante se trouve être la souveraineté juive dans une zone délimitée comme le " Dar al Islam ", domaine où l'islam est destiné à jouir d'une dominance exclusive. Une telle violation ne peut donner lieu à un compromis ; rien ne pourra y remédier si ce n'est son extirpation.

 Aux yeux des régimes arabes laïcs, les Juifs d'Israël sont pareillement un affront, mais pas tant sur des bases théologiques que sur la base de la société qu'ils ont construite: libre, productive, démocratique, une réprimande vivante aux régimes corrompus, autocratiques qui l'entourent. En bref, l'état juif est le dernier combattant de la liberté - une incarnation des libertés subversives qui menacent la civilisation islamique ainsi que la férule autocratique arabe. C'est pour cette raison que dans les médias arabes contrôlés par l'état comme dans les mosquées, les Juifs ont été transformés en symbole de tout ce qui est menaçant dans l'Occident démocratique et matérialiste en gros, et sont désignés avec assurance comme la force insidieuse manipulant les Etats-Unis dans une confrontation avec l'Islam. La dynamique particulière de l'antisémitisme dans l'orbite du Moyen-Orient aujourd'hui peut expliquer pourquoi - à l'opposé comme nous le verrons, de l'Europe - il n'y a pas eu de chute du niveau de l'incitation à la haine antijuive dans la région après le début du processus de paix d'Oslo. Tout au contraire. Et la raison en est simple : dans la mesure où Oslo a réussi à apporter une réelle réconciliation avec Israël, ou à étendre la liberté politique, il aurait frustré l'objectif ultime d'éradiquer le " démon " juif du cœur du Moyen-Orient et de préserver le pouvoir autocratique des régimes arabes.

 Aussi, alors que dans les années 1990, le monde démocratique, y compris la société démocratique d'Israël, célébrait (naïvement comme cela fut avéré) la promesse d'une nouvelle aube au Moyen-Orient, les écoles à Gaza, les livres de classe à Ramallah, les journaux en Egypte, et les chaînes de télévision en Arabie saoudite projetaient un tableau plus réaliste de l'état du sentiment du monde arabe. On ne devrait pas être surpris que, en Egypte, des copies piratées du " Nouveau Moyen-Orient " de Shimon Peres, livre proclamant une ère messianique de marchés libres et d'idées libres, furent imprimés avec une introduction en arabe déclarant que, ce que cette bible de construction de la paix prouvait, était la véracité de tout ce qui était écrit dans les " Protocoles des Sages de Sion "sur le complot juif de domination du monde. De même pour l'Europe de l'ouest: là, la réputation d'Israël et des Juifs a subi des hauts et des bas au cours des décennies avant 1967, l'ombre de l'Holocauste et la perception d'Israël comme un petit état se battant pour son existence face à l'agression arabe se combinait pour assurer, si ce n'est la faveur des classes politiques européennes, mais au moins une certaine abstention d'une critique sévère. Mais tout cela changea en 1967, quand l'état juif tronqué obtint une victoire apparemment miraculeuse contre les ennemis arabes massés au cours de la "guerre des Six Jours" et la victime d'autrefois fut transformée en une nuit en agresseur.

 Une histoire possiblement apocryphe au sujet de Jean-Paul Sartre résume le glissement de l'humeur européenne. Avant la guerre, alors qu'Israël demeurait isolé sur le plan diplomatique et que les dirigeants arabes proclamaient déjà à sons de trompes sa disparition certaine, le fameux philosophe français signa une déclaration en faveur de l'état juif. Après la guerre, on prétend qu'il fit reproche à l'homme qui avait sollicité sa signature: "Mais vous m'aviez assuré qu'ils allaient perdre. " Des décennies avant que le mot "occupation" ne devînt un mot ménager, l'humeur des chancelleries européennes et de la gauche devint résolument hostile. Il y avait, c'est sûr, des intérêts vénaux en jeu, depuis le besoin perçu de se faire bien voir par les nations productrices de pétrole du monde arabe, jusqu'à ces dernières années, le besoin perçu de flatter les populations musulmanes en croissance dans l'Europe de l'ouest elle-même. Mais d'autres courants étaient aussi à l'œuvre, comme les sentiments anti-occidentaux, "anti-impérialistes", pacifistes et "pro-libération", soutenus et souvent subventionnés par l'URSS, prirent le pas sur la culture avancée aussi bien de l'Europe que de la diplomatie internationale. Derrière la nouvelle hostilité à Israël repose la nouvelle orthodoxie idéologique, catégories selon lesquelles l'état juif a émergé sur la scène mondiale comme un pouvoir certifié " colonial " et " impérialiste ", " hégémonique " et " oppresseur ". Avant 1967, des résolutions antisionistes parrainées par les Arabes et leur patrons soviétiques aux Nations Unies ne recueillaient que peu ou pas de soutien parmi les démocraties. Après 1967,

 De plus en plus de pays occidentaux se sont joints au chœur de la sévère critique. A partir de 1974, Yasser Arafat, dont l'organisation prêchait ouvertement le terrorisme et la destruction d'un état membre de l'ONU, fut invité à s'adresser à l'Assemblée Générale. L'année suivante, la même organisation adopta l'infâme résolution " le sionisme est un racisme ". En 1981, la frappe d'Israël contre le réacteur nucléaire irakien fut condamnée par le monde entier, y compris les Etats-Unis. Puis, dans les années 1990, les choses commencèrent de changer de nouveau. Malgré le flux constant de résolutions biaisées de l'ONU, malgré le persistant " deux poids deux mesures ", il y eut aussi des développements positifs. : la résolution " le Sionisme est un racisme " fut abrogée, et plus de 65 membres établirent ou renouvelèrent leurs relations diplomatiques avec Israël. Qu'était-il arrivé ? Le pétrole arabe s'était-il asséché ? Les musulmans étaient-ils devenus une force politique moins puissante sur le continent européen ? Peu probable. Ce qui avait changé, c'était que, à Madrid puis à Oslo, Israël accepta, d'abord avec réticence puis avec un optimisme autosuggéré, de se conformer à la philosophie montante de la politique internationale. Tendant la main à une organisation terroriste encore engagée dans sa destruction, Israël accorda l'établissement d'un régime dictatorial et répressif sur son propre seuil, soutenant son engagement dans le soi-disant processus de paix, quelque fût le nombre de Juifs innocents assassinés et blessés en son nom frauduleux. Les récompenses pour s'être ainsi conformé à la grille des moralisateurs du monde, quelque cosmétiques et temporaires qu'elles s'avérèrent, se déversèrent de façon prévisible non seulement sur Israël mais sur le peuple juif globalement.

