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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /2007 00:00

ETATS-UNIS Les Démocrates cherchent à museler les médias conservateurs au succès phénoménal, à l'image de Fox News, le O'Reilly Factor, le Rush Limbaugh Show et Sean Hannity's America. A cet effet, le nouveau Congrès voudrait imposer une loi abandonnée sous Reagan pour obliger les médias à "être plus objectifs". Selon les commentateurs conservateurs, la gauche américaine n'a jamais digéré l'échec retentissant de son programme Air America, censé concurrencer les voix conservatrices à la radio, mais qui est au bord de la faillite trois ans après son lancement. Au demeurant, cette loi a peu de chance d'être réinstaurée.   

ETATS-UNIS  Le Wall Street Journal a publié son classement annuel des pays "les plus libres économiquement" de la planète, lisez "où il faut investir." La notation est attribuée selon une dizaine de critères, dont les taux de prélèvement, la flexibilité du travail...    

 

Les dix premiers du monde : Hong Kong (1), Singapour (2), l'Australie (3), les Etats-Unis (4), la Nouvelle-Zélande (5), le Royaume-Uni (6), l'Irlande (7), le Luxembourg (8), la Suisse (9) et le Canada (10).

Puis, le Chili (11e), l'Estonie (12e), le Danemark (13e), les Pays-Bas (14e), l'Islande (15e), la Finlande (16e), la Belgique (17e), le Japon (18e), l'Allemagne (19e), Chypre (20e), la Suède (21e), la Lituanie (22e), le Trinidad-et-Tobago (23e), les Bahamas (24e), l'Autriche (25e), Taiwan (26e), l'Espagne (27e), les Barbades (28e), le Salvador (29e), la Norvège (30e), la République tchèque (31e), l'Arménie (32e), l'Uruguay (33e), l'Île Maurice (34e), la Géorgie (35e), la Corée du Sud (36e), Israël (37e), le Botswana (38e), le Bahrein (39e), la Slovaquie (40e), la Lettonie (41e), Malte (42e), le Portugal (43e), la Hongrie (44e) et... la France (45e), à égalité avec la Jamaïque...

Si les socialistes arrivent à l'Elysée en 2007, sans doute même la Tanzanie (103e) lui passera devant...

ETATS-UNIS Une responsable de la chaîne de télévision Weather Channel a demandé à l'association de métérologie des Etats-Unis d'établir un code limogeant de facto tous les scientifiques remettant en doute le réchauffement climatique. En 2006 déjà, le responsable d'un magazine écologique, David Roberts, avait comparé les climatologues sceptiques aux négationnistes de la Shoah et avait exigé la tenue de procès pour "crimes de guerre à la manière du procès de Nuremberg" pour tout scientifique exprimant son désaccord sur la théorie du réchauffement climatique.

IRAK Les troupes américaines lancent de multiples offensive conformément au nouveau plan élargi de la Maison Blanche, qui parle de "considérer l'Irak dans une approche stratégique régionale" - la question iranienne - et d'isoler les extrémistes. Les agents iraniens sont toujours sous les verrous, une flotte américaine est en place dans la région, et avant-hier un adjoint important d'Al-Sadr a été capturé. 2007 verra les choses bouger au Moyen Orient.

USA today note une augmentation inattendue du nombre de postulants dans la police irakienne, et MSNBC note que la croissance économique de l'Irak est importante, voire colossale dans certaines régions.

AFGHANISTAN Le nouveau secrétaire à la Défense Robert Gates serait en train de préparer un plan pour augmenter la présence militaire américaine dans le pays. Il devrait le présenter au président Bush dans les semaines à venir.

COREE DU NORD Selon le Département d'Etat américain, Pyongyang aurait détourné des dizaines de millions $ d'aide au développement alloués par l'ONU. 

ETATS-UNIS Le professeur Alan Dershowitz, de Harvard, a décidé de prendre à parti l'ex-président Jimmy Carter lors de l'allocution de ce dernier sur le campus de l'université. Depuis la parution de son livre, Carter fait face à une fronde de plus en plus importante, venant aussi bien de ses partisans  que de ses opposants habituels. Le responsable du centre Carter, qui a démissionné depuis la parution du livre, a raconté comment son patron avait pris la défense d'un SS coupables de nombreux crimes, et que le centre Carter est soutenu principalement par la monarchie saoudienne et la famille... Ben Laden (merci à leroidavid). 

Hélas, le pire président de l'histoire des Etats-Unis est toujours parmi nous...

 

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Vendredi 19 janvier 2007 5 19 /01 /2007 00:00

Par Claude Allègre, géophysicien, est ancien ministre (PS) de l'éducation. Le Monde, 2006. Repris de l'institut Hayek.

A-t-on le droit d'émettre des doutes sur une théorie scientifique "officielle", estampillée par les médias et les politiques ? A partir des années 1980, un groupe de scientifiques a défendu l'idée que l'augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l'atmosphère allait conduire à un réchauffement généralisé du climat de la Terre, à partir d'un mécanisme physique bien connu, l'effet de serre. C'est-à-dire l'absorption par certaines molécules, dont le CO2, mais aussi l'eau et le méthane, des rayons infrarouges émis par la Terre chauffée par le Soleil.