 Avec certitude, les indices d'antisémitisme dans le monde entier décrurent dans les années 1990 à leur niveau le plus bas depuis l'Holocauste. Alors que les Juifs dans le monde bénéficièrent de la tolérance accrue gagnée par le Juif du monde, les organisations occidentales vouées au combat contre le fléau antisémite commencèrent prudemment à crier victoire et à recentrer leur efforts vers d'autres parties du programme communautaire juif. Mais bien sûr cela n'allait pas durer. A l'été 2000, à Camp David, Ehoud Barak offrit aux Palestiniens pratiquement tout ce que leur direction était supposée exiger. L'offre fut sommairement rejetée. Arafat commença son "soulèvement", Israël entreprit de se défendre - et l'Europe cessa d'applaudir. Pour beaucoup de Juifs à cette date, cela était complètement incompréhensible: Israël n'avait-il pas fait jusqu'au dernier pas pour la paix ? Mais c'était bien trop compréhensible. L'Europe en tenait en vérité pour la forme: c'était le Juif du monde, en refusant d'accepter de partager sa part de blâme pour le "cycle de violence" qui outrepassait la ligne. Et de même pour les Juifs du monde, qui par définition, et qu'ils soutiennent Israël ou non, devinrent rapidement associés à l'état juif dans son effronterie. Pour les Américains, le processus que j'ai décrit peut sembler étrangement familier. Il l'est: les Américains aussi, ont eu de nombreuses opportunités de voir leur nation mise en procès par l'opinion mondiale dans les années récentes pour le crime de rejeter les valeurs de la soi-disant communauté internationale, et jamais autant que pendant la vaste hystérie qui accueillit le plan annoncé du président Bush de démanteler le régime tyrannique de Saddam Hussein. Par douzaines de pays, les protestataires se massèrent dans les rues pour hurler leur furie du refus des Etats-Unis de se conformer à ce que "chacun" savait en être exigé.

 A en juger par les pancartes affichées dans ces manifestations, le président Bush, dirigeant du monde libre, était un ennemi du genre humain pire que le boucher de Bagdad. Au premier coup d'œil, cela aussi aurait dû être incompréhensible. Saddam Hussein était l'un des dictateurs les plus brutaux du monde, un homme qui avait gazé ses propres citoyens, envahi ses voisins, défié les résolutions du Conseil de Sécurité, et était largement crédité d'être en possession d'armes de destruction massive. Mais peu importe! Les protestations étaient moins destinées à la vertu de l'Irak qu'au vice américain, et les griefs assortis des anticapitalistes, anti-globalisation, défenseurs radicaux de l'environnement, anti-impérialistes autoproclamés, et beaucoup d'autres qui s'assemblèrent pour décrier la guerre avaient peu de choses à voir avec les possibles inconvénients d'une opération militaire en Irak. Ils avaient plutôt à voir avec une véritable rupture des valeurs. En ce qui concerne la rupture qui se situe entre les Etats-Unis et l'Europe - il existe un large courant d'opinion "européen" à l'intérieur des Etats-Unis aussi - cela a été fort bien diagnostiqué par Robert Kagan dans son livre à succès "Du paradis et du pouvoir". Pour notre propos, il est suffisant de remarquer à quelle vitesse le débat initial " Pourquoi nous haïssent-ils ? " dans le sillage du 11 septembre, centré sur le sentiment anti-américain dans le monde musulman, en vint à être dépassé par le débat " Pourquoi nous haïssent-ils ? " centré sur le sentiment anti-américain de la "vieille Europe". Généralement, ces deux haines ont semblé émaner de pulsions divergentes, dans un cas de la perception d'une menace posée par les libertés occidentales à la civilisation islamique, dans l'autre à la perception de la menace posée par la puissante Amérique, confiante en elle-même, à l'idée européenne postmoderne d'un monde régulé non par la force mais par la raison, le compromis, et l'absence de jugement.

 Dans l'Europe d'aujourd'hui, professant le pacifisme, post-nationaliste, anti-hégémonique, une expression telle que " l'axe du Mal " suscite peu d'amis, et l'idée de se confronter pour de bon à l'axe du mal encore moins. Malgré les différences entre eux, cependant, l'antiaméricanisme dans le monde islamique, et l'anti-américanisme en Europe sont en fait liés, et tous les deux comportent une étrange ressemblance avec l'antisémitisme. C'est, après tout, avec quelque raison que les Etats-Unis sont rejetés et craints par les despotes et les fondamentalistes du monde islamique ainsi que par beaucoup d'Européens. Comme Israël, mais d'une manière beaucoup plus puissante, l'Amérique incarne une idée du bien différente, non conforme, et refuse d'abandonner sa clarté morale sur l'objectif valorisant cette idée, ou sur les coutumes et institutions auxquels ils ont donné naissance. Au contraire, en entreprenant leur guerre contre le démon du terrorisme, le peuple américain a démontré sa détermination non seulement à se battre afin de préserver les bienfaits de la liberté pour lui-même et sa postérité, mais de l'apporter dans les régions du monde qui se sont montrées plus résistantes à son influence bienveillante. Dans ce sens positif aussi, Israël et le peuple juif ont en commun quelque chose d'essentiel avec les Etats-Unis. Les Juifs, après tout, ont longtemps considéré qu'ils étaient élus pour jouer un rôle spécial dans l'histoire, pour être ce que les prophètes ont appelé " une lumière parmi les nations ".

 Ce que signifie précisément cette phrase a toujours été l'objet de débats, et je serais le dernier à nier le malentendu qui en est sorti, y compris dans les meilleurs intérêts des Juifs, pour certains qui l'avaient dressé comme une bannière. Cependant, à travers les millénaires, la vision universelle et les préceptes moraux des Juifs ont non seulement fonctionné pour assurer la survie du peuple juif lui-même, mais a aussi constitué une force puissante pour le bien dans le monde, inspirant à des myriades le combat pour le droit même si parmi d'autres il a fait surgir de la rivalité, de l'inimitié, et un inapaisable ressentiment. De la même façon avec les Etats-Unis - une nation qui s'est longtemps considérée comme investie de la mission d'être ce que John Winthrop appela au 17ème siècle "une cité sur la colline" et Ronald Reagan au 20ème siècle l'analysa comme une "brillante cité sur la colline".

 Ce qui est signifié précisément par cette phrase est aussi matière à débat, mais les Américains qui voient leur pays en ces termes considèrent certainement l'avancement des valeurs américaines comme central pour la détermination américaine. Et bien que les Etats-Unis soient encore une nation très jeune, il n'y a pas de doute sur le fait que ces valeurs ont aussi une immense force pour le bien dans le monde, même si elles ont valu aux Etats-Unis l'inimitié et le ressentiment de beaucoup. Dans la résolution à faire face à l'inimitié et à la haine, une source importante de force vient de la leçon tirée de l'observation des autres. De Socrate à Churchill et Sakharov, il a existé des individus dont les voix et l'héroïsme personnel ont renforcé chez les autres la résolution de se tenir pour le bien fermement. Mais l'histoire a aussi été assez généreuse pour offrir, chez les Juifs, l'exemple d'un peuple antique enflammé par le message de la liberté humaine selon Dieu et, chez les Américains, l'exemple d'un peuple moderne qui simplement au cours du siècle passé, avec ses croyances profondes, a affronté et défait les plus grandes tyrannies jamais connues par l'humanité.

 Heureusement pour l'Amérique, et heureusement pour le monde, les Etats-Unis ont été bénis par la providence du pouvoir d'atteindre ses idéaux. L'état juif, au contraire, est une toute petite île dans une mer extrêmement dangereuse, et ses citoyens ont besoin de chaque particule de force qu'ils peuvent rassembler pour les épreuves à venir. C'est l'étonnante persévérance de son propre peuple, malgré des siècles de souffrance aux mains des religions, idéologies, peuples, et individus qui l'ont haï, et les ont exclus pour les y soumettre, qui permet de croire avec confiance que les Juifs survivront à leurs ennemis.

http://www.nuitdorient.com/n1313.htm

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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /2006 00:00

Un documentaire édifiant est sorti aux Etats-Unis. Intitulé "Obsession,radical's islam war against the west", il expose l'universalité de la menace et son origine.

Voyez le clip de présentation. Comme l'explique l'une des expertes citées, "tous les conflits du monde actuellement ont un lien direct ou indirect avec le jihad"

http://www.obsessionthemovie.com/trailer.htm

 

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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /2006 00:00

Tout le monde en parle aux Etats-Unis. Après un livre titré "fiasco" de Tom Ricks, le célèbre journaliste Bob Woodward y met du sien dans la campagne de propagande démocrate.

"L'Etat du déni", voilà comment Woodward dépeint l'administration Bush, arguant que son intransigeance sur la nécessité de défendre l'Irak relève de la stupidité.

Woodward avait reçu un avertissement de la part de ses camarades démocrates. Ses précédents livres (Bush s'en-va-t-en guerre ; Plan d'attaque) étaient jugés "trop favorables à l'administration Bush". Bien que ces deux ouvrages sont remplis d'approximations, bien que Colin Powell soit le plus cité, bien qu'aucune mention de la guerre contre l'islamo-fascisme ou le grand moyen orient n'apparaisse dans ces livres de moyenne qualité, les Démocrates ont jugé que Woodward ne remplissait pas ses devoirs de journaliste. Il ne faisait pas de lobbying pour eux ! Pardi !

Woodward s'est donc mis au travail pour provoquer la polémique juste avant les élections de la mi-novembre. Quelqu'un devrait dire aux Démocrates que leurs précédents efforts dans ce sens ont provoqué la déroute du parti, et que s'ils continuent à s'appuyer sur les médias de masse, les artistes et Hollywood ils vont se mettre la majorité de l'Amérique à dos - si ce n'est pas déjà fait.

Seules révélations intéressantes de l'ouvrage, on apprend que Kissinger soutient Bush inconditionnellement - ce qui est bon pour rallier l'élite politique du pays - et que Bush lui-même aurait dit, à un sénateur démocrate qui souhaitait le départ de l'Irak :

"Je ne reculerai pas. Même s'il ne restait que Laura (sa femme) et Barney (son chien) pour me soutenir."

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Mardi 3 octobre 2006 2 03 /10 /2006 00:00

La faiblesse de l'Europe en général et de la France en particulier ne s'explique pas seulement par son pacifisme affiché.

Celui-ci pourrait être le fruit de nos système économiques qui prônent l'assistanat. Une entrée en guerre exigerait de l'Europe qu'elle investisse dans sa défense et, de fait, qu'elle diminue le coût de ses Etats-providence. Impensable ! Les Anglais le font, mais en développant le libéralisme outre-manche.

Notre recul constant ne s'explique pas seulement par les considérations économiques qui sont en jeu : pétrole iranien, irakien, saoudien... Là encore, les Etats-Unis sont en guerre tout en important du pétrole saoudien - l'un n'empêche pas l'autre.  

Non. Notre faiblesse vient de la base même de notre civilisation. Elle n'est plus française ou belge, mais européenne. Bruxelles gomme les différences et fabrique une union sans saveur ni éclat. Elle n'est plus chrétienne, mais athée, ou agressivement laïque, ce qui revient au même. Alors même que notre civilisation est en péril, nous n'avons plus d'armes idéologiques et le courage qu'elles pourraient nous insuffler !

De l'autre côté de l'Atlantique, les Etats-Unis sont bien mieux lotis, tant le patriotisme (rattachement au pays et à ses valeurs) et le christianisme (rattachement à l'origine morale et spirituelle de l'individu) soudent la population et lui permettent de répondre à l'appel. En Europe, je ne pense pas que vous ne verrez les Polonais succomber à l'islam radical. La foi qui anime ce peuple exclut toute tentation obscurantiste. Pouvons-nous en dire autant, alors que la patriotisme est catalogué "d'extrême-droite" et la foi "de réactionnaire" ?

La foi et le patriotisme relèvent de ce que nous avons de plus naturel et de plus nécessaire en nous. Vous n'êtes pas un citoyen capable de défendre votre pays si vous n'êtes pas patriote. Vous n'êtes pas un homme capable de défendre ses semblables si vous n'avez pas la foi. Quelle que soit la référence. Sans foi, pas d'idéal. Sans idéal, pas de confiance. Sans confiance, pas d'avenir. Sans avenir, la civilisation meurt.