Ce groupe de scientifiques s'est organisé à l'échelon international sous l'égide des Nations unies pour rédiger des rapports officiels et promouvoir la recherche en climatologie. Sous-jacente à cette démarche, l'idée que l'homme est coupable et que nous courons à la catastrophe planétaire. Aujourd'hui, la climatologie est devenue une science à la mode, et ses budgets de recherche ont été multipliés par des facteurs importants (sans doute presque 10 aux Etats-Unis). Du point de vue médiatique et politique, cette théorie est devenue pour certains une certitude, une vérité incontestable.

L'idée de réunir des experts pour connaître l'état de la science et permettre ensuite aux politiques de décider paraît logique. Malheureusement, lorsqu'on se trouve dans un domaine où la science est en pleine évolution, où les découvertes se succèdent, où rien n'est simple, les interprétations sont variées, et variables. La "vérité" scientifique - si tant est que cette expression ait un sens - ne s'établit que petit à petit, disons après une génération. La science est un processus de démocratie différée ! Or, aujourd'hui, on assiste à la mise en place d'un consensus s'appliquant à tout, à tous, et tout de suite !

Tous les quatre ans, un premier panel international de scientifiques réalise un premier rapport. Celui-ci est transmis à un second panel composé de représentants des gouvernements (certains sont scientifiques, d'autres non) qui établit le consensus sur un scénario. Le premier rapport, très volumineux, contient des points de vue assez nuancés, mais il n'est guère lu. C'est le second rapport, plus court, plus politique, plus affirmatif, quidevient de fait la vérité officielle. On imagine les effets de la même procédure appliquée aux OGM ou aux cellules souches !

A lire : Claude Allègre également : "Dans la même quinzaine, on a vu les photos spectaculaires de Yann Arthus-Bertrand montrant le Kilimandjaro déplumé, sans ses neiges, et l'on a immédiatement entendu le refrain sur le réchauffement de la planète et lu dans la revue Science un important article d'une série d'éminents glaciologues qui montre que, en trente ans, le volume des glaces antarctiques n'a pas varié (1). Tous les spécialistes sont d'accord: si un réchauffement général du globe a lieu, il sera beaucoup plus important près des pôles qu'à l'équateur. Or ces auteurs expliquent qu'en certains endroits du continent Antarctique il y a une destruction massive de la banquise, mais qu'ailleurs il y a épaississement de la glace."

Cette manière de faire ressemble à celle qui eut lieu autrefois dans certains régimes et qu'on ne veut pas revoir dans le monde libre. L'épisode actuel n'est qu'une petite manifestation de cette pratique de dictature intellectuelle.

On nous dit que 99 % des scientifiques sont d'accord ! C'est faux. Quatre-vingts scientifiques canadiens, dont beaucoup de spécialistes du climat, ont écrit au premier ministre pour le mettre en garde contre le prétendu consensus. En France, des scientifiques et ingénieurs m'écrivent pour dire que, mettant en doute la vérité officielle, ils ont été empêchés de s'exprimer. Enfin, l'article publié dans le Wall Street Journal du 12 avril, "Climat de peur", écrit par l'un des plus grands météorologues mondiaux, professeur au MIT, Richard Lindzen, raconte comment des scientifiques de talent ont perdu leur poste pour avoir contesté la vérité officielle, et comment d'autres ont perdu leurs moyens de recherche. Il ne parle pas de la campagne de calomnie que l'on a orchestrée pour le salir, l'accusant d'être à la solde des compagnies pétrolières, ce qui est infâme !

Heureusement, en France, on n'en est pas encore là ! Alors pourquoi ces réactions violentes face à mes doutes et mes questions ? Ces mêmes attaques que la médecine développait contre le chimiste Pasteur, ou que les géologues développaient contre le climatologue Wegener !

La raison de tout ce tintamarre est la peur. Car plus les recherches climatologiques avancent, plus la vérité officielle apparaît fragile. L'eau est le principal agent de l'effet de serre, 80 fois plus abondant que le CO2 dans l'atmosphère, or on arrive difficilement à modéliser le cycle de l'eau, notamment parce qu'il est difficile de modéliser les nuages, de déterminer la proportion de cirrus (qui contribuent à réchauffer) et celle de stratus (qui refroidissent). Le rôle des poussières naturelles, industrielles et agricoles est également mal compris, notamment dans la nucléation des nuages. De la même façon, on constate que les teneurs en composés soufrés dans l'atmosphère ont décru depuis trente ans, mais on connaît mal leur rôle, alors qu'ils sont des agents potentiels de refroidissement. Il apparaît aussi que le rôle du Soleil a été sous-estimé. Sans parler des effets possibles du rayonnement cosmique galactique, comme viennent de le proposer, avec expériences à l'appui, des scientifiques danois.

Mon collègue Le Treut lui-même soulignait dans son discours devant les cinq Académies (Le Monde du 25 octobre) combien les modèles étaient entachés d'incertitudes. Ce qui est positif dans tout cela, c'est que l'Académie des sciences va organiser un débat contradictoire sur le sujet. Pour la première fois, il sera possible de comparer les opinions des uns et des autres. Ce débat entre scientifiques, et devant les autres membres de l'Académie, permettra dans la sérénité d'établir non pas la vérité, mais l'état des lieux. Ensuite, publication à l'appui, chacun pourra juger.