La foi, c'est ce qui pousse tant d'hommes à se battre pour la liberté.

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Mardi 3 octobre 2006 2 03 /10 /2006 00:00

Ces jours-ci, les Espagnols ont refusé de commémorer la Reconquista dans une fête folklorique durant laquelle ils brûlaient un portrait de Mahomet en souvenir de la bataille contre le jihad entamée par les Chrétiens au XVe siècle pour retrouver la souveraineté de leurs terres.

1er octobre AFP Madrid

"Par crainte de réactions islamistes", deux villages espagnols ont renoncé cette année à détruire des géants de carton-pâte symbolisant le prophète Mahomet, lors de leurs traditionnelles fêtes "maures et chrétiens", a rapporté dimanche le quotidien El Periodico de Catalunya.

Parlant d'"autocensure", le journal de Barcelone assure que l'affaire des caricatures de Mahomet a incité deux localités de la région de Valence (est) à "adoucir" leur fête populaire annuelle des "maures et chrétiens".

Ces fêtes traditionnelles, très répandues en Catalogne, aux Baléares et dans la région de Valence mettent en scène des figurants costumés qui rejouent les batailles ayant opposé chrétiens et musulmans lors de la "Reconquête" des royaumes maures de la péninsule ibérique par les rois catholiques (718-1492).

Pour la première fois cette année, les organisateurs de la fête de Bocairent, un village d'environ 4.500 habitants, ont renoncé en février au final de ces célébrations, qui consistait à faire exploser avec des pétards la tête en carton-pâte d'un géant figurant le prophète Mahomet.

Le village de Beneixama, 1.800 habitants, a fait de même lors de sa fête "maures et chrétiens" début septembre.

El Periodico rapporte que ces deux localités étaient les seules en Espagne à perpétuer une pratique jadis courante mais abandonnée après le Concile Vatican II qui mentionnait le respect de l'Eglise catholique pour les musulmans.

"Personne n'a menacé ni mis en garde" ces villages, souligne El Periodico, assurant que la destruction des géants figurant Mahomet "n'était pas un acte anti-musulman et n'avait pas de connotations religieuses".

"Mais que peut-on leur reprocher quand le Deutsche Oper (l'opéra de Berlin-ouest, ndlr) a retiré de sa programmation, par peur également, un opéra de Mozart parce qu'apparaîssait en scène une tête décapitée de Mahomet"?, s'interroge le journal dans un éditorial.

Que peut-on leur reprocher en effet ? Après tout, ils viennent juste de céder à la nouvelle mode européenne qui prône l'autocensure sur la question de l'islam. Quitte à oublier une fête qui rappelle qu'il y a six siècles, seulement, l'Europe n'est passée pas loin du gouffre.

 

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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /2006 00:00

Sydney Touati, Guysen Israël News, 4 octobre 2006

En Europe, il pleut des interdits de toutes sortes.

En Israël il pleut des roquettes.

La source est diversifiée mais l’inspiration puise à la même veine : la pureté de l’Islam qu’il faut répandre et protéger à tout prix. Aux yeux des islamistes fanatiques, la culture européenne est une souillure, tout comme l’est la présence de juifs sur une terre dite arabe. La mondialisation et les réseaux Internet ont donné corps au fantasme d’une « nation musulmane » dont les porte- parole autoproclamés considèrent le monde entier profané par la présence des non musulmans. Les intégristes ne connaissent qu’une seule règle : la soumission ou la mort. Lorsqu’on leur cède, on a la soumission et la mort.

Les terroristes ont au moins compris une chose : la plupart des Etats démocratiques n’ont pas de réponse adaptée aux attaques et menaces contre les civils. Israël durant la guerre de juillet 2006 a déplacé des centaines de milliers de personnes. La France cache le professeur de philosophie et les français pratiquent l’autocensure. Certains deviennent serviles.

Ces faits posent la question la plus grave : comment se comporter face à la terreur islamiste ?
Fuir, se cacher ?

Cesser de penser, d’écrire ; censurer notre culture, gommer tout ce qui peut déplaire comme le préconisent les « élites » dominantes de notre pays ?

Si l’on veut être libre, faut-il entrer en clandestinité, écrire sous un faux nom, voire quitter la France ?

L’exemple américain nous ouvre une autre porte que celle de la fuite, de la honte ou de la capitulation : pas un seul attentat sur le sol américain depuis que George BUSH a décidé de réagir fermement.
Aux Etats-Unis, les islamistes se sont tus. Les Américains peuvent s’exprimer librement sur tous les sujets.

La terreur a reculé. La démocratie a gagné.

http://www.guysen.com/articles.php?sid=5105

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Samedi 7 octobre 2006 6 07 /10 /2006 00:00

Ivan Rioufol est né à Nantes en 1952. Il est titulaire d'une maîtrise en droit privé et d'un DEA de droit maritime et aérien de l'Universié de Nantes. Il débute sa carrière de journaliste à Nantes, avant de rejoindre Le Figaro en 1985. Rédacteur en chef du service Informations Générales jusqu'en 2000, il est, depuis, éditorialiste et membre du comité éditorial du quotidien. Depuis 2002, il tient son « bloc-notes » dans l'édition du vendredi du Figaro.

Il est l'auteur de « La tyrannie de l'impudeur » (Anne Carrière, 2000) et de « La république des faux gentils » (Editions du Rocher, 2004). Dans cet ouvrage, qui est avant tout un formidable coup de gueule, Ivan Rioufol s'attaque de front à tout ce qui menace la démocratie française et la cohésion nationale du pays : le consensus mou et le politiquement correct, mais aussi le communautarisme et l'islam politique extrémiste. Surtout, il dénonce avec force les faux-semblants humanistes qui mettent la France en porte-à-faux jusque sur la scène internationale, comme l'a révélé l'opposition des plus hautes autorités du pays à la guerre voulue par George Bush en Irak.

Ivan Rioufol est Fellow à l'Atlantis Institute. (www.atlantis.org)

Bloc-notes, Le FIGARO, 6 octobre 2006

On ne se refait pas: ces messieurs se pincent le nez, quand le peuple prend la parole. Pour eux, la démocratie d'opinion, qui a pris les choses en mains le 29 mai 2005 en rejetant une Constitution éloignée des gens, n'est qu'une fille des rues, porteuse de démagogies et de caprices. Mais la catin a ses vertus: en congédiant Jospin puis Lang, elle a emporté une première victoire contre la politique du trompe-l'oeil et des bons sentiments. Avec l'affaire Redeker, elle vient de sauver l'honneur de la République.

C'est parce que l'opinion publique s'est mobilisée pour défendre Robert Redeker et l'esprit critique que les capitulards s'affolent. La résistance spontanée, mesurable aux pétitions, communiqués et lettres reçues, est à comparer au silence des dirigeants - seul Dominique de Villepin a dénoncé l'“inacceptable” - devant l'appel au meurtre du professeur de philosophie, pour un article critique sur l'islam publié dans Le Figaro du 19 septembre.

Sans l'indignation d'intellectuels, de journalistes, d'enseignants, de politiques, d'anonymes, Redeker aurait été tenu pour blasphémateur par ceux dont il dénonçait l'islamisation des esprits et qui ont jugé ses idées “nauséabondes” (Ligue des droits de l'homme). Et si le ministre de l'Éducation s'est dit “solidaire”, il a lui aussi abandonné la liberté d'expression au jugement des fanatiques, en estimant que l'enseignant aurait dû être “prudent, modéré, avisé en toutes circonstances”.

Déjà l'affaire Louis Chagnon, lancée ici même en janvier 2004, avait dévoilé la soumission de l'école laïque aux pressions religieuses. Ce professeur d'histoire avait expliqué que Mahomet s'était transformé, en sa période médinoise, “en voleur et en assassin”, vérité brutale. Il avait dû subir le procès en racisme d'organisations oublieuses de l'article 11 des droits de l'homme: “La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme”.

La démocratie d'opinion, qui n'est pas experte, a ses limites et ses risques. Mais elle a la lucidité qui n'habite plus les mandarins, qui ne cessent de reculer devant les intimidations islamiques depuis le test des caricatures. Alors que les élites s'apprêtaient, une fois encore, à rendre tolérable l'intolérance, elles ont été rappelées à l'ordre par les héritiers des Lumières. À quand une manifestation pour la défense de la pensée libre?

Cadeaux au FN

On doit à la démocratie d'opinion d'avoir fait redécouvrir la nation aux politiques, qui en étaient à louer l'Europe sans frontières ni passé. Depuis le 29 mai 2005, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ne jurent plus que par elle. Aussi est-il déconcertant que les deux candidats, apparemment les plus à l'écoute des citoyens, n'aient pas eu un mot pour dénoncer, avec l'affaire Redeker, l'offensive contre l'esprit français et ses insolences. À quoi bon en appeler à la patrie, si c'est pour se montrer indifférent à sa culture?

Les Français sont davantage attachés à la préservation de leur identité que nombre de leurs dirigeants, disposés à laisser filer certains fondamentaux de la République pour tenter de calmer des nouveaux venus refusant de se fondre. Ce rappel implicite aux racines judéo-chrétiennes, qui n'interdit pas l'ouverture aux autres, est un acte de survie. Or, se laisse voir chez les candidats une gêne à défendre un héritage dont Voltaire n'est pas le moindre. Toujours ces cadeaux au Front national.

Duel Sarkozy-Royal

L'opinion, excédée par trente ans de gestions doctrinaires, n'a pas fini de régler ses comptes. Lionel Jospin vient d'en faire les frais: malgré ses capacités d'homme d'État, il n'avait aucune chance (bloc-notes du 1er septembre) de séduire un électorat avide de renouvellement et de vérités. Des exigences qui ont aussi balayé Jack Lang et son ode à la révolution, et qui donnent peu de chance à Dominique Strauss-Kahn - encore moins à Laurent Fabius - d'être désignés pour représenter le PS.

Nul besoin d'être grand clerc pour prévoir un duel Sarkozy-Royal. Et si Dominique de Villepin a assuré lundi, devant le président de l'UMP: “Vous pouvez compter sur mon soutien à celui qui sera le mieux placé pour nous conduire à la victoire”, un doute demeure sur la solidarité des chiraquiens. Certains ne cacheraient pas se sentir plus proches de Royal que du ministre de l'Intérieur. Poursuivi par le FN, rattrapé par les banlieues, la présence de Sarkozy au second tour n'est pas acquise.

Sa seule force est de continuer à dire les choses, en dépit des cris d'orfraie des falsificateurs et des irresponsables. À ceux qui soupçonnent la démocratie d'opinion de complaisance et de frivolité, celle-ci a l'occasion de montrer sa capacité à entendre avec bon sens les analyses plus austères invitant à travailler davantage et à dépenser moins.

Dans cet exercice, Royal enfonce surtout des portes ouvertes. Exemple, l'autre jour: “La France s'est diversifiée, colorée, sans admettre encore totalement ce qu'elle est devenue”. Mais à qui la faute, sinon à ses amis qui répètent que l'immigration n'est pas un problème? “Le peuple français s'est dissous en un temps record. Vingt ans peut-être”, écrit avec cynisme un jeune auteur de talent (Jean-Eric Boulin, Supplément au roman national, Stock). Sidérés, les Français découvrent l'ampleur du désastre dans les cités.

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Mercredi 11 octobre 2006 3 11 /10 /2006 00:00

Comme nous ne pouvons pas nous fier aux médias français pour nous donner de l'information sur l'Irak, puisque les journalistes ont depuis longtemps cessé de rapporter les faits et les choisissent selon leur conclusion préconçue, il faut nous reporter aux documents officiels de l'armée américaine et du gouvernement irakien.

L'armée irakienne compte aujourd'hui 277'600 soldats et officiers entraînés et équipés. 114 bataillons sont en engagés et ont assurent la sécurité dans la majorité des provinces de l'Irak. Bien que 60% des opérations soient menées avec le soutien de la coalition, l'armée irakienne a coordonné 255 raids contre les terroristes pour le seul mois d'août 2006.

Une seule province irakienne est sous le contrôle total, militairement, économiquement et politiquement des Irakiens. Quatre autres sont prêtes, selon le rapport, à être également indépendantes de la coalition. Le memo indique que 11 provinces pourraient dès cet automne jouir de plus d'indépendance, Bagdad y compris, la coalition se concentrant sur la province d'Anbar et de Bassora, où les troubles sont les plus importants.