J'ai connu des combats semblables lorsque, avec quelques collègues, je défendais la théorie de la tectonique des plaques, en France, au début des années 1970, face à une communauté scientifique majoritairement hostile. Je fus calomnié, accusé par certains d'être un agent de la CIA chargé de propager une théorie américaine d'autant plus qu'en même temps j'incitais les Français à publier en anglais dans les revues internationales ! Plus tard, j'ai défendu le rôle indispensable des observatoires volcanologiques pour prévoir les éruptions, plutôt que le secours des "gourous". J'ai mené d'autres combats dans ma spécialité, souvent seul ou presque, critiqué un jour, honoré dix ans après. J'ai donc une certaine habitude de lutter contre les majorités et de m'opposer aux "consensus", et je sais qu'historiquement la science n'a fait de grand progrès qu'à travers de grands débats. Je sais aussi que je peux avoir tort, et je n'aurai dans ce cas aucune peine à changer d'avis, mais je suis sûr que le doute est par essence porteur de progrès.

Mais que personne ne se méprenne, je ne suis nullement un défenseur du productivisme. Je sais que l'homme malmène la planète, je sais que l'eau est un problème, que le CO2 acidifie l'océan, que la biodiversité est menacée, qu'il faut modifier nos pratiques, économiser la planète, respecter la Nature. Je dis, simplement, ne nous trompons pas de combat et prenons les mesures appropriées.

Je revendique haut et fort l'écologie réparatrice par opposition à l'écologie dénonciatrice. Pour pratiquer la première, il faut séparer les problèmes et les résoudre un à un. Comme on l'a fait pour le plomb dans l'atmosphère, les chlorofluorocarbones pour la couche d'ozone, les composés soufrés pour les pluies acides, etc. Dans l'écologie dénonciatrice, on mélange tout : le réchauffement climatique, la biodiversité, la pollution des villes, la population mondiale, l'assèchement de la mer d'Aral, etc. Avec comme résultat de susciter la peur... et de ne finalement rien résoudre, écrasé par l'immensité des défis.

Je revendique le droit de dire que j'émets des doutes sur le fait que le gaz carbonique est le principal responsable du changement climatique. Horreur, au pays de Descartes, je revendique le droit au doute !

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Vendredi 19 janvier 2007 5 19 /01 /2007 00:00

Par Victor Davis Hanson, 8 janvier 2007, traduction  adamastor

Alors que nous entamons une nouvelle année, avec un nouveau Congrès prêtant serment jeudi, c’est le bon  moment pour faire le point sur « la guerre globale à la terreur ». L’énorme puissance militaire conventionnelle des USA nous assure sans doute  de ne pas perdre en Irak, en Afghanistan et au-delà. Toutefois les avantages considérables dont disposent les djihadistes suggèrent que nous pourrions ne pas nécessairement gagner non plus.

Aussi avant de dépêcher des troupes à Bagdad, comme tant de Républicains le souhaitent, ou évacuer l’Irak, comme tant de Démocrates l’appellent de leurs vœux, il est sage de jeter un œil sur les raisons pour lesquelles l’Amérique a eu des difficultés à transformer ses victoires sur les Talibans et Saddam Hussein en succès stratégiques à long terme.

Créer de nouveaux systèmes politiques sur le terrain est bien plus difficile que seulement détruire des camps de terroristes. Un tel engagement exige que les soldats américains quittent la relative sécurité de leurs navires, tanks et avions pour livrer une guerre sale dans les rues et les zones urbaines. Lorsque cela se produit, les USA  perdent leurs avantages militaires intrinsèques.

D’abord les Islamistes disposent d'armes occidentales en quantité suffisante – petites armes automatiques et explosifs -pour lutter d’égal à égal avec les soldats américains sur le terrain . Nos milliards dépensés en porte-avions, drones et avions furtifs n’orientaient pas la recherche vers l’objectif de combattre des centaines de terroristes cachés dans des maisons.

Secundo, lorsque les pertes s’accumulent, elles sont considérées différemment par les deux parties en présence. La mort violente et la pauvreté endémique sont des lieux communs au moyen-orient, pas en occident. Nous cherchons à éviter les pertes dans la poursuite de la guerre; les Islamistes ne pensent qu’à en infliger, quoi qu’il leur en coûte.

Tertio, tout ce que nos soldats font est tributaire de la jurisprudence occidentale et de la censure morale. Les Américains font une distinction entre les soldats et les civils pour éviter des dommages collatéraux. Les djihadistes se cachent, eux, délibérement au milieu de femmes et d’enfants pour s’assurer que nos scrupules leur offriront un sanctuaire. Les aspirations de notre idéalisme moral ne pourront jamais être satisfaites ; notre simple incapacité de réaliser ceci nous a habitué aux décapitations, aux kidnappings et aux attentats-suicide, plutôt qu'à l'outrage envers ces abominations.

Quarto, dans le processus de reconstruction, les Américains sont tenus pour responsables de la fourniture d’eau et d’électricité qui améliorent la vie des afghans et des Irakiens .Et juste en détruisant de tels efforts les djihadistes gagnent. Il est toujours plus facile de détruire que de construire.

Ainsi nous sommes dans une impasse. Aujourd’hui, après 5 ans de combat, les Américains font face à deux options drastiques dans la guerre contre les terroristes.