81% des attaques terroristes ont lieu dans les quatre provinces du milieu de l'Irak dont celle d'Anbar, qui est la plus dangereuse et Bagdad, la capitale.  Ce sont ces deux régions qui sont le plus touchées. A elles s'ajoutent les provinces de Salah ad Din et Diyala. Au total, cela représente 37% de la population. En Irak, 14 provinces sur 18, soit 63% de la population, vivent en sécurité.

Selon le rapport de l'armée présenté au Congrès, le nombre d'attaques terroristes contre les infrastructures (pipelines, centrales électriques...) a chuté de 98% entre 2004 et 2006. Par contre, on note une hausse des incidents entre milice chiites et sunnites depuis mai 2006, ce qu'a démontré un été particulièrement sanglant. Pourtant, la confiance des Irakiens dans leur forces militaires et policières a passé de 69% à 78% dans les sondages. Globalement, 60% des Irakiens pensent que la situation de leur pays va s'améliorer dans les cinq ans à venir.

http://www.defenselink.mil/pubs/pdfs/Security-Stabilty-ReportAug29r1.pdf

D'autres articles sur le même sujet : L'Irak, en vérité

 

 

 

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Mercredi 11 octobre 2006 3 11 /10 /2006 00:00
Par Guy Millière, Texte en ligne sur www.upjf.org, 31 juillet 2006
 
 
Je ne peux pas penser, une seule seconde, que les journalistes qui travaillent pour les grands médias en France et en Europe ignorent tout du discours haineux et génocidaire des dirigeants du Hezbollah.
Je ne peux pas penser qu’ils ignorent que Al-Manar, la chaîne du Hezbollah, est le média le plus antisémite que le monde ait connu depuis la fin du Troisième Reich.
Je ne puis pas penser qu’ils ne savent pas que le Hezbollah est une organisation totalitaire qui endoctrine et soumet par la violence les populations civiles dans les zones qu’il contrôle. Je ne puis pas penser qu’ils ne savent rien du fait que les miliciens du Hezbollah utilisent les populations civiles du Sud Liban comme des boucliers humains, empêchent délibérément la fourniture de vivres à ces mêmes populations, de manière à disposer de victimes à exhiber devant des caméras.
Je ne puis pas penser qu’ils ignorent que des immeubles, tel celui qui vient d’être touché à Qana, sont des dépôts d’armes dans lesquels le Hezbollah place, de manière ignoble, des femmes et des enfants pour les sacrifier à des fins de propagande.
Je ne peux pas penser que ces mêmes journalistes ne savent rien ou presque de ce que subit en ce moment la population du nord d’Israël.
 
 
Je ne peux, dès lors, que me poser une question : pourquoi tant de mensonges et d’ignominies ? Je trouve peu d’explications. Je ne veux pas aller jusqu’à dire que l’antisémitisme, sous de nouveaux oripeaux, est de nouveau omniprésent en Europe, mais il m’arrive de penser que c’est le cas.

Bien sûr, vous répondront les intéressés, ils ne sont pas « antisémites », mais, poursuivront-ils, « regardez ce qu’ils font aux civils libanais ».
Et si vous leur rétorquez que les Libanais sont victimes du Hezbollah, ils se transforment immédiatement en avocats du Hezbollah, en précisant qu’il « mène aussi des actions sociales » et que c'est un mouvement de « résistance ».

Certains concéderont, à la rigueur, que le Hezbollah doit être désarmé, mais ils ajouteront que cela doit se faire par la « négociation », voire, peut-être, par l’envoi d’une « force internationale », avec l’accord du « gouvernement
libanais ».
 
Sachant qu’ils ne sont pas complètement idiots, je serais tenté de leur dire qu’Hitler, à sa manière, était très « social », et j’aurais envie de leur demander :
  • Résistance à quoi ? A l’existence d’Israël ?
  • Négociation avec qui ? Des fous furieux ?
  • Force internationale pour faire quoi ? Protéger le Hezbollah ?
J’ai eu, parfois, ce genre de discussion. Je les évite désormais. Je sais qu’il y a pire que des gens complètement idiots, à savoir : des gens qui font cyniquement les idiots, en pratiquant le tri sélectif des faits. Et je sais, hélas, que nombre de journalistes, en France et en Europe, font cyniquement les idiots et pratiquent le tri sélectif des faits. Je sais aussi, et c’est pour cela surtout que j’évite ce genre de discussion, qu’il y a davantage à l’œuvre : une forme de haine viscérale qui ne dit pas son nom.
 
Pour ces centaines de journalistes français et européens, Israël, désormais, est détestable par essence. Des réactions instinctives ont été incrustées dans leur cerveau et, quoi que fasse Israël, il a tort.
  • Des discussions s’engagent pour un processus de paix et s’interrompent ? C’est la faute d’Israël qui n’a pas fait assez de concessions dans la négociation.
  • Des ennemis d’Israël font des attentats terroristes ? Ils sont « désespérés » et utilisent « l’arme du faible ».
  • Israël riposte ? C’est le « cycle de la violence », qui va entraîner encore davantage de « désespoir ».
Israël n’a pas encore été accusé du récent épisode de canicule en France, mais, au train où vont les choses…
 
Cette haine, qui ne dit pas son nom, a des relents antisémites, incontestablement. Aucun Etat sur la face de la terre ne subit autant d’incriminations verbales et de calomnies qu’Israël. Aucun, sinon peut-être les Etats-Unis - qui ont, peu ou prou, autant d’ennemis haineux qu’Israël, mais sont la première puissance du monde.
 
Cette haine a aussi d’autres causes et, entre autres, une conception - totalement pervertie - de la repentance, dont implication est que quiconque semble faible et opprimé est digne d’éloge et de soutien. Or, aux yeux des Européens, les Arabes sont faibles et opprimés, en général, alors qu’Israël est « fort ».
 
A cela s'ajoute l’idée que le « rêve européen » est celui d’un monde dans lequel il n'y aurait aucun conflit qui ne puisse se régler par la diplomatie : un monde où personne ne veut le mal, où il n’y a pas de totalitaires, pas de méchants, et où, quand un « faible » ou un « opprimé » se montre agressif, c’est qu’il a raison et qu’on n’a pas fait assez d’efforts pour le « comprendre ».
 
Le fait qu’il y a plus de trois cent millions d’arabes, plus d’un milliard de musulmans et seulement six millions d’habitants en Israël, joue vraisemblablement un rôle aggravant. De même le fait que l’Europe soit toujours davantage une terre musulmane.
 
La peur du terrorisme entre en ligne de compte également : il n’y a rien à craindre si l’on crache sur des juifs ; par contre, critiquer des islamistes, c’est autre chose.
 
Adopter vis-à-vis d’Israël la position la plus communément adoptée dans le monde arabo-musulman fait sens, dans ce contexte, même si c’est très lâche.
 
On peut noter aussi un point rarement évoqué : l’islam radical - tel qu’il a cours tant dans la mouvance d'al-Qaida, que dans celle du Hezbollah, en passant par la nébuleuse Ahmadinejad -, n’est pas l’islam, mais un dogme politique dans lequel entrent bien des ingrédients empruntés aux idéologies totalitaires nées en Europe : national-socialisme, fascisme, communisme.
  • Il n’est pas étonnant que des intellectuels européens d’extrême droite débordent de mansuétude envers les islamistes - les uns et les autres lisent Mein Kampf.
  • Il n’est pas étonnant que des intellectuels d’extrême gauche débordent, eux aussi, de mansuétude envers les islamistes : en effet, on peut négliger le fait que les islamistes lisent Mein Kampf, lorsqu’on apprend qu’ils lisent aussi Lénine. Des journalistes pleins d’égard envers l’extrême gauche européenne peuvent voir, dans les islamistes, des lointains cousins de l’extrême gauche.
Quoi qu’il en soit, que les mensonges se répandent et soient pris pour argent comptant par les populations européennes, prouve qu’il existe, sur ce continent, une pathologie mentale collective préoccupante. Le fait que quasiment tous les dirigeants politiques européens, Chirac en tête, contribuent à cette pathologie mentale collective, est extrêmement inquiétant pour le futur de ce continent.
 
La guerre que doit mener Israël est âpre et douloureuse. Au plan international, Israël ne peut compter que sur le soutien des Etats-Unis de George Bush.
 
Israël est plus que jamais traité comme « le juif des Etats », selon l’expression d’Alan Dershowitz.
 
Quand bien même je serais seul à le dire encore en langue française, je le dis :
  • Le Hezbollah est un mouvement totalitaire et fanatique, aux buts génocidaires, dont l’objectif est tout à la fois de transformer le Liban en république islamique satellite de l’Iran des mollahs, et de détruire Israël, si possible en exterminant sa population.
  • Le Hezbollah ne peut avoir de place sur l’échiquier politique d’un pays démocratique. Israël ne peut vivre en ayant sur son flanc nord une armée de terroristes dont le but avoué est de détruire Israël. Toute issue autre que la destruction du Hezbollah serait, pour ce mouvement, une victoire aux conséquences très délétères pour l’avenir proche d’Israël.
  • Toutes les victimes civiles libanaises, y compris les femmes et les infortunés enfants de Qana, sont des victimes du Hezbollah et non de l’armée israélienne. Le fait de prendre des civils pour boucliers humains (fût-ce avec le consentement de ces civils) constitue un acte d’une cruauté et d’une lâcheté absolues, mais, hélas, logiques de la part de terroristes. Tout gouvernement occidental digne de ce nom devrait dénoncer les crimes du Hezbollah.
  • Ceux qui, dans la population libanaise, soutiennent le Hezbollah, subissent aujourd’hui les conséquences de leur choix et n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Soutenir une organisation terroriste constitue un risque. On ne peut souhaiter l’extermination d’un peuple voisin et s’étonner, ou se lamenter quand ce peuple se défend. Le gouvernement libanais n’est pas innocent. Si des pays comme la France voulaient du bien au Liban, ils auraient dû, depuis longtemps, agir pour que ce pays soit une démocratie à part entière.
  • Les Libanais qui ne soutiennent pas le Hezbollah sont aujourd’hui ses otages, et ils le sont depuis longtemps, avec la complicité de pays, tel la France. Ils ont été abandonnés non pas face à l’armée israélienne, mais, bien avant, face à la prise d’otage opérée par le Hezbollah qui, comme toutes les prises d’otage devra connaître un dénouement. Le seul dénouement concevable est la punition ou la mort du preneur d’otage. 
  • Demander un cessez-le-feu immédiat à Israël, comme le font le gouvernement français et l’Union Européenne équivaut à demander que la prise d’otage se prolonge, et à assurer une victoire au preneur d’otage, qui pourra ensuite repartir en quête de son double objectif. La France et l’Union Européenne se conduisent en complices de la prise d’otage et de la tentative d’assassinat d’Israël. C’est au Hezbollah qu’il faut demander non seulement un cessez-le-feu, mais une capitulation sans conditions. Et que nul n’évoque l’argument humanitaire pour demander un cessez-le-feu à Israël : c’est le Hezbollah qui, par sa prise d’otage et sa violence, crée un drame humanitaire, non seulement pour les Libanais mais - faut-il le rappeler ? - pour les Israéliens aussi.
  • Le Liban ne pourra vivre en paix que s’il est débarrassé de ceux qui, en son sein, rêvent d’exterminer un peuple voisin. Vouloir vivre en paix tout en ayant en son sein une forte minorité qui rêve d’exterminer un peuple voisin est impossible et contradictoire.
  • Israël ne pourra pas, à lui tout seul, parvenir à éradiquer le Hezbollah. Il y faudra non seulement le soutien des Etats-Unis, mais aussi celui des hommes et des femmes qui veulent que la liberté et la dignité de l’être humain soient préservées.
  • Si, comme on peut le craindre, Israël ne peut ou ne veut aller jusqu’au bout de son action, si l’ONU, organisation corrompue et d’un antisémitisme avéré, se voit confier le dossier et la mise en place d’une force « d’interposition » de type Finul, ce sera une victoire pour le Hezbollah et une défaite pour les valeurs de liberté et de dignité de l’être humain. Ce sera aussi, dans ce contexte, une défaite pour ceux qui souhaitent un Liban libre. Israël devrait alors s’attendre à des jours amers.
  • La victoire du Hezbollah serait aussi une victoire pour la dictature syrienne et pour la république islamique d’Iran, dont les dirigeants ne pourraient que se sentir encouragés dans leur course à l’armement nucléaire, vers la déstabilisation de l’Irak et de la région, et vers la destruction d’Israël.
  • Alors même que leurs populations débordent de haine envers Israël, elles aussi, les pays arabes sunnites de la région ne veulent pas d’une victoire du Hezbollah, et c’est un atout qu’il ne faut pas négliger.
  • Les dirigeants européens, en général, et les français en particulier, qui croiraient, dans ces conditions, que donner une victoire au Hezbollah leur gagnerait les bonnes grâces du monde arabe se trompent lourdement et gravement. Les dirigeants qui, comme Chirac et Douste Blazy, disent que c’est pour éviter un « choc de civilisations » qu’ils font tout pour sauver le Hezbollah - contribuant ainsi à la destruction d’Israël -, sont des irresponsables dangereux : le Hezbollah, le régime des mollahs, Al-Qaida, la famille Assad, ne représentent ni la civilisation arabe, ni, au delà, une quelconque civilisation musulmane, mais sont la caricature hideuse et monstrueuse de l’idée même de civilisation. Le monde arabe et, plus largement, le monde musulman ont besoin d’être délivrés de cette caricature multiforme. Préserver la caricature et dire qu’elle incarne une civilisation fait courir un danger mortel non seulement à Israël, mais aussi à l’Europe.
L’un des enjeux décisifs auxquels l’Europe doit faire face est l’intégration de ses populations musulmanes. Apaiser ou conforter la caricature ne peut qu’inciter les musulmans européens à se reconnaître non dans les valeurs de liberté et de dignité humaine, mais dans les valeurs de Ben Laden et de Nasrallah. Peut-être Chirac et Douste-Blazy souhaitent-ils que tout le Proche-Orient devienne une « république islamique », dont divers pays d’Europe, et parmi eux la France, seraient les provinces. Peut-être souhaitent-ils que, dans vingt ans, la France ressemble au Liban aujourd’hui pris en otage : dans ce cas, qu’ils aient l’honnêteté de le dire. Sont-ils capables d’un instant d’honnêteté ? Rien qu’un instant ? J’en doute.
 