La première : nous pouvons retirer les troupes au sol et revenir au bombardement conventionnel punitif –réplique pour chaque attaque dans le futur. De cette manière les USA restent à distance et écrasent les djihadistes dans leurs bases, au sol. Quelques Américains meurent ; des terroristes quelquefois meurent. Les media qui s’ennuient restent plus concentrés sur les provocations des terroristes, pas sur notre réponse à 30000 pieds de hauteur.

Ou bien, la deuxième option : les forces américaines peuvent, à grand risque, continuer à changer la structure économique et politique du moyen-orient dans l’espoir de stimuler des gouvernements constitutionnels qui pourraient limiter le terrorisme pour des générations. Cet engagement exige que nos soldats combattent les djihadistes sur leur terrain, mais selon nos règles d’engagement humanitaires. Pour ceci, nous devons payer le coût matériel et humain qui s’ensuivra-le tout diffusé en direct dans les news du soir.

Le premier choix, un retour à ce qui fut pratiqué tout au long des années 80 et 90 est facile, offre un répit à court terme et entraîne peu de controverse. Mais le deuxième choix, décidé pour éviter un autre 9/11 est âpre, à prolongation, et donc impopulaire. Cependant il détient la promesse de solutions à long terme en Afghanistan et en Irak.

Les présidents Reagan, Bush senior et Clinton, qui ont respectivement quitté Beyrouth, évité Bagdad et fui Mogadiscio, n’ont pas risqué, perdu ou gagné beaucoup face aux terroristes.

Contrairement à eux Georges W.Bush a parié presque tout en allant en Afghanistan et en Irak. Et il rendra les choses soit bien plus dures soit bien meilleures pour des millions de gens-selon que les USA parviendront avec succès à supporter ou pas le type de guerre sale que les djihadistes désirent et que l’appareil militaire américain cherche habituellement à éviter.

La réussite militaire sur le terrain requiert maintenant que nous élargissions les règles d’engagement pour autoriser nos troupes à abattre davantage de djihadistes, désarmer les milices, et même entraîner plus de troupes irakiennes à prendre en charge la sécurité plus rapidement, et à fermer les frontières iraniennes et syriennes.

Cette solution est bien sûr plus facile à dire qu’à faire. Les militaires doivent user de plus de force contre ceux qui détruisent la démocratie irakienne au moment où précisément le public américain est arrivé à exaspération à la fois avec le prolongement et le coût humain de la guerre.

Représentez-vous cette guerre comme une sorte de course comique. Les djihadistes et les sectateurs sont victorieux s’ils parviennent à tuer assez d’Américains pour nous démoraliser suffisamment pour que nous nous sauvions avant que les Irakiens et Afghans ne stabilisent leur liberté toute neuve. Ils perdent sinon. La prospérité, la sécurité et la liberté résonnent comme le son du glas pour l’Islam radical. Aussi simple que cela.

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Les jihadistes ne promettent pas seulement la destruction. Ils le font.

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Vendredi 19 janvier 2007 5 19 /01 /2007 00:00

Par Guy Millière, les 4 vérités Hebdo

L’un des problèmes majeurs de la société française, peut-être le problème majeur, est l’inaptitude de ceux censés constituer ses élites à comprendre le monde tel qu’il devient. Dans nombre d’autres pays du monde, et en particulier dans ceux qui parlent anglais, on comprend que la mondialisation accélérée dans laquelle nous sommes est un fait et que ce fait doit être expliqué par les intellectuels et pris en compte par les hommes politiques.

Dans d’autres pays que la France, cette compréhension a des difficultés à pénétrer. Mais à peu près nulle part, en dehors de la France, cette compréhension ne se heurte à autant d’obstacles.

Quiconque se rend dans une librairie à Paris ou en province aura tôt fait de voir qu’au rayon concerné, on trouve essentiellement des livres « altermondialistes » où de doctes « experts » expliquent qu’« un autre monde » est possible, que la « richesse doit être partagée », que le « capitalisme est injuste », qu’il faut un « modèle différent ». Ils dénoncent un étrange dogme dont moi, intellectuel libéral, j’ignorais l’existence : le « néolibéralisme », appelé aussi quelquefois « ultra-libéralisme ».

Certains livres parlent d’internet, de la micro-informatique, de la finance, mais ils sont placés dans des rubriques très spécialisées, comme si ce dont ils traitent devait éviter de rappeler aux « experts » susdits ce qui se passe dans une réalité avec laquelle, en élaborant leurs élucubrations absconses, ils semblent avoir perdu tout contact. Celui qui veut en savoir davantage est très vite conduit vers un choix restreint avec d’un côté le remarquable livre de Charles Gave (« C’est une révolte ? Non Sire, c’est une révolution ») et d’un autre côté l’ouvrage bien moins pertinent de Daniel Cohen (« Trois leçons sur la société post-industrielle ») : aucune approche d’ensemble, aucun best seller, aucun ouvrage de vulgarisation.