J’ai laissé ici de côté la « question palestinienne ». Délibérément. Les producteurs de mensonge sur les opérations israéliennes contre le Hezbollah ont acquis leur art du mensonge en couvrant le « conflit israélo-palestinien ».
 
Nous sommes engagés dans une guerre mondiale qui oppose l’islam radical, totalitaire et génocidaire à la civilisation. Les tenants de l’islam radical, totalitaire et génocidaire font la guerre aux pays qui leur résistent : Israël et les Etats-Unis surtout, mais ils agissent aussi ailleurs, de l’Argentine au Royaume-Uni, de la Turquie à l’Indonésie, ou à l’Arabie saoudite. Ils ont des compagnons de route et des complices : journalistes européens, politiciens français, Nations Unies, gauchistes américains. Ils mènent la guerre sur tous les fronts, du front militaire au front médiatique.
  • S’ils parviennent à l’emporter, Israël disparaîtra.
  • Ce que je puis encore aimer dans l’Europe et la France viciées d’aujourd’hui disparaîtra.
  • La cause palestinienne, qui a toujours eu pour objectif une seconde shoah, l’aura emporté.
  • Il y aura un monde islamique, chaotique, pauvre, violent et dangereux, qui s’étendra de l’Océan Indien jusqu’à Brest, peut-être jusqu’à Londres.
  • Il restera un monde civilisé qui inclura les Etats-Unis et diverses contrées d’Asie, mais pas l’Europe. Dans ce monde islamique, chaotique et pauvre, on pourra dire que la « cause palestinienne » n’aura été qu’un outil pour parvenir à la victoire en détruisant Israël, en détachant des millions de musulmans des valeurs de l’Occident, et en prenant en otage, non les Libanais, mais les arabes de Cisjordanie et de Gaza, quitte à les sacrifier, au passage, pour « la cause ».
L’idée que des Occidentaux aient pu croire, un instant, que l’objectif était un Etat palestinien, libre et prospère et vivant aux côtés d’Israël, fera beaucoup rire ceux que fait rire, dès aujourd’hui, la mise à mort d’autres humains, femmes et enfants compris.
 
Si, comme je le souhaite, les tenants de l’islam radical, totalitaire et génocidaire finissent par être vaincus, Israël vivra ; l’Europe décadente d’aujourd’hui connaîtra peut-être un second souffle ; les Etats-Unis resteront le cœur du monde civilisé, mais il n’y aura pas, en face, un monde en proie à la barbarie. Au Proche-Orient, il y aura non seulement Israël, mais un Liban sans Hezbollah, où les gens penseront à prospérer plutôt qu’à faire la guerre ; une Jordanie, un Irak, une Egypte et une Arabie saoudite prospères ; un Iran sans mollahs, ni Ahmadinejad, où l’art de vivre persan, que j’ai pu connaître avant Khomeiny, aura retrouvé sa place ; un Irak démocratique sans attentats ; une Syrie sans parti Baath. Les arabes de Cisjordanie et de Gaza feront des affaires, construiront des entreprises, des casinos, des stations balnéaires. Ils vivront fraternellement et parleront business avec Israël. Et lorsqu’on y parlera encore de l’OLP, d’Arafat et du Hamas, ce sera comme de monstruosités archaïques, dont il est heureux qu’on se soit débarrassé.
 
Ceux qui veulent haïr, mentir, tuer, devront se trouver d’autres chevaux de bataille. Je ne doute pas qu’ils en trouveront. Mon objectif, aujourd’hui, mon seul objectif, est qu’ils ne gagnent pas la bataille aux côtés des terroristes du Hezbollah.
 
 
J’ai choisi le métier de penseur et d’analyste pour contribuer à ce qu’il y ait plus de connaissance, moins d’obscurantisme, moins d’oppression dans ce monde. Je préférerais ne plus exercer du tout ce métier que de l’exercer en devenant un faussaire. Si je n’avais plus le choix, je deviendrais cireur de chaussures, chauffeur de taxi, ou je ne sais quoi d’autre.
  • Une prostituée se vend au plus offrant et elle l’avoue sans barguigner.
  • Elle vend son corps, le temps de la passe, mais elle ne vend pas son âme.
  • Elle est payée pour mentir, mais elle sait qu’elle ment et son client aussi.
  • Ses activités apportent du plaisir et non des désirs de meurtres ou des pensées racistes.
C’est pourquoi, à mes yeux, elle fait un métier plus digne et plus respectable que celui qu'exercent la plupart des journalistes des grands médias français et européens d’aujourd’hui.
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