Je ne voudrais pas en déduire que le monde vu de France est le monde selon José Bové, mais je suis obligé, de plus en plus souvent, de le penser. Le travail intellectuel en ce domaine n’étant (à l’exception de Gave) pas fait, les discours des candidats à la plus haute fonction de l’État sont à l’avenant. À gauche, on est « à gauche » selon la formule consacrée, on promet de réintroduire du « politique » dans « l’économie » de façon à ne pas laisser « tous les pouvoirs aux forces de l’argent ». À droite, on prétend être plus rationnel, et on l’est quelquefois, mais on finit par faire des promesses étrangement parallèles.

Nicolas Sarkozy est le seul homme politique dans la bouche de qui j’ai entendu des propos sensés sur le sujet. Je regrette que les propositions qui accompagnaient ces propos aient semblé, elles, très en retrait. Je pense que proposer davantage dans le contexte de cécité qui est celui de la France aurait été suicidaire.

C’est parce que je ne puis me résoudre à cette cécité que j’ai décidé de consacrer mon prochain livre (« La septième dimension ») à la grande mutation du monde, car, c’est un fait, cette mutation se fera, elle est déjà largement en marche, et le risque actuel est qu’elle se fasse sans la France, voire (le pire n’est jamais sûr, je sais) sans l’Europe.

Déchiffrer cette mutation n’est pas simple et implique de se défaire de nombres d’anciennes façons de penser. Ce qui change est non seulement la façon de produire, de vendre, de créer, d’échanger, de communiquer, ce sont aussi les rapports au travail, à l’économie, à l’entreprise, à la culture, les relations des êtres humains entre eux, les définitions et le statut de la matière, du vivant, des technologies. Il existe sur la planète les lieux où tout cela est acquis et où l’on pense déjà aux prochains horizons.

Il existe les lieux où tout cela est en voie d’acquisition. Il existe des lieux d’hostilité radicale où tout cela est refusé, rejeté de manière absolue. Et puis il existe les lieux comme la France où prédominent surtout la peur, l’incompréhension, un mélange de refus de voir et de certitudes anciennes trop ancrées et qui font obstacle. J’entends donner des moyens de surmonter la peur et d’ouvrir les yeux. J’entends dire que le choix est simple : ou bien nous regarderons l’avenir en face, ou bien l’avenir nous oubliera comme s’oublient les civilisations mortes dans la stérilité.

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Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /2007 00:00

Vu le franc succès de la première édition, reprise sur le site résilience TV, le blog drzz vous propose une autre édition du jeu très populaire : "En quelle année Paris se noyera-t-elle sous les eaux à cause de la fonte des glaces" ?

1) Politesse oblige, le premier témoin à charge est le Groenland lui-même, et sa capitale Nuuk (Godthab). Selon les chiffres de la NASA :

Explications d'Al Gore : le monde industrialisé n'aurait plus rejeté du CO2 au début des années 80 et à la fin des années 90, la terre se serait plus réchauffée en 1940 qu'en 2006 à cause des phoques... voire...

2) Le deuxième témoin est Béchar, la plus grande ville à l'ouest du Sahara. Selon la NASA :  

Explication d'Al Gore : Le désert aurait refroidi entre 1970-1980 et fin 1980-mi 1990 à cause du réchauffement climatique global.

3) Troisième  témoin, Liverpool, une ville de 3 millions d'habitants à l'est de l'Australie. Selon la NASA :

Explication d'Al Gore : Entre 1990 et 1995, un courant d'air frais aurait fait reculé le réchauffement climatique global sur les côtes australiennes.

4) Le dernier témoin est une montagne française, le Mont Ventoux (1909 mètres), une étape légendaire du Tour de France. Selon la NASA :

Explication d'Al Gore : la victoire de l'étape par Raymond Poulidor en 1965 aurait contré le réchauffement climatique de la planète.

L'Arctique a été la seule région du monde à se réchauffer entre 1998 et 2005. Sur le reste du globe, 1998 a été plus chaude que 2005, explique la NASA dans son rapport annuel. Ce qu'en atteste un scientifique interrogé dans le cadre d'un dossier sur résillience : "si les glaces arctiques fondent, l'Antarctique se refroidit, sauf la péninsule. C'est en fait une situation normale de décalage entre les hémisphères. Le réchauffement actuel n'excède pas celui du Moyen Age : on est dans la variabilité normale, forcée par une activité solaire exceptionnelle jusqu'en 1999 et relayée par le stockage thermique dans l'océan." En d'autres mots, le CO2 n'a rien à voir avec cet évènement métérologique.

Le site climat-sceptique écrit :  

"Le professeur Richard Lindzen , rappelle [dans le Wall Street Journal] les mises à l’écart de Henk Tennekes (Pays-Bas), d’Aksel Winn-Nielsen (WMO-OMM), d’Alfonso Sutera et Antonio Speranza (Italie)… tous climatologues respectés mais tous coupables d’avoir émis de sérieux doutes sur le nouveau catéchisme du réchauffement.

Et que dire de la substance même du débat scientifique, à savoir la publication dans les revues peer-reviewed et les commentaires critiques qui s’ensuivent ? Lindzen souligne quelques-unes des manœuvres que nous avons souvent mentionnées ici : refus de publier les commentaires critiques d’études alarmistes sous divers prétextes, lynchage à distance des déviants (non pas en commentant directement leur travail, mais en faisant savoir partout sauf dans la revue initiale de publication combien ce travail est infondé), parti pris écrasant des comités de lecture des grandes revues généralistes (Science, Nature) en faveur de l’alarmisme, conduisant à la publication de plus en plus fréquente de résultats de modèles de plus en plus confus ne faisant pas avancer d’un iota la science du climat…

Après tout, les alarmistes finiront peut-être par avoir raison, faute de combattants en face d’eux. "Seuls les scientifiques âgés peuvent désormais se dresser face à la tempête alarmiste", conclut amèrement Lindzen. Ceux qui commencent leur carrière ont un choix assez simple entre le conformisme réchauffeur ou la fraîcheur d’un placard.

Bien sûr, les croyants du mythe du réchauffement et fidèles de l’église du GIEC lisant ces lignes considéreront sans doute que Lindzen exagère. Qu’il est animé par la rancœur ou l’aigreur. Voire qu’il manipule le public au profit d’intérêts cachés. Qu’ils méditent pourtant ceci : dans l’histoire récente de la science, c’est la première fois qu’un spécialiste reconnu en vient ainsi à tirer la sonnette d’alarme sur la médiocrité scientifique croissante de sa propre discipline. Et cela, on ne peut plus faire semblant de l’ignorer."

AN INCOVENIENT TRUTH

AGAINST

AL GORE's THEORY

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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 00:00

IRAK  L'ONU se ridiculise encore un peu plus. Désavouée par le gouvernement irakien, qui a qualifié ses rapports d'être "incorrects et exagérés", l'organisation internationale des dictatures du Tiers Monde parle de 34'000 morts civils irakiens en 2006, alors que le gouvernement irakien et les organisations non gouvernementales qui font le compte arrivent à 12'000. L'ONU parle de près de 7'000 morts pour la période novembre-décembre, les ONG Iraq body count et icasualties d'environ 3'500, soit la moitié. Bien entendu, nos chers médias ont repris les chiffres onusiens sans regarder plus loin. Il semble que cela soit devenu un jeu morbide, que j'ai déjà largement dénoncé...

Environ 25'000 Irakiens, civils et forces de sécurité, sont morts en deux ans (2005-2006). Ce bilan est bien assez douloureux pour ne pas faire de désinformation obscène, que ce soit à l'ONU ou dans les médias de la France pétainiste.

CUBA C'est la saison de disparition des dictateurs. Fidel Castro serait au seuil de la mort à cause d'une infection intestinale que trois opérations n'ont pas pu soigner. Refaites vos réserves de champagne pour la semaine prochaine. (merci à D.J.)

FRANCE Le Quai d'Orsay s'éloigne de la ligne diplomatique américaine sur l'Iran. Paris envisage d'aller, de son propre chef, discuter avec Téhéran sur les questions régionales. La drôle de guerre arrivant à sa fin, la France fait ce qu'elle a toujours su faire : collaborer avec l'ennemi. Ouvrez vos téléviseurs, la scène sera historique : un nouveau diplomate gaulois se vautrant devant Ahmadinejad, soixante-sept ans après la poignée de mains de Rethondes.

MAROC Les journalistes du magazine Nichane ont été condamnés à trois ans de prison pour "insulte au prophète Mahomet", après avoir réalisé un numéro sur l'humour au Maroc.

DANEMARK Attention : Le Jyllands-Posten a démenti la nouvelle de la mort d'un caricaturiste.

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Mardi 16 janvier 2007 2 16 /01 /2007 00:00

Le Figaro a sorti un fantastique hors-série consacré au film de Mel Gibson, Apocalypto («rédemption» en espagnol), dont j’ai récemment fait la critique.

Contrairement à ce qui a été dit ça et là, la rigueur historique du long-métrage est avérée. Consultant sur le tournage, Richard D. Hansen, archéologue spécialiste des Mayas, a apporté sa connaissance au scénario du film. Ainsi, les charniers présentés par Gibson ont un écho dans l’histoire. Près de 20'000 personnes ont été sacrifiées en quatre jours lors d’une cérémonie, avec les cadavres s’amoncelant au pied des pyramides. Le chercheur Dominique Michelet, directeur du laboratoire Archéologie des Amériques au CNRS, apporte sa caution à la vision de Mel Gibson dans ce hors-série d’exception qui confirme l’évènement que représente Apocalypto en cette rentrée 2007.     

Surtout, dans un extraordinaire éditorial, Michel de Jaeghere écrit : «L’un des mérites d’Apocalypto est de réduire [le mythe amérindien] en cendres ; de rendre dérisoires ces indignations bien-pensantes en montrant, dans une succession de scènes insoutenables, la réalité d’un culte qui tenait le sacrifice humain pour «la première source de régénération des forces de l’univers», l’inhumanité d’une société fondée sur le mépris absolu de la vie innocente. Le lui pardonnera-t-on ? Notre époque a ceci de particulier que le passé de l’Occident semble mériter seul d’être inlassablement mis en accusation […].

Nourri par les travaux les plus récents des historiens, le film de Mel Gibson nous rappelle que les victimes se comptaient par milliers ; que leur corps s’entassaient, dans la forêt vierge, en d’immenses charniers qui préfiguraient le spectacle qu’a donné, depuis, la barbarie contemporaine. Le sang, sur leurs autels, n’aura guère cessé de couler, pendant des siècles, et si la Conquête espagnole n’a pas été exempte des abus et des heurts qui sont le lot de toute l’histoire humaine, nul doute qu’elle n’ait eu, pour les populations, le caractère d’une délivrance.

 Plus encore qu’un appel à la réflexion sur la cruauté de leur civilisation, Apocalypto est cependant une méditation sur la condition humaine. Dans l’histoire des Mayas, réduite à épure par notre identification au héros, captif, déporté, puis victime, presque nu, dans la jungle, d’une épuisante chasse à l’homme, le cinéaste a vu la figure de l’interminable passion d’une humanité réduite à l’esclavage, soumise à la violence, par le règne du mal. Entrevu que sa rédemption passait par l’oubli de soi, le refus de la peur, le retour aux vertus naturelles qui donnent seules à la vie un sens.»  

            Du courage de Mel Gibson nous est venu ce premier miracle : un Français réalise à nouveau qu’il fait partie de cette magnifique, grandiose, somptueuse histoire qu’est l’aventure occidentale.

 

 

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Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /2007 00:00

Oyez braves gens ! Halte au sudoku, aux mots fléchés, au scrabble ! Le nouveau jeu que vous propose le blog drzz est plus fou ! A croire nos chers médias, le développement d'une espèce immonde, l'être humain, est en train de provoquer une catastrophe planétaire qui nous verra bientôt bronzer en maillot de bain sur les pentes sablonneuses du Mont Blanc.

Ebranlé par cette vision apocalyptique, le blog drzz a décidé de contrôler ce soi-disant réchauffement climatique, uniforme et planétaire, provoqué par les effluves nauséabondes d'une mondialisation impérialiste (dixit le PCF).

Les données utilisées sont parmi les plus fiables qui soient. Il s'agit du Centre national de climatologie des Etats-Unis, un pays dont la diversité est indéniable. En choisissant au hasard quelques endroits de ce pays,  d'Ouest en Est, voici ce que les statistiques révèlent comme températures durant le XXe siècle :

De gauche à droite : EN HAUT- Yuma (Arizona) / Green River (Wyoming) EN BAS-  Prescott (Arkansas) / West Point (New York)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 De gauche à droite : EN HAUT- Vancouver (Washington) / Hanover (New Hampshire) EN BAS -  Temple (Texas) / Houlton (Maine)

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De gauche à droite : EN HAUT- Wray (Colorado) / Death Valley (Californie) EN BAS -  Franklin (Louisiane) / Savannah (Géorgie)

 

 

 

 

Global Warming ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 00:00

Souvenez-vous. Il y a quelques mois, ce blog s'indignait des manipulations du bilan irakien. Je notais:

Ce qui est véritablement inquiétant, ce n'est pas que les médias français reprennent avec l'Irak les méthodes du KGB qu'ils appliquent dans leur couverture du conflit israélo-palestinien, c'est d'imaginer ce que ces mêmes médias cachent à propos de la situation française.... les banlieues... la Côte d'Ivoire... la dette... la situation de la Sécu... les retraites... Imaginez... Pensez-vous qu'ils s'abstiennent de traiter ces sujets "à l'irakienne" ?

Le ministère de l'Intérieur avait déjà fait fort. En janvier 2006, il clamait un recul de l'insécurité en 2005. Vous savez, cette année où des bandes ont dévasté la France pendant trois semaines. Un recul de l'insécurité, vous dis-je ! Même refrain pour la nuit de la Saint-Sylvestre 2006. Un recul de la violence, évidemment ! Voire...

Les derniers chiffres de 2006, publiés en début de semaine, répètent la sempiternelle rengaine. Pourtant, une enquête semble indiquer le contraire.

Ne vous méprenez pas. Je sais très bien pourquoi la gauche utilise ces chiffres et je ne cautionne aucunement les raisonnements qu'ils déduisent. Je soutiens toujours Nicolas Sarkozy, moins parce que c'est l'homme qu'il faut pour la France, mais plutôt parce que n'importe qui d'autre conduirait le pays à la catastrophe.

Cependant, je ne suis pas étonné que la place Beauvau reprenne à son actif les légendaires méthodes du Kremlin. Le parti Baas était bien d'obédience marxiste, le "parti Baas reconstitué", tels que sont nommés les médias français à l'étranger, lui est très fidèle. "La France est une Amérique qui a raté et une URSS qui a réussi" a écrit Maurice G. Dantec.

Comment lui donner tort ?

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http://drzz.over-blog.org/article-4074568.html

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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /2007 00:00

 Mel Gibson n’aime pas la facilité. Réalisateur de «Braveheart», un puissant hymne à la liberté, sans doute l’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma, il provoque sans cesse la controverse. Sa «Passion» emmène l’audience dans les tréfonds de l’enfer, au plus près du Christ torturé par le monde des hommes. Au terme du calvaire, sous la magnifique musique d’un John Debney transcendé, la résurrection délivre le spectateur et l’emporte bien au-delà du film, avec un message aussi cru que les souffrances de Jésus : hommes, voyez les sacrifices qu’il a faits pour vous. Vous êtes les porteurs d’un message qui a vu son messager être exécuté de la plus atroce des façons. Réalisez la chance d’avoir reçu ces présents : la dignité humaine. La liberté. Ne l’oubliez pas.      

 Aux yeux des pédants de gauche, une telle morale ne valait pas la violence gratuite et perverse de Monica Bellucci violée dans «Irréversible». Ici, où l’espoir disparaît dans l’obscurité d’une rame de métro, les critiques ont vu un morceau de bravoure. Là, où un homme en croix implore qu’on pardonne ses bourreaux, les critiques ont pesté contre une démonstration inutile de violence. Pourquoi s’en étonner ? Pour ceux qui croient que tout leur est dû et que rien ne doit être défendu, « la Passion du Christ» n’a jamais été l’occasion de trouver la voie de la rédemption. Pour les autres… Le peuple américain en a fait de l’un des films les rentables de l’histoire du cinéma.   

Mel Gibson récidive avec «Apocalypto». Le décor quitte la rocaille de la Judée pour s’enfoncer dans la jungle de l’Amérique précolombienne. Plus encore que dans la «Passion», le spectateur n’a plus aucun repère. Quand Hollywood multiplie les «héros» à notre image, Gibson présente Patte-de-Jaguar, un Amérindien dans tous les sens du terme. Il parle le yucatèque, est à moitié nu, chasse, danse. Jamais le spectateur ne parvient à s’identifier réellement au personnage. Durant le premier quart d’heure, on cherche désespérément une figure rassurante dans cette jungle hostile à toute lieue de la civilisation. En vain. Car on est complètement immergé au XVIe siècle, sans fioritures. Tout est laissé à l’observation muette du spectateur. Un voyage temporel qui vous coupe le souffle.

 Amis rousseauistes, gare au choc. Ce blog a souvent parlé du révisionnisme entourant la véritable nature des "peuples premiers". Gibson remet les pendules à l’heure à travers plusieurs séquences : exploitation d’autrui (des esclaves meurent dans les carrières), déforestation massive (les mayas abattent des arbres sans distinction)... Les Amérindiens n’étaient pas des anges, loin de là. Et Gibson a l’immense mérite de les montrer tels qu’ils étaient, leur sauvagerie primitive, leur déni de la dignité humaine, l’animalité de leurs comportements. Dans ses films, Gibson a l’habitude de multiplier les allusions à la décadence humaine – sans doute un rappel de ses problèmes d’alcoolisme – que ce soient le prince d’Angleterre efféminé dans «Braveheart» ou la cour pédéraste de Hérode dans « La Passion du Christ». «Apocalypto» ne fait pas exception.   

L’histoire se construit autour de la chute de l’empire maya. Patte-de-Jaguar, jeune père de famille d’une tribu primitive, est capturé par une bande de guerriers à la recherche d’esclaves à vendre. Métaphore de l’individu innocent, le jeune guerrier est emmené dans une cité maya où la foule, à la manière des rassemblements fascistes, réclame des morts pour assouvir la soif de ses dieux. La symbolique est très forte : les femmes mayas rient sans féminité, dévisagées ; des piles de cadavres gisent au pied du temple, rappelant les charniers de l’Holocauste ; les condamnés se font déposséder de leur être par l’arrachage du cœur, ultime lien avec Dieu, et sont jetés au bas des marches de l’enfer à une foule en délire parsemée de danseuses en transe. A l’entrée de la cité, une fillette mi-ange mi-démon, atteint de la peste, annonce la destinée funeste de ce peuple sanguinaire. Car c’est de la peste que mourront les mayas. Ainsi périssent ceux qui nient la dignité humaine.      

 Cependant, contrairement à ce que répètent les médias donneurs de leçons, ce n’est pas un film violent à l’extrême comme l’était « La Passion ». La caméra est souvent pudique. Aussi la scène des sacrifices humains, du haut du temple maya, ne choquera pas grand monde. Etrangement devenue l’emblème d’ «Apocalypto», la violence gratuite y est pourtant largement absente.      

 S’ensuit la fuite du jeune guerrier, rythmée par la musique de James Horner («Titanic», «Braveheart»). Dans un décor somptueux, une course-poursuite effrénée s’engage. Gibson  la filme avec une maîtrise insolente. C’est peut-être là le point le plus fort du film. Non seulement le sujet est original mais le réalisateur le traite comme un documentaire, multipliant les plans grandioses, les scènes d’action efficaces, les choix de focal magiques, les ralentis de toute beauté, les travellings majestueux. S’il est bien une qualité que personne ne peut nier chez Mel Gibson, c’est un immense talent pour la mise en scène. Là où un Lucas compense ses lacunes de direction d’acteurs par la puissance du scénario, Gibson cumule les deux facultés. Grâce, il est vrai, à un premier rôle de qualité. Rudy Youngblood crève l’écran.  

 L’histoire de base est très simple. Mais la morale implicite qui s’y greffe vous hante bien après le générique de cette fresque épique. Gibson confirme sa réputation de réalisateur engagé. Point de politiquement correct, point de morale larmoyante et prépubère retrouvée dans le «Nouveau Monde» de Terrence Malick. Ici c’est la civilisation qui sauve le guerrier innocent d’ «Apocalypto». 

 Lorsque les percussions vous extirpent de la jungle, lorsque vous reprenez enfin votre souffle après deux heures d’immersion dans l’Histoire, une part de l’aventure reste gravée en vous. Et cette pensée, récurrente, qu’Hollywood produit trop rarement des réalisateurs du talent de Mel Gibson. Courez voir son film.        

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United 93

